JFA 2018 DANS LA LI­GNÉE DE PIERRE DE COU­BER­TIN

Le Franco - - ÉDITORIAL - HÉ­LÈNE LEQUITTE

« Les évè­ne­ments à l’échelle pro­vin­ciale sont le dé­but d'un grand rêve », ces quelques mots de la triple cham­pionne olym­pique de ho­ckey Kim Saint-Pierre res­te­ront long­temps gra­vés en mé­moire à l'oc­ca­sion des JFA de 2018. Cette triple cham­pionne a su trou­ver les mots justes pour ex­pri­mer l'im­por­tance et la per­ti­nence d'un évè­ne­ment comme ce­lui des Jeux francophones de l'Al­ber­ta, tant sur le plan in­di­vi­duel, que sur le plan col­lec­tif. Ces jeux sont donc un bon moyen de pou­voir en­vi­sa­ger un jour, tou­cher du bout des doigts le rêve de tout grand spor­tif : les cinq an­neaux olym­piques.

«C'est un ba­gage in­croyable de vivre en équipe des choses comme ça, le ni­veau de stress aug­mente quand tu re­pré­sentes une ré­gion ou une ville ... pour moi ça a été le moyen de s'ap­pro­cher des Jeux », se re­mé­more Kim Saint-Pierre. Au­tre­ment dit, les ruis­seaux font les grandes ri­vières et c'est ain­si que l'on peut voir se ré­vé­ler lors d'évè­ne­ments pro­vin­ciaux des graines de cham­pion; ou bien tout sim­ple­ment la pos­si­bi­li­té pour un jeune de ga­gner en confiance et en ex­pé­rience. Car oui, le sport est une ré­vé­la­tion, voire presque une ré­vo­lu­tion d'ordre per­son­nel. C'est ce che­mi­ne­ment in­té­rieur que chaque in­di­vi­du ex­pé­ri­mente. Pour Ger­man De La Gar­za, sa­cré cette an­née cham­pion de bad­min­ton des Jeux francophones de l'Al­ber­ta 2018 en ca­té­go­rie simple gar­çon, « ces Jeux sont de loin les plus dif­fi­ciles aux­quels j'ai par­ti­ci­pé ». Comment s'est-il im­po­sé ? « Je vou­lais ga­gner plus que n'im­porte qui », a-t-il dé­cla­ré. Mais au-de­là de l'as­pect com­pé­ti­tif, le sport a tou­jours été pré­sen­té comme une école de la vie, vé­hi­cu­lant au pas­sage des va­leurs im­por­tantes comme : la so­li­da­ri­té, l'es­prit d'équipe, le goût de l'ef­fort, le res­pect des règles, de son ad­ver­saire et sur­tout le dé­pas­se­ment de soi.

Si le sport de­meure avant tout un mode d'ex­pres­sion, un moyen de se dé­pen­ser, de s'amu­ser, il per­met éga­le­ment de tes­ter sa vo­lon­té et d'en ap­prendre un peu plus sur soi chaque jour. Quand on dé­bute un nou­veau sport, on voit les autres faire preuve d'ai­sance, de force et d'ha­bi­le­té. Puis à force de pra­tique et d'en­traî­ne­ment le corps mé­mo­rise, ap­prend, s'adapte, se muscle et s'as­sou­plit. Très vite, on réa­lise qu'on n'est plus alors la dé­bu­tante ou le dé­bu­tant du groupe. En somme, on ap­prend et sur­tout, on s'af­firme.

Si au dé­part la pra­tique d'une ac­ti­vi­té phy­sique peut s'avé­rer re­le­ver d'une ex­pé­rience per­son­nelle, elle pour­ra de­ve­nir au fil du temps plus col­lec­tive, voire uni­ver­selle comme la re­pré­sen­ta­tion d'une équipe, d'une ré­gion ou en­core d'une na­tion tout en­tière.

«Le sport va cher­cher la peur pour la do­mi­ner, la fa­tigue pour en triom­pher, la dif­fi­cul­té pour la vaincre », Pierre de Cou­ber­tin, His­to­rien, pé­da­gogue, scien­ti­fique (1863-1937). L'édu­ca­tion et la pé­da­go­gie au­ront tou­jours été les do­maines de pré­di­lec­tion d'un homme contro­ver­sé, mais qui au­ra su mo­der­ni­ser de son vi­vant les Jeux Olym­piques. Ceux-là mêmes que nous connais­sons et que nous ché­ris­sons au­jourd'hui. De cet hé­ri­tage, Pierre de Cou­ber­tin au­ra su in­cul­quer des va­leurs hu­ma­nistes à l'es­prit olym­pique. Au­jourd'hui, le sport est un vec­teur im­por­tant de dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel, d'ap­pren­tis­sage et d'op­por­tu­ni­té au­près des jeunes. Ça se­ra à cette jeu­nesse de sa­voir à son tour la pré­ser­ver et la per­pé­tuer.

Cré­dit pho­to : FSFA. Ren­contre de Kin-Ball, sport en dé­mons­tra­tion lors des JFA

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.