MA­RIANNE DU­PUIS, UN NOU­VEAU VI­SAGE POUR UNE NOU­VELLE DY­NA­MIQUE

Le Franco - - RÉGIONS - PAR LU­CAS PILLERI

Va­cante pen­dant près d’un an, la place de di­rec­teur de l’ACFA Ri­vière-la-Paix a fi­na­le­ment trou­vé pre­neur de­puis le 26 mars avec Ma­rianne Du­puis. Ori­gi­naire du Qué­bec, la nou­velle ve­nue en Al­ber­ta s’at­telle à re­prendre les dos­siers et à se fa­mi­lia­ri­ser avec les dé­fis de la ré­gion. En­tre­tien avec Le Fran­co.

Le Fran­co : Vous êtes dif­fi­ci­le­ment joi­gnable, comment se passe votre en­trée en fonc­tion ?

Ma­rianne Du­puis : Oui, je suis très oc­cu­pée en ce mo­ment. Je suis en train de prendre le pouls de la ré­gion. Je suis ar­ri­vée du Qué­bec le 25 mars. Étant nou­velle, j’ai beau­coup à faire : je ren­contre les gens, je vi­site la ré­gion. Je suis al­lée à Tangent, Peace Ri­ver et je vais al­ler à St-Isi­dore pour vi­si­ter le Centre cultu­rel. J’ai fait le tour de la Ci­té fran­co­phone à Ed­mon­ton pour ren­con­trer les or­ga­nismes et par­te­naires. Je suis très en­thou­siaste !

LF : Il n’y avait plus eu de di­rec­tion de­puis juin 2017. Comment ex­pli­quer ce vide ?

MD : Le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion an­cien­ne­ment en place avait dé­ci­dé de ne pas re­nou­ve­ler son man­dat. Au­cune per­sonne n’a vou­lu se re­pré­sen­ter. L’ACFA était donc sous la tu­telle de la pro­vin­ciale. Mais en oc­tobre, suite à une as­sem­blée spé­ciale, un nou­veau conseil a été for­mé et ils ont re­pris les dos­siers en main. Il se com­pose de sept per­sonnes de la ré­gion. En­semble, nous pre­nons les dos­siers et nous voyons ce que nous vou­lons faire.

LF: Les gens ne vous connaissent pas en­core. Par­lez-nous de votre par­cours.

MD : J’ai un bac en ad­mi­nis­tra­tion des af­faires de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec à Mon­tréal (UQAM) et je suis spé­cia­li­sée en tou­risme et culture. J’ai tra­vaillé dans le do­maine des arts dans la ré­gion de Mon­tréal, no­tam­ment en tant que di­rec­trice des opé­ra­tions dans le sec­teur cultu­rel.

LF : Qu’est-ce qui vous a pous­sée à ve­nir en Al­ber­ta ?

MD : J’ai tou­jours eu un dé­sir de tra­vailler dans l’Ouest. Je me suis ren­du compte qu’il exis­tait des or­ga­ni­sa­tions comme l’ACFA. J’ai été très éton­née de dé­cou­vrir énor­mé­ment de fran­co­phones et une belle com­mu­nau­té en Al­ber­ta. C’est dom­mage qu’au Qué­bec on ne le sache pas.

LF : Qu’est-ce qui vous a at­ti­rée dans la mis­sion de l’ACFA ?

MD : Pou­voir tra­vailler au sein d’une pe­tite com­mu­nau­té, c’est tout un chan­ge­ment pour moi qui viens de Mon­tréal. J’avais vrai­ment le dé­sir de faire des chan­ge­ments concrets et di­rects, voir les ré­sul­tats de ces chan­ge­ments, tra­vailler avec les gens de la ré­gion. J’ai le goût de tra­vailler sur des pro­jets pour vrai­ment des­ser­vir la com­mu­nau­té de Ri­vière-la-Paix.

LF : Jus­te­ment, quels sont les dé­fis dans cette ré­gion de la pro­vince ?

MD : Je suis en train de prendre le pouls. Nous au­rons une AGA (as­sem­blée gé­né­rale an­nuelle) le 19 juin pro­chain. On va pou­voir son­der les membres. Mais d’ores et dé­jà on peut par­ler de l’exode ru­ral. C’est un en­jeu. Il y a des po­pu­la­tions fran­co­phones plus âgées mais aus­si des jeunes fa­milles. Le dé­fi est d’al­ler re­joindre tout le monde. On le voit comme une op­por­tu­ni­té d’or­ga­ni­ser des ac­ti­vi­tés as­sez va­riées. Suite à l’AGA, nous dé­ve­lop­pe­rons un plan stra­té­gique puis un plan d’ac­tion afin de ci­bler spé­ci­fi­que­ment les en­jeux.

LF : Quels sont les pro­jets sur les­quels vous tra­vaillez dé­jà ?

MD : Je me suis im­pli­quée dans le co­mi­té du Fes­ti­val du miel de Fal­her, qui au­ra lieu du 15 au 17 juin. Le co­mi­té était ex­clu­si­ve­ment an­glo­phone donc j’ap­porte une touche fran­co­phone avec un spec­tacle de Joël La­voie, l’in­ter­ven­tion des groupes sco­laires French Toast et Étin­celles de l’école Hé­ri­tage, un kiosque de ma­quillage et une pa­rade avec un cha­riot de l’ACFA.

Je vois aus­si comment l’ACFA peut col­la­bo­rer pour les 100 ans de Fal­her l’an pro­chain. On es­saie de joindre tout le monde, au­tant les fran­co­phones que les an­glo­phones. Je vois une belle ou­ver­ture de leur part quand j’as­siste aux réu­nions avec la ville. Ils sont très ré­cep­tifs et ont en­vie qu’on amène un autre as­pect.

En­fin, on va of­frir un spec­tacle de cirque en fran­çais le 24 mai pour l’école Hé­ri­tage à Fal­her et l’école des Quatre Vents à Peace Ri­ver en par­te­na­riat avec le RA­FA (Re­grou­pe­ment ar­tis­tique fran­co­phone de l’Al­ber­ta) et le Conseil sco­laire du Nord-Ouest. C’est sou­vent dif­fi­cile de faire ve­nir des ar­tistes en ré­gion à cause des dis­tances. Je m’oc­cupe de ré­ser­ver la salle pour la troupe qui va per­for­mer, puis j’as­sure la trans­mis­sion de l’in­for­ma­tion aux deux écoles.

LF : Quel mes­sage sou­hai­tez-vous faire pas­ser à la com­mu­nau­té ?

MD : On veut vrai­ment faire en sorte que l’ACFA soit une ré­fé­rence fran­co­phone dans la ré­gion. On a vrai­ment un dé­sir de s’im­pli­quer par­tout. Je sais que des choses se sont pas­sées mais je suis nou­velle et mon dis­cours est de dire qu’on est là pour vous. On veut al­ler dans les pe­tites com­mu­nau­tés et pas seule­ment les gros centres, tra­vailler main dans la main avec les gens et pas juste leur don­ner une en­ve­loppe mo­né­taire. On est très en­thou­siastes et on veut ap­por­ter un vent de fraî­cheur !

Ma­rianne Du­puis.

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