UN COW-BOY UR­BAIN DANS L’OUEST

Le Franco - - RÉGIONS - Tous les dé­tails sur : https://unis.ca/cow-boy-ur­bain PAR LU­CAS PILLERI

De­puis le 21 mai, Unis TV dif­fuse la sé­rie Cow­boy ur­bain les lun­dis à 21 heures. Pro­duite par Pro­duc­tions Loft, so­cié­té al­ber­taine ba­sée à Ed­mon­ton, la créa­tion té­lé­vi­suelle offre une im­mer­sion dans le monde mé­con­nu des cow­boys fran­co­phones.

La vie au ranch n’au­ra pas été de tout re­pos pour Steve Jo­doin, à la fois pro­duc­teur de la sé­rie et pro­ta­go­niste. Pas­sion­né de­puis une quin­zaine d’an­nées par le mode de vie des cow-boys, le Qué­bé­cois d’ori­gine, éta­bli à Ed­mon­ton de­puis le dé­but des an­nées 2000, a vé­cu des aven­tures in­ou­bliables dans les plaines ca­na­diennes. « C’est un pro­jet que j’avais en tête de­puis très long­temps, j’ai tou­jours vou­lu le faire vivre et Unis TV a ado­ré l’idée », rap­porte-t-il. En équipe avec Ma­rie France Gué­rette, réa­li­sa­trice ori­gi­naire de Re­gi­na et ré­si­dant de­puis 16 ans dans la ca­pi­tale al­ber­taine, le dé­ve­lop­pe­ment de la sé­rie a pris un an et de­mi, « entre la re­cherche, la ren­contre pré­li­mi­naire avec les in­ter­ve­nants, la vi­site des lieux de tour­nage, l’écri­ture et la for­mu­la­tion des thèmes à ap­pro­cher pen­dant l’émis­sion ».

UNE PLON­GÉE DANS L’UNI­VERS DES COW­BOYS DE L’OUEST

Pour Steve, le monde des cow-boys a tou­jours été fas­ci­nant. « En 2005, alors que je sor­tais de l’école de théâtre, j’ai fait une pièce à l’Uni Théâtre in­ti­tu­lée Cow­boy Poé­tré, dans la­quelle par­ti­ci­pait la chan­teuse coun­try Crys­tal Pla­mon­don. Elle nous a ame­nés chez elle, j’ai ado­ré l’éner­gie, la connexion avec la terre et les ani­maux. Et de­puis ce temps-là, j’avais en­vie d’ame­ner ce monde à la té­lé­vi­sion », ra­conte le pro­fes­sion­nel.

« LES COW-BOYS FRAN­CO­PHONES, C’EST UN PEU COMME DES TRÉ­SORS CA­CHÉS DANS LES PRAI­RIES »

- STEVE JO­DOIN, PRO­DUC­TEUR ET PRO­TA­GO­NISTE DE LA SÉ­RIE

Entre ro­déos, foires agri­coles et éle­vage du bé­tail, les épi­sodes se pro­mènent d’un ranch à l’autre au coeur des Prai­ries: Saint-Isi­dore, Ri­vière-la-Paix, Cal­ga­ry, Bon­ny­ville, Black Dia­mond, Peace Ri­ver, Lac La Biche, Ed­mon­ton, Jas­per… L’équipe de tour­nage a écu­mé la ré­gion al­ber­taine mais s’est aus­si ren­due en Sas­kat­che­wan à Saint-De­nis et Re­gi­na, au Ma­ni­to­ba à Saint-Jean-Bap­tiste, et en Colombie-Bri­tan­nique à Kam­loops. Cô­té réa­li­sa­tion, l’ac­cent a été pla­cé sur les pay­sages de l’Ouest ca­na­dien. « On a es­sayé de créer quelque chose de beau, té­moigne Ma­rie-France Gué­rette. On a pris le temps de faire vivre la nature à tra­vers les his­toires. La beau­té de la lu­mière, le so­leil, les sons, les ani­maux : on a vrai­ment es­sayé de cap­ter ces mo­ments de ma­gie ». Pour mieux son­der « l’âme du cow-boy », la réa­li­sa­trice a pri­vi­lé­gié l’in­ti­mi­té avec une équipe de seule­ment quatre per­sonnes, « pour ne pas in­ti­mi­der les gens quand on ar­ri­vait chez eux », pré­ci­set-elle.

UNE HIS­TOIRE DE REN­CONTRES

Tout au long de la sé­rie, Steve croise sur sa route des cow-boys fran­co­phones, éle­veurs de bé­tail ou en­traî­neurs de che­vaux de ro­déo. Au-de­là du di­ver­tis­se­ment, la sé­rie re­vêt ici un as­pect do­cu­men­taire. « Je n’en re­viens pas de voir à quel point les gens étaient ou­verts et gé­né­reux, tou­jours ac­cueillants. Tout de suite ils me met­taient au tra­vail et par­ta­geaient leurs his­toires, ils ap­pré­ciaient qu’un gars de la ville comme moi se lance dans cette aven­ture pour dé­cou­vrir leur uni­vers », rap­porte le pro­duc­teur et pro­ta­go­niste. L’at­ten­tion est ain­si por­tée sur plu­sieurs fa­milles fran­co-al­ber­taines qui té­moignent d’un hé­ri­tage sin­gu­lier et de sa trans­mis­sion. « Les cow-boys fran­co­phones, c’est un peu comme des tré­sors ca­chés dans les Prai­ries », re­lève Steve. En per­pé­tuant la tra­di­tion de leurs aïeux im­mi­grés dans l’Ouest ca­na­dien à la fin du 19e siècle, ces cow­boys pour­suivent l’his­toire fa­mi­liale et du même coup l’his­toire de la fran­co­pho­nie de l’Ouest. « Ils ont réus­si à adop­ter ce mode de vie et à conser­ver leur langue, je trouve ça ex­tra­or­di­naire. Un tra­vail a été fait et conti­nue d’être fait, ils ont tel­le­ment d’éner­gie et de pas­sion », ren­ché­rit le pro­duc­teur pas­sion­né. Pour la réa­li­sa­trice, l’ex­pé­rience a été mar­quante, non seule­ment parce que son col­lègue « a vé­cu une vé­ri­table trans­for­ma­tion », mais aus­si pour elle : « J’ai main­te­nant une nou­velle ap­pré­cia­tion pour la nature, la re­la­tion entre les hommes, les ani­maux et l’agri­cul­ture, ça m’a ou­vert les yeux », confie-t-elle. La sé­rie s’étale sur 6 épi­sodes jus­qu’au 25 juin et des re­dif­fu­sions sont pré­vues. Une deuxième sai­son est en dis­cus­sion, car « il y a en­core plein d’élé­ments à abor­der ! », s’en­thou­siasme le pro­duc­teur op­ti­miste.

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