Lettre des dé­mis­sion­naires

Le Franco - - LA UNE -

Chers membres de l’ACFA, Cette lettre fait suite à l’an­nonce de nos dé­mis­sions en tant qu’élus au Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion pro­vin­cial de l’ACFA. Nous sa­vons que ce geste a sus­ci­té beau­coup de ques­tions dans la com­mu­nau­té. Dans cette lettre, nous sou­hai­tons ré­su­mer ce qui nous a pous­sé à cette me­sure, dans l’es­prit de la trans­pa­rence. En bref, nous confir­mons avoir dé­mis­sion­né en rai­son de notre perte de confiance en la Pré­si­dence de Marc Ar­nal au cours des der­niers mois. Nous n’avons pas dé­mis­sion­né pour les chan­ge­ments de po­li­tiques pro­po­sés, mais plu­tôt pour des com­por­te­ments que nous ju­geons in­ac­cep­tables pour la Pré­si­dence et qui consti­tuent, se­lon nous, des vio­la­tions des prin­cipes de base de l’ACFA. Les com­por­te­ments pro­blé­ma­tiques de la Pré­si­dence se re­groupent en trois ca­té­go­ries prin­ci­pales : (1) l’in­ti­mi­da­tion; (2) l’in­gé­rence; et (3) l’abus des fonc­tions de porte-pa­role. Dans les pa­ra­graphes qui suivent, nous adres­sons cha­cune de ces ca­té­go­ries de com­por­te­ments ain­si que les rai­sons de nos dé­mis­sions du Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion.

L’in­ti­mi­da­tion

Nous croyons que l’in­ti­mi­da­tion n’est ja­mais ac­cep­table. Nous avons ob­ser­vé plus qu'un « ton fort » en­vers des ad­mi­nis­tra­teurs qui ex­pri­maient des opi­nions contraires, qui po­saient des ques­tions, ou qui of­fraient des al­ter­na­tives. Nous croyons qu’il est le de­voir de tout Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de po­ser des ques­tions et de de­man­der des jus­ti­fi­ca­tions. Le rôle du Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion n’est pas de don­ner son ac­cord les yeux fer­més aux plans pro­po­sés lors des réunions. Les mé­dias ont préa­la­ble­ment rap­por­té un in­ci­dent de com­por­te­ment agres­sif en ré­ac­tion à des ques­tions sou­le­vées par Al­bert No­lette; ce ne fut pas le seul tel in­ci­dent. Nous croyons qu’une at­mo­sphère où des élus ont peur de par­ler fran­che­ment doit être re­mise en ques­tion. Cer­tains membres du Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion ont ex­pri­mé qu’ils ne se sen­taient plus à l’aise de par­ler lors de réunions, face aux ré­ac­tions de la Pré­si­dence. Ce­ci a l’ef­fet de li­mi­ter les contri­bu­tions des élus et de mi­ner la struc­ture re­pré­sen­ta­tive de l’As­so­cia­tion. Nous croyons que nous de­vons tou­jours res­pec­ter les lea­ders de di­vers gou­ver­ne­ments quand nous les ren­con­trons. Le ton agres­sif uti­li­sé lors de la ren­contre avec le Mi­nistre de l’Édu­ca­tion David Eg­gen en fé­vrier der­nier est do­ré­na­vant lar­ge­ment connu. D’autres re­grou­pe­ments com­mu­nau­taires dans la francophonie voyaient les mêmes com­por­te­ments de la Pré­si­dence que nous, et com­men­çaient même à re­mettre en ques­tion la fia­bi­li­té de l’ACFA comme al­lié, vu ces com­por­te­ments. Nous avions une obli­ga­tion d’agir. Nous croyons que, quand des em­ployés par­tagent dis­crè­te­ment des craintes face au com­por­te­ment d’un lea­der, un Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion doit ré­agir. Cer­tains em­ployés du Se­cré­ta­riat pro­vin­cial se sont confiés à nous qu’ils avaient vé­cus des épi­sodes sem­blables à ceux dé­crits ci-des­sus. De­vant cette si­tua­tion, nous avons com­mu­ni­qué l’exis­tence d’un pro­blème grave dans l’ap­proche de la Pré­si­dence. Nous es­ti­mons que ces ef­forts n’ont pas me­né à des chan­ge­ments concrets.

L’in­gé­rence

Nous croyons en le res­pect des res­pon­sa­bi­li­tés dé­li­mi­tées entre les élus et les em­ployés. Nous croyons aus­si que l’in­gé­rence de l’un dans l’autre fait mal à tout l’or­ga­nisme. Se­lon nous, la Pré­si­dence s’est in­gé­rée dans les res­pon­sa­bi­li­tés de la Di­rec­tion Gé­né­rale. À titre d’exemple, non­obs­tant le fait que les Sta­tuts et Rè­gle­ments sti­pulent que la Di­rec­tion Gé­né­rale as­sume « l'en­tière res­pon­sa­bi­li­té de l'ad­mi­nis­tra­tion de l’ACFA », nous avons ob­ser­vé la Pré­si­dence uni­la­té­ra­le­ment ren­con­trer et ins­truire des em­ployés de l’ACFA. Nous avons éga­le­ment ob­ser­vé la Pré­si­dence as­sis­ter, uni­la­té­ra­le­ment, à une ren­contre de di­rec­tions gé­né­rales. Se­lon nous, cette in­gé­rence a contri­bué aux ten­sions au sein du Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion et a créé des di­vi­sions au sein du Se­cré­ta­riat pro­vin­cial. Nos ten­ta­tives de rap­pe­ler, par les voies conven­tion­nelles, que les Sta­tuts et Rè­gle­ments li­mitent le rôle de la Pré­si­dence à ce­lui d’agent de liai­son entre le Co­mi­té Exé­cu­tif et la Di­rec­tion Gé­né­rale, n’ont pas été bien ac­cueillies. Nos in­quié­tudes face à la ges­tion de l’or­ga­nisme n’ont pas été adres­sées à l’in­terne. Nous es­ti­mons que l’ACFA a per­du des ta­lents im­por­tants en rai­son de cette in­gé­rence.

L’abus des fonc­tions de porte-pa­role

Nous croyons qu’un por­te­pa­role a le de­voir de res­pec­ter les vo­lon­tés de son Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion. Nous dis­pu­tons que la Pré­si­dence a res­pec­té cette

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