L’AIDE AUX DE­VOIRS : PAS­SE­PORT POUR LÉCOLE

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

L’ACFA ré­gio­nale de Saint-Paul offre gra­tui­te­ment un pro­gramme d’aide aux de­voirs aux élèves en im­mer­sion et en école fran­co­phone. L’initiative ré­pond ain­si à un réel be­soin de nom­breux pa­rents uni­lingues an­glo­phones qui cherchent de l’aide pour ac­com­pa­gner leurs en­fants dans les études en fran­çais.

Le pro­gramme d’aide aux de­voirs de l’ACFA de SaintPaul au­ra lieu le lun­di et le jeu­di de 16 h à 17 h à l’ACFA. « On a consta­té qu’il y avait des pro­blèmes d’ap­pren­tis­sage, on vou­lait fa­ci­li­ter l’ins­truc­tion du fran­çais et ai­der les fa­milles et les pa­rents », ex­plique Ah­med Has­san, le di­rec­teur de la ré­gio­nale. Le ser­vice se concen­tre­ra sur le fran­çais, les sciences so­ciales et les ma­thé­ma­tiques.

À comp­ter du 8 oc­tobre, plu­sieurs éco­liers des trois écoles d’im­mer­sion de la ré­gion et de l’école fran­co­phone du Som­met pour­ront bé­né­fi­cier gra­tui­te­ment de ce pro­gramme, le temps que les en­sei­gnants iden­ti­fient les élèves en dif­fi­cul­té. Ils se­ront ac­cueillis dans les lo­caux de l’ACFA de SaintPaul et au­ront aus­si à leur dis­po­si­tion le gym­nase. Ah­med Has­san lui-même se­ra en charge d’ai­der les en­fants en sa qua­li­té d’an­cien en­sei­gnant en im­mer­sion. Si la de­mande est trop forte, un as­sis­tant d’édu­ca­tion vien­dra en ren­fort.

UN SOU­TIEN À LA DUA­LI­TÉ LINGUISTIQUE

Ce genre de ser­vice per­met d’en­tre­te­nir un lien avec les fa­milles et les ap­pre­nants pour le di­rec­teur. « On éta­blit une connexion et on se rap­proche des fa­milles et des pa­rents qui sont in­vi­tés à ve­nir avec leurs en­fants. Ça fa­ci­lite un ap­pren­tis­sage so­lide chez la nou­velle gé­né­ra­tion », com­mente-t-il. En outre, le ser­vice est com­plè­te­ment gra­tuit. « L’ob­jec­tif est de va­lo­ri­ser l’ap­pren­tis­sage du fran­çais et non pas de faire de l’ar­gent ». En pa­ral­lèle, l’ACFA de SaintPaul pro­pose des cours de fran­çais aux adultes, à condi­tion cette fois d’être membre de l’as­so­cia­tion.

Mi­chael Tryon, di­rec­teur gé­né­ral de Canadian Pa­rents for French Al­ber­ta, consi­dère l’initiative comme un très bon moyen d’of­frir de nou­velles res­sources aux étu­diants en fran­çais pour qui le be­soin est criant. « C’est très dif­fi­cile car la plu­part des pa­rents des étu­diants en im­mer­sion ne parlent au­cun mot de fran­çais. Il y a un gros be­soin de res­sources », es­time-t-il.

DES RES­SOURCES TROP RARES

Dans les an­nées pas­sées, plu­sieurs ACFA ré­gio­nales ont of­fert des ser­vices si­mi­laires, dans le cadre de club de de­voirs ou par­fois même en ligne le soir après les cours. Mal­gré tout, « cer­tains en­droits n’ont rien », dé­plore Mi­chael Tryon qui ré­clame une plus grande dis­po­ni­bi­li­té. Voi­là Lear­ning offre aus­si des ser­vices d’aide aux de­voirs en ligne via un cam­pus vir­tuel et a com­men­cé à tra­vailler main dans la main avec quelques conseils sco­laires, mais l’offre est cette fois payante.

Si l’ACFA ré­pond à un réel be­soin, Mi­reille Pé­lo­quin, di­rec­trice gé­né­rale de la Fé­dé­ra­tion des pa­rents fran­co­phones de l’Al­ber­ta, met en garde contre la dé­mis­sion des pa­rents. « Je com­prends que les pa­rents soient oc­cu­pés et que les en­fants aient d’autres oc­cu­pa­tions comme le sport, mais ça n’aide pas les pa­rents à sa­voir comment va l’en­fant à l’école si c’est une tierce par­tie qui s’oc­cupe des de­voirs ». D’au­tant plus que, se­lon elle, il n’est pas né­ces­saire de sa­voir par­ler fran­çais pour ai­der dans les de­voirs. « C’est sur­tout jouer le rôle de coach qui im­porte. Ce n’est pas un pro­blème de com­pré­hen­sion mais d’ac­com­pa­gne­ment ».

Pour la res­pon­sable, les de­voirs sont aus­si un moyen de main­te­nir un lien entre l’école, les pa­rents et l’élève. « J’ap­plau­dis l’initiative mais les pa­rents ont quand même une res­pon­sa­bi­li­té de suivre les pro­grès de l’en­fant », consi­dère-t-elle. Aus­si, Mi­reille Pé­lo­quin en­cou­rage les sys­tèmes de par­rai­nage informels entre pa­rents. « Les pa­rents sont dé­brouillards. Je connais des pa­rents an­glo­phones qui de­mandent de l’aide à des pa­rents fran­co­phones. Je les en­cou­rage à ré­seau­ter », illustre-t-elle. Elle sou­ligne ici l’im­por­tance du dia­logue entre pa­rents d’élèves qui se ras­surent mu­tuel­le­ment.

Quoi qu’il en soit, l’ACFA de Saint-Paul a d’ores et dé­jà re­çu des de­mandes de pa­rents pour pro­fi­ter de l’aide aux de­voirs qui se­ra dis­po­nible à par­tir du 8 oc­tobre le lun­di et le jeu­di de 16 h à 17 h.

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