L'AVE­NIR DES SER­VICES DE SAN­TÉ EN FRAN­ÇAIS

Le Franco - - LA UNE - PAR FUAT SEKER

« PAR­TIR DE QUELQUE CHOSE DE PLUS PE­TIT POUR­RAIT ÊTRE UNE SO­LU­TION POUR RE­DÉ­MAR­RER DES SER­VICES DE SAN­TÉ EN FRAN­ÇAIS »

- NA­THA­LIE BELLEY AN­CIENNE SE­CRÉ­TAIRE DE LA CLI­NIQUE FRAN­CO­PHONE DE CALGARY

L'ACFA Ré­gio­nale de Calgary a or­ga­ni­sé jeudi 20 sep­tembre une con­sul­ta­tion com­mu­nau­taire sur l'ave­nir des ser­vices de san­té en fran­çais à Calgary. Ou­verte à tous les fran­co­phones de Calgary et sa ré­gion, cette con­sul­ta­tion a re­lan­cé l’in­té­rêt des fran­co­phones de re­voir une cli­nique of­frant des ser­vices en Fran­çais.

La vo­lon­té de l’as­sem­blée était claire, elle sou­haite des ser­vices mé­di­caux et une mé­de­cine en fran­çais à Calgary. Se­lon Hu­bert Gau­thier, consul­tant pour l’évè­ne­ment, « il y avait plein de ré­flexions po­si­tives qui dé­bou­che­ront un jour sur quelque chose qui ira dans le sens de notre vo­lon­té de ser­vice de san­té en fran­çais ». Seule­ment quelques mois après la fer­me­ture de la cli­nique fran­co­phone de Calgary, les par­ti­ci­pants à la réunion se sont dé­jà mis au tra­vail. Ils ont d’ores et dé­jà éla­bo­ré dif­fé­rents scé­na­rios.

« Al­lant d’une cli­nique com­plète à une cli­nique plus pe­tite of­frant des ser­vices de base, toutes les pistes ont été ex­plo­rées », ex­plique Hu­bert Gau­thier. Le trau­ma­tisme de la fer­me­ture de la cli­nique le 31 mars der­nier étant en­core pal­pable, l’As­so­cia­tion ca­na­dien­ne­fran­çaise de l’Al­ber­ta (l’ACFA) avait in­vi­té l’an­cien PDG de l’Hô­pi­tal de Saint-Bo­ni­face, et au­jourd’hui consul­tant en ges­tion, Hu­bert Gau­thier, à dresser un por­trait de l’échec.

LES YEUX PLUS GROS QUE LE VENTRE

Se­lon Hu­bert Gau­thier, le nerf de la guerre, c’est à dire le fi­nan­ce­ment est bien sûr en cause, mais pas que. Se­lon lui « le nombre de pa­tients ins­crits était moins éle­vé que ce que l’on at­ten­dait. Étant don­né le nombre de fran­co­phones pré­sents à Calgary, une cli­nique qui ne comp­tait que 1500 pa­tients ins­crits, alors qu’elle au­rait dû en comp­ter le double, ne pou­vait pas fonc­tion­ner ».

En­vi­ron 13 000 per­sonnes uti­lisent le fran­çais comme langue d’usage à Calgary, ce qui veut dire se­lon lui que « beau­coup de per­sonnes étaient ré­ti­centes à aban­don­ner leur mé­de­cin an­glo­phone. La vaste éten­due de la ville de Calgary a pu éga­le­ment être une ex­pli­ca­tion ».

D’après Na­tha­lie Belley an­cienne se­cré­taire de la cli­nique fran­co­phone de Calgary, « le pro­jet a été vu un peu trop gros à la base » ce­pen­dant, « par­tir de quelque chose de plus pe­tit pour­rait être une so­lu­tion pour re­dé­mar­rer des ser­vices de san­té en fran­çais ». Du­rant la con­sul­ta­tion, la ques­tion de fi­nan­ce­ment a éga­le­ment été évo­quée. Alors que l’on se sou­vient que l’ex cli­nique avait ou­vert ses portes en mai 2015 grâce à une sub­ven­tion de 600 000 dol­lars de San­té Ca­na­da, elle avait dû les re­fer­mer, car celle celle-ci n'avait pas été re­nou­ve­lée au­de­là de mars 2018. Cette fois Hu­bert Gau­thier parle d’« au moins 500 000 $ par an­née pour of­frir un mi­ni­mum de ser­vices ».

Alors que la ré­ou­ver­ture de ser­vice de san­té en fran­çais est à l’étude, Hu­bert Gau­thier pré­vient : « ce sont des pro­jets à long terme et qui vont de­man­der du temps, du tra­vail et un fi­nan­ce­ment du­rable ». Tou­jours se­lon lui, l’autre grande conclu­sion de la soi­rée, c’est l’im­pli­ca­tion du Ré­seau san­té al­ber­tain dans les suites du dos­sier. L’ACFA quant à elle conti­nue sa ré­flexion sur les pro­chaines étapes à suivre, et avec peut-être d’autres consul­ta­tions com­mu­nau­taire.

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