PRÊT POUR LES PRE­MIERS SOINS EN SAN­TÉ MEN­TALE

Le Franco - - EDMONTON - fran­co­sec@gov.ab.ca 780-415-1646 PAR FUAT SEKER

« DES ÉTUDES SUR LE BE­SOIN DES PROCHES AI­DANTS IN­DIQUENT UNE EN­VIE DE VIEILLIR CHEZ SOI »

- LIN­DA GROTH, PRÉ­SI­DENTE DE LA FAFA

Le Gou­ver­ne­ment de l’Al­ber­ta et la Di­vi­sion al­ber­taine de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne pour la san­té men­tale of­fri­ront une for­ma­tion gratuite et en fran­çais en Pre­miers Soins de san­té men­tale pour les aî­nés, à Edmonton les 17 et 18 oc­tobre. Li­vrée par la Com­mis­sion de la san­té men­tale du Ca­na­da, ces séances se­ront or­ga­ni­sées par le Ré­seau san­té al­ber­tain (RSA), en col­la­bo­ra­tion avec le Se­cré­ta­riat fran­co­phone et ap­puyé par la Fé­dé­ra­tion des aî­nés fran­co­phones de l’Al­ber­ta (FAFA).

« Tout comme les pre­miers soins ap­por­tés en cas de bles­sures phy­siques, les pre­miers soins en san­té men­tale ont leur im­por­tance », confie Paul De­nis di­rec­teur gé­né­ral du RSA. D’ailleurs c’est ce que met clai­re­ment en évi­dence la bro­chure de l’évè­ne­ment. On peut y lire « Si une per­sonne se foule la che­ville, vous sau­rez pro­ba­ble­ment comment agir - si une per­sonne âgée montre des signes de dé­pres­sion, vous ris­quez d’être pris au dé­pour­vu ». Au-de­là de cet as­pect des pre­miers soins, Lin­da Groth, pré­si­dente de la FAFA, sou­ligne l'im­por­tance de la po­pu­la­tion vi­sée par cette for­ma­tion. Alors que la san­té men­tale des aî­nés est une des pré­oc­cu­pa­tions ma­jeures de la FAFA, sa pré­si­dente rap­pelle que « les for­ma­tions sont sou­vent pour les jeunes ou les adultes, et que c'est la pre­mière fois que la com­mis­sion de la san­té men­tale ca­na­dienne dé­cide d'of­frir une for­ma­tion pour les aî­nés ». Se­lon elle, « il y a en­fin une prise de conscience concer­nant la san­té men­tale de nos aî­nés ». Les chiffres de Sta­tis­tique Ca­na­da rap­pellent qu'il y a en­vi­ron 32 000 aî­nés fran­co­phones en Al­ber­ta, alors lorsque l'on pose la ques­tion du nombre de for­ma­tions pro­po­sées, Lin­da Groth ré­pond « qu'il y en a da­van­tage en an­glais, et que la dif­fi­cul­té est de trou­ver des per­sonnes for­mées en fran­çais ». La for­ma­tion qui se­ra pro­po­sée le 17 et 18 oc­tobre pro­chain se­ra « une ex­plo­ra­tion et un bon test », es­time-t-elle. « La for­ma­tion vise à amé­lio­rer les connais­sances en san­té men­tale et à don­ner aux per­sonnes qui la sui­vront les com­pé­tences et les connais­sances né­ces­saires pour mieux gé­rer des pro­blèmes as­so­ciés à la san­té men­tale qui pour­raient se pré­sen­ter ou qui com­mencent à se ma­ni­fes­ter chez elles, chez un membre de leur fa­mille, un ami ou un col­lègue », ex­plique Paul De­nis. Au­de­là de sen­si­bi­li­ser aux pro­blèmes liés à la san­té men­tale, ces deux jours ont donc un but af­fi­ché, ce­lui de dé­ve­lop­per les com­pé­tences qui per­met­tront de re­con­naître, et d’in­ter­ve­nir en cas de pro­blème.

COMMENT ?

Tout d’abord, du­rant cette for­ma­tion les par­ti­ci­pants ap­pren­dront à agir en amont d’une crise, car comme nous l’ex­plique le di­rec­teur gé­né­ral du Ré­seau san­té al­ber­tain « si on ar­rive à re­con­naître les symp­tômes dès leur ap­pa­ri­tion, on peut alors four­nir l’aide ini­tiale né­ces­saire ». Et puis, ils s’ini­tie­ront aux pré­mices d’une prise en charge « en of­frant des stra­té­gies et des res­sources aux per­son­nels soi­gnants, ou un ap­pui aux per­sonnes âgées », conclut-il.

POUR QUI ?

Pour qua­si­ment tout le monde ! La per­sonne âgée étant pla­cée au centre du dis­po­si­tif, toutes les per­sonnes ayant un lien avec une per­sonne âgée sont donc les bien­ve­nus. « De la per­sonne âgée el­le­même, aux conjoints et aux amis en pas­sant par le per­son­nel soi­gnant, ou les tra­vailleurs, tous sont ad­mis­sibles » ex­plique mon­sieur De­nis. « Des études sur le be­soin des proches ai­dants in­diquent une en­vie de vieillir chez soi », rap­pelle Lin­da Groth. Elle ex­plique par la même oc­ca­sion que « construire des ré­si­dences n'est plus la so­lu­tion ». S’ins­pi­rer du mo­dèle de l'opé­ra­tion Ba­lu­chon Alz­hei­mer, la pré­si­dente de la FAFA pense que les so­lu­tions doivent être ap­por­tées sur place. « Se­lon elle, nous sommes en plein dans les dé­fis du vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion fran­co­phone ». Cette for­ma­tion a dé­bu­té en au­tomne 2017, en ajout aux deux pre­mières for­ma­tions de pre­miers soins en san­té men­tale et celle aus­si dé­ve­lop­pée spé­cia­le­ment pour la jeu­nesse. Une ini­tia­tive qui a tou­ché un to­tal de 300 000 per­sonnes et qui a dé­jà sui­vi l’une de ces for­ma­tions. Sou­li­gnant l’im­pact po­si­tif et du­rable sur les Ca­na­diens d’un océan à l’autre, il se dit « conve­nir à tous les mi­lieux de tra­vail qui sou­haitent ré­duire l’in­ci­dence des ma­la­dies et des pro­blèmes en lien avec la san­té men­tale ». Le gou­ver­ne­ment de l’Al­ber­ta offre gra­tui­te­ment la for­ma­tion. En plus de ce­la, une aide fi­nan­cière aux dé­pla­ce­ments ain­si qu’à l’hé­ber­ge­ment se­ra of­ferte par le RSA aux par­ti­ci­pants qui ne vivent pas à Edmonton. Il reste tou­jours des places pour s’y ins­crire.

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