RA­CHID TRABELSI L’ART COMME FIL ROUGE

Le Franco - - LA UNE - PAR FUAT SEKER

L’Al­gé­rie se ré­vèle à tra­vers de nom­breux chefs-d’oeuvre ar­tis­tiques, tant ar­ti­sa­naux qu’ar­chi­tec­tu­raux. À tra­vers ses oeuvres, Ra­chid Trabelsi en est l’un des té­moins. Cet ar­tiste al­ber­tain et d’ori­gine al­gé­rienne a un vé­cu aux mul­tiples in­fluences qui se res­sent dans ses créa­tions. Ren­contre avec Ra­chid Trabelsi.

Au mi­lieu de ses cadres, un sou­rire cha­leu­reux des­si­né sur le vi­sage, Ra­chid Trabelsi se fond par­fai­te­ment dans le dé­cor. Plus à l’aise avec un pin­ceau qu’avec une en­tre­vue, l’ar­tiste af­fiche un bon­heur dis­cret en mon­trant ses oeuvres et les tro­phées qu’il a rem­por­tés. « À l’école élé­men­taire dé­jà j’étais pre­mier en des­sin », confie Ra­chid Trabelsi. À 64 ans, cet in­gé­nieur en in­for­ma­tique avoue une pas­sion pour le des­sin qui re­monte à l’en­fance. Au­jourd’hui en­core, ses oeuvres co­lo­rées ta­pissent avec fier­té les murs de sa mai­son, et de sa bou­tique d’im­pres­sion nu­mé­rique Serv-Image Print au Lake Bo­na­vis­ta Pro­me­nade. « J’ai un mé­tier et une pas­sion. Bien évi­dem­ment il y a une pas­se­relle entre les deux », ex­plique ce­lui qui a com­pris très tôt qu’il se­rait dif­fi­cile de vivre de ses coups de pin­ceau et de ses traits de crayons.

UN AR­TISTE RÉORIENTÉ

Comme un signe avant­cou­reur de ce qu’il al­lait de­ve­nir, Ra­chid Trabelsi a vu le jour dans une oa­sis. Il est né à Toug­gourt dans le sud de l’Al­gé­rie, un en­droit com­mu­né­ment ap­pe­lé les oa­sis du sud. De son propre aveu, « les pay­sages y sont dé­jà très ins­pi­rants ».

For­cé de s’exi­ler à Al­ger pour ses études, cet ar­tiste au­to­di­dacte en pro­fi­te­ra pour trou­ver une ins­pi­ra­tion sup­plé­men­taire. C’est éga­le­ment là qu’il com­pren­dra qu’il lui fau­dra « trou­ver un mé­tier pour vivre », dit-il. At­ti­ré par l’ar­chi­tec­ture et le des­sin, la fonc­tion pu­blique dans la­quelle il s’en­gage lui fe­ra fi­na­le­ment com­prendre qu’il doit se ré­orien­ter, d’où l’in­gé­nie­rie in­for­ma­tique.

UN STYLE FOR­GÉ PAR SES VOYAGES

« La cul­ture n’ a pas de langues, ni de frontières, mais elle a une ra­cine », aime rap­pe­ler Ra­chid Trabelsi. Sur ses oeuvres de toutes tailles s’en­tre­mêlent des masses de cou­leurs où l’on de­vine sou­vent la cul­ture orien­tale. Ce­lui qui a voya­gé en Eu­rope et vé­cu en Ma­lai­sie, en plus de dif­fé­rents pays du conti­nent afri­cain, ad­met que ses « ins­pi­ra­tions viennent en ma­jo­ri­té de ce qu’il a vé­cu ».

Lors­qu’il ex­plique son dernier ta­bleau, tout de­vient plus clair. « En Ma­lai­sie, j’ai dé­cou­vert la sculp­ture sur bois, d’où la forme, et les bi­joux c’est le cô­té cultu­rel ber­bère ! », éclaire-t-il .

UNE NOU­VELLE AVEN­TURE

« C’est dif­fi­cile de vendre des toiles », jus­ti­fie ce­lui qui a dé­sor­mais un commerce dans l’im­pres­sion nu­mé­rique. Pour vivre et s’as­su­rer un sa­laire ré­gu­lier, il a ou­vert de­puis 2016 une bou­tique dans le centre com­mer­cial de Lake Bo­na­vis­ta.

Ha­bi­tué à des jour­nées de dix à douze heures, ce chef d’en­tre­prise confie tout de même réus­sir à se dé­ga­ger du temps pour sa pas­sion pre­mière : l’art !

Ra­chid Trabelsi et ses oeuvres. Crédit photo : Ra­chid Trabelsi

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