Le front do­mes­tique change la donne

Le Gaboteur - Les femmes aux urnes - - ÉDITION SPÉCIALE • LE DROIT DE VOTE DES FEMMES -

Si la Pre­mière Guerre mon­diale a re­tar­dé le mou­ve­ment suf­fra­giste, il a éga­le­ment four­ni à plu­sieurs femmes un ar­gu­ment de poids en fa­veur de leur droit de vote. Des mil­liers de femmes de Terre-Neuve et du La­bra­dor ont contri­bué de fa­çon si­gni­fi­ca­tive à l’ef­fort de guerre en tra­vaillant comme in­fir­mières, en amas­sant des fonds et en tri­co­tant chaus­settes, chan­dails, fou­lards et autres vê­te­ments pour les troupes outre-mer.

La plu­part des femmes vo­lon­taires étaient membres de la Wo­men’s Pa­trio­tic As­so­cia­tion (WPA), for­mée en 1914 pour ai­der les sol­dats en­rô­lés et leurs per­sonnes à charge à la mai­son.

À l’in­verse du Ca­na­da et des États-Unis – où la contri­bu­tion des femmes à l’ef­fort de guerre pre­nait souvent la forme d’un tra­vail in­dus­triel –, la WPA en­cou­ra­geait ce qui était consi­dé­ré par tous comme un tra­vail fé­mi­nin tra­di­tion­nel : le tri­co­tage de vê­te­ments, les soins aux per­sonnes ma­lades ou bles­sées et la collecte de fonds pour les or­ga­nismes de bien­fai­sance.

À la fin de la guerre, la WPA avait réus­si à re­cueillir plus de 500 000 $ – ap­proxi­ma­ti­ve­ment 6,5 mil­lions en dol­lars d’au­jourd’hui – pour l’ef­fort de guerre et s’at­ti­rait les louanges des au­to­ri­tés gouvernementales, de la presse et de la po­pu­la­tion. Ses ef­forts ont mis en évi­dence l’im­por­tance so­ciale et éco­no­mique consi­dé­rable du tra­vail tra­di­tion­nel des femmes, qui s’est ré­vé­lé être un ar­gu­ment puis­sant en fa­veur du droit de vote dont se sont ser­vies les suf­fra­gettes en temps de paix.

Photo : The Rooms Di­gi­tal Archives

Membres de la Wo­men’s Pa­trio­tic As­so­cia­tion au tra­vail à Go­vern­ment House, cir­ca 1914.

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