RA­PI­DE­MENT ET DANS LE CALME

LE DROIT DE VOTE DES FEMMES AU CA­NA­DA

Le Gaboteur - Les femmes aux urnes - - ÉDITION SPÉCIALE • LE DROIT DE VOTE DES FEMMES -

Au Ca­na­da, les suf­fra­gettes ont tra­vaillé d’ar­ra­che­pied pour convaincre les po­li­ti­ciens d’ac­cor­der le droit de vote aux femmes. Mais, le mi­li­tan­tisme res­te­ra le fait de groupes bien dé­fi­nis. Il n’a pas at­teint les masses pour de­ve­nir un « mou­ve­ment de base ».

Pour ar­ri­ver à leurs fins, les suf­fra­gettes ont créé des as­so­cia­tions et li­vré des pé­ti­tions à ré­pé­ti­tion au Par­le­ment ca­na­dien avant que la Pre­mière Guerre mon­diale — et l’air du temps, bien sûr — achève de convaincre les élus. Mais, dans les pro­vinces souf­flait dé­jà un vent de chan­ge­ment.

1916 – D’abord le Ma­ni­to­ba

Le Ma­ni­to­ba est la pre­mière pro­vince qui ac­cor­de­ra le droit de vote aux femmes. Des mi­li­tantes comme Nel­lie McC­lung, ap­puyées par de nom­breux hommes, ré­clament que la femme soit re­con­nue comme une ci­toyenne à part en­tière. Elles fe­ront même un coup d’éclat en pré­sen­tant un par­le­ment mo­dèle où les suf­fra­gettes dé­battent de la lé­gi­ti­mi­té du droit de vote des hommes. Elles ob­tiennent gain de cause le 28 jan­vier 1916.

1916-1919 – L’Ouest pro­gres­siste

La Sas­kat­che­wan et l’Al­ber­ta sui­vront quelques mois plus tard. Dans ces pro­vinces nou­velles et pro­gres­sistes, la forte po­pu­la­tion bri­tan­nique est au fait des re­ven­di­ca­tions des suf­fra­gettes des États-Unis et de la Grande-Bre­tagne et les jour­naux sont souvent fa­vo­rables à leurs de­mandes.

Jus­qu’à 1925 – Les autres pro­vinces em­boîtent le pas

En quelques an­nées, le suf­frage uni­ver­sel s’est éten­du à l’en­semble des pro­vinces. Jus­qu’en 1919, en Co­lom­bie-Bri­tan­nique, en On­ta­rio, en Nou­velle-Écosse et au Nou­veau-Bruns­wick, les femmes ob­tiennent suc­ces­si­ve­ment le droit de vo­ter aux élec­tions. L’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve (qui ne fait pas en­core par­tie de la Con­fé­dé­ra­tion) em­boîtent le pas en 1922 et en 1925 res­pec­ti­ve­ment.

1940 – Le Qué­bec tarde

En rai­son du gou­ver­ne­ment au pou­voir for­te­ment tra­di­tion­na­liste, le Qué­bec tarde à suivre les autres pro­vinces. Bien en­ten­du, des re­grou­pe­ments mi­litent pour le droit de vote, comme la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale Saint-Jean-Bap­tiste, l’Al­liance ca­na­dienne pour le vote des femmes au Qué­bec, fon­dée par Ido­la Saint-Jean à la fin des an­nées 1920, et la Ligue pour les droits de la femme que pré­side Thé­rèse Cas­grain. Les Qué­bé­coises ga­gne­ront fi­na­le­ment le droit de vote en 1940.

Nel­lie McC­lung

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