Ra­con­ter l’his­toire en verre

So­phie Thi­bo­deau, qui offre ces jours-ci des ate­liers de créa­tion de bi­joux en verre, a un ma­gni­fique se­cret trop bien gar­dé…

Le Gaboteur - - LA UNE - TEXTES : COUR­TOI­SIE DE SO­PHIE THI­BO­DEAU | PHO­TOS : JA­CINTHE TREM­BLAY

Ces jours-ci So­phie Thi­bo­deau, pré­si­dente de l'As­so­cia­tion francophone du La­bra­dor (AFL) et vice-pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des fran­co­phones de Terre-Neuve et du La­bra­dor, donne la pi­qûre de la créa­tion ar­tis­tique à par­tir du verre à des di­zaines d'adultes et d'élèves de Port-au-Port, de Saint-Jean et de La­bra­dor Ci­ty (voir notre ar­ticle en page 6).

En 2014, elle a mis son ex­per­tise d'ar­tiste du verre et sa grande gé­né­ro­si­té au ser­vice de la su­per­vi­sion et de la réa­li­sa­tion de la tri­lo­gie « Faire son che­min », une oeuvre col­lec­tive cé­lé­brant l'évo­lu­tion de la Ville de Fer­mont qui cé­lé­brait alors son 40e an­ni­ver­saire.

En plus de réunir de nom­breux ar­tistes ama­teurs pour ce pro­jet, ma­dame Thi­bo­deau a mis à contri­bu­tion des en­fants dans la créa­tion de la pièce cen­trale de l'oeuvre. De mul­tiples tech­niques ont été uti­li­sées dans « Faire son che­min », telles la mé­thode Tif­fa­ny, la fu­sion, le ther­mo for­mage, la gri­saille pein­ture et om­brage cuite, le verre églo­mise et la sculp­ture de plomb.

La vi­site de l''oeuvre « Faire son che­min » est un in­con­tour­nable pour qui­conque passe à Fer­mont. Elle est si­tuée à l'en­trée des lo­caux du Centre mul­ti­fonc­tion­nel CLIFFS, dans le mur-écran.

Pho­to : Ja­cinthe Trem­blay

Cette pièce est au centre de la tri­lo­gie et est la plus grande. Elle se rap­porte plu­tôt à l'as­pect hu­main et de dua­li­té. Le vi­sage, qui re­pré­sente les ha­bi­tants, est tra­ver­sé par le che­min, en haut sous forme de route, en bas sous forme de ri­vière avec ses pois­sons et ses cou­rants aux cou­leurs d'ins­pi­ra­tion au­toch­tone. Ce vi­sage est le centre d'un par­cours. D'un cô­té le pay­sage a été trans­for­mé, de l'autre il est en­core na­tu­rel. L'en­vi­ron­ne­ment au­tour de ce­lui-ci sug­gère l'op­po­si­tion entre les ho­raires de jour et de nuit, d'hi­ver et d'été, re­haus­sé par la pré­sence d'oi­seaux mi­gra­teurs sym­bo­li­sant les cycles sai­son­niers et les voya­ge­ments nord-sud.

Cette troi­sième pièce re­pré­sente l'es­poir. La fa­mille en ac­tion, au coeur de l'oeuvre, avec une lu­mière rap­pe­lant celle du le­ver du so­leil, fait un clin d'oeil aux évé­ne­ments an­nuels, ici la ran­don­née du sol­stice. Au­tour de cette fa­mille, on re­trouve les symboles de la ré­gion : la fleur de thé du La­bra­dor un ar­buste ré­sis­tant au dur cli­mat, l'Inuk­shuk comme vo­lon­té de lais­ser sa trace, et le lo­go de la ville de Fer­mont. À gauche de cette arche, le mur-écran ap­pa­raît comme une zone ci­toyenne et à droite, le ter­ri­toire mi­nier en tant que zone in­dus­trielle. Fi­na­le­ment, le haut est co­lo­ré d'au­rores bo­réales à en faire rê­ver ha­bi­tants et tou­ristes.

Pre­mière pièce de la tri­lo­gie, elle se veut une re­pré­sen­ta­tion des dé­buts de Fer­mont en 1974, illustre le che­min de fer, les pre­mières construc­tions, la frag­men­ta­tion du sol avec les dé­buts de l'ex­ploi­ta­tion mi­nière, l'om­ni­pré­sence de la na­ture, ponc­tuée par le ca­ri­bou, la fo­rêt et les au­rores bo­réales.

Les billes co­lo­rées qui com­posent les che­veux ont été réa­li­sées par nos ar­tistes, lors d'une pre­mière cuis­son. Les en­fants de Loi­sirs jeu­nesse 2014 ont en­suite choi­si la dis­po­si­tion de chaque bille sur les boucles de che­veux avant une deuxième cuis­son et leur in­té­gra­tion au vi­trail.

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