Éta­blir des ponts et « al­ler vers »

Le Gaboteur - - OPINIONS ET AVIS - Ja­cinthe Trem­blay

De­puis plu­sieurs mois, nous abor­dons un su­jet unique, sous plu­sieurs angles, dans les pages cen­trales du Ga­bo­teur. Il y a quelques se­maines, nous avons choi­si de trai­ter d'im­mi­gra­tion pour cette édi­tion.

Nous ne sa­vions pas, alors, que le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial al­lait an­non­cer deux jours avant que nous al­lions sous presse, une manne de 800 000 $ consa­crée à des ini­tia­tives vi­sant à fa­ci­li­ter l'in­té­gra­tion des nou­veaux ar­ri­vants au mar­ché du tra­vail, par­ti­cu­liè­re­ment dans le do­maine de la san­té. Notre thème des pages cen­trales est donc aus­si de­ve­nu le su­jet de notre page 3, consa­crée à l'ac­tua­li­té.

Nous ne sa­vions pas, non plus, qu'en par­lant d'im­mi­gra­tion, nous al­lions faire au­tant de dé­cou­vertes sur les as­pi­ra­tions et com­por­te­ments des nou­veaux ar­ri­vants par­lant le fran­çais, qu'ils soient ré­fu­giés, tra­vailleurs tem­po­raires, tou­ristes, ou qu'ils ar­rivent d'ailleurs au Ca­na­da.

En bref, ils veulent ap­prendre l'an­glais.

Vers les or­ga­nismes an­glo­phones

Ils veulent ap­prendre l'an­glais et pour ce faire, ils cognent aux portes d'or­ga­nismes com­mu­nau­taires qui offrent des cours dans cette langue. C'est vrai à Saint-Jean, où de nom­breux fran­co­phones de langue ma­ter­nelle ou d'adop­tion fré­quentent les le­çons of­fertes par l'As­so­cia­tion des nou­veaux Ca­na­diens (ANC) et le Re­fu­gee and Im­mi­grant Ad­vi­so­ry Coun­cil (RIAC), comme vous pour­rez le lire en page 8 et 9. C'est vrai aus­si à La­bra­dor Ci­ty, où, dans ce cas, des cours d'an­glais sont of­ferts par l'As­so­cia­tion francophone du La­bra­dor (AFL).

En bref, ces nou­veaux ar­ri­vants veulent s'in­té­grer à leur so­cié­té d'ac­cueil, pour l'em­ploi, pour la vie quo­ti­dienne, pour l'édu­ca­tion, pour la culture, pour les amis.

Pen­dant ce temps, comme nous l'avons vu dans l'édi­tion pré­cé­dente, des an­glo­phones de la ré­gion de la Ca­pi­tale suivent, de plus en plus nom­breux, des cours de fran­çais au­près de l'As­so­cia­tion com­mu­nau­taire francophone de Saint-Jean (ACFSJ), pour sen­si­ble­ment les mêmes rai­sons.

Et c'est sans comp­ter le fait que maintes ac­ti­vi­tés et créa­tions ar­tis­tiques en fran­çais, par exemple en chant cho­ral, en théâtre et en chan­son, soient ani­mées et pra­ti­quées par des gens bi­lingues dont l'an­glais est la langue ma­ter­nelle.

Au fil de deux édi­tions, nous avons donc mis le doigt sur une des réa­li­tés de notre drôle de fran­co­pho­nie : les élèves des cours d'an­glais of­ferts par l'ANC, le RIAC et l'AFL parlent le fran­çais pen­dant les pauses. Pen­dant ce temps, les membres de la cho­rale La Rose des Vents, les par­ti­ci­pants aux cours de fran­çais de l'ACFSJ et grand nombre des élèves des écoles du Conseil sco­laire francophone pro­vin­cial (CSFP) parlent l'an­glais pen­dant les pauses ou les ré­créa­tions.

Est-ce un pro­blème? Ab­so­lu­ment pas.

À la condi­tion qu'on éta­blisse des ponts entre ces fran­co­phones qui veulent s'in­té­grer à cette so­cié­té à qua­si-to­ta­li­té an­glo­phone et les or­ga­nismes voués au dé­ve­lop­pe­ment du fait fran­çais.

Est-ce pos­sible? Cer­tai­ne­ment.

À la condi­tion que nous pre­nions tous les moyens pos­sibles pour « al­ler vers » eux et que nous pas­sions moins de temps à es­pé­rer qu'ils viennent « vers nous ».

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.