Faut-il craindre pour nos jobs ?

Le Gaboteur - - ACTUALITÉ - Pour lire l’en­tier du texte de To­ny Fang et Da­vid Brake : thein­de­pendent.ca/2017/04/13/wel­co­ming-mo­reim­mi­grants-to-n-l

1700 im­mi­grants par an­née en 2022, c'est 50 % de plus qu'en 2015, et trois fois plus qu'il y a dix ans. Pour au­tant, les im­mi­grants me­nacent-ils nos em­plois ? « Non ! », ré­pondent le pro­fes­seur d'éco­no­mie de l'Uni­ver­si­té Me­mo­rial To­ny Fang et le jour­na­liste et cher­cheur Da­vid Brake dans une tri­bune écrite à quatre mains et pu­bliée der­niè­re­ment dans TheIn­de­pendent.ca.

En ef­fet, ex­pliquent-ils, de nom­breuses re­cherches montrent qu'une im­mi­gra­tion plus large ne chan­ge­rait rien au taux de chô­mage dans la pro­vince, mais qu'elle ra­mè­ne­rait plus d'ar­gent dans les coffres du gou­ver­ne­ment pro­vin­cial.

« Ac­tuel­le­ment, plus de la moi­tié des im­mi­grants ar­rivent par le biais du Pro­gramme des can­di­dats, qui exige que les can­di­dats aient dé­jà une pro­po­si­tion d'em­ploi et que cet em­ploi ait été pro­po­sé sur le mar­ché lo­cal pen­dant au moins six se­maines, que l'em­ployeur dé­montre qu'il n'a pas trou­vé de can­di­dat lo­cal adé­quat et que le sa­laire pro­po­sé soit dans la moyenne », re­marquent les deux cher­cheurs. Peu de risque donc, dans ces condi­tions, que l'im­mi­grant choi­si vole le tra­vail d'un Terre-Neu­vien ou d'un La­bra­do­rien.

Ils in­ves­tissent

En outre, la ve­nue de mi­grants a beau­coup d'ef­fet po­si­tifs sur l'éco­no­mie, ex­pliquent To­ny Fang et Da­vid Brake : « Les im­mi­grants dé­pensent leur ar­gent dans l'éco­no­mie lo­cale, ils in­ves­tissent ici – par­ti­cu­liè­re­ment dans le mar­ché im­mo­bi­lier – et ils paient des im­pôts, ce qui crée des jobs dans les sec­teurs pu­blic et pri­vé. Ils sont aus­si plus sus­cep­tibles que les lo­caux de lan­cer leur propre en­tre­prise, ce qui crée des em­plois qui n'exis­te­raient pas au­tre­ment. » En outre, ils amènent aus­si de nou­velles idées et ma­nières de faire, ainsi que des liens avec d'autres pays sus­cep­tibles d'en­cou­ra­ger le com­merce avec l'in­ter­na­tio­nal.

Les im­mi­grants sont aus­si, in­sistent les deux cher­cheurs, plus jeunes et en meilleure san­té que la moyenne des ha­bi­tants de la pro­vince : leur uti­li­sa­tion des ser­vices mé­di­caux et so­ciaux est donc faible.

« Les pro­jets an­non­cés par le gou­ver­ne­ment sont donc un pas dans la bonne di­rec­tion, concluent les deux cher­cheurs, mais on pour­rait faire beau­coup plus pour ti­rer avan­tage de l'im­mi­gra­tion. » En ef­fet, l'aug­men­ta­tion du nombre d'im­mi­grants pré­vue par le gou­ver­ne­ment est loin de com­pen­ser le dé­clin de la po­pu­la­tion ac­tive de la pro­vince. Pour­rait-on s'ins­pi­rer d'autres pro­vinces ? « Si nous lais­sions ve­nir les im­mi­grants au même taux que le Ma­ni­to­ba l'an­née der­nière, nous en re­ce­vrions presque six fois plus qu'au­jourd'hui. 5000 im­mi­grants sup­plé­men­taires par an­née, plu­tôt que les 1000 sup­plé­men­taires que pré­voit le gou­ver­ne­ment, pour­raient rap­por­ter 200 mil­lions de dol­lars à la pro­vince en dix ans, se­lon nos es­ti­ma­tions. » (AP)

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