Au ser­vice des ré­si­dents per­ma­nents

Le Gaboteur - - FOCUS - Ni­ko­la LeBel

L’As­so­cia­tion pour les nou­veaux Ca­na­diens (ANC) offre une pa­no­plie de ser­vices aux im­mi­grants qui pos­sèdent le sta­tut de ré­si­dents per­ma­nents. En 2016, avec l’ar­ri­vée de di­zaines de fa­milles de ré­fu­giés dans la pro­vince, le man­dat de les ac­cueillir et de sou­te­nir leur in­té­gra­tion a été confié à l’ANC par Ot­ta­wa. Le Ga­bo­teur a ren­con­tré le co­or­don­na­teur de la sen­si­bi­li­sa­tion à la di­ver­si­té de l’ANC, Jus­tin Camp­bell, dans les lo­caux de cet or­ga­nisme à ses bu­reaux du 144 Mi­li­ta­ry Road, à Saint-Jean.

L'ANC est un or­ga­nisme com­mu­nau­taire à but non lu­cra­tif créé il y a plus d'une tren­taine d'an­nées. C'est un or­ga­nisme non gou­ver­ne­men­tal, mais lar­ge­ment fi­nan­cé par le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral. Son man­dat est d'ai­der à l'in­té­gra­tion des nou­veaux ar­ri­vants aux com­mu­nau­tés qui les ac­cueillent. La ma­jo­ri­té du tra­vail de son équipe de sa­la­riés se fait à par­tir de SaintJean, mais l'ANC a éga­le­ment des ac­ti­vi­tés ailleurs dans la pro­vince. Le 25 mai, par exemple, l'ANC tien­dra un Sym­po­sium sur la di­ver­si­té à Gan­der.

« Les ser­vices de l'ANC sont va­riés et adap­tés aux be­soins de chaque per­sonne. Nous cher­chons à ai­der les im­mi­grants à s'adap­ter aux dé­fis de la vie à Terre-Neuve et au La­bra­dor, tels trou­ver un lo­ge­ment, ap­prendre la langue an­glaise, ins­crire ses en­fants à l'école, dé­cro­cher un em­ploi, etc. », ex­plique mon­sieur Camp­bell.

Ces ser­vices sont tou­te­fois of­ferts presque ex­clu­si­ve­ment aux im­mi­grants qui pos­sèdent le sta­tut de ré­si­dents per­ma­nents ainsi qu'aux im­mi­grants éco­no­miques. Des tra­vailleurs étrangers tem­po­raires et des étu­diants in­ter­na­tio­naux peuvent éga­le­ment bé­né­fi­cier de cer­tains ser­vices, entre autres les cours de langue.

Ac­cueil des ré­fu­giés

En 2016, avec l'ar­ri­vée de plu­sieurs di­zaines de personnes dans la pro­vince dans le cadre du Pro­gramme de ré­fu­giés pris en charge par le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral, l'ANC a ob­te­nu le man­dat du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral d'as­su­rer leur ac­cueil et leur in­té­gra­tion à la vie lo­cale. Elle est le seul four­nis­seur of­fi­ciel de ser­vices de ce pro­gramme à Terre-Neuve-et-La­bra­dor.

« Les ré­fu­giés, con­trai­re­ment aux autres nou­veaux ar­ri­vants au Ca­na­da, pos­sèdent le sta­tut de ré­si­dents per­ma­nents dès leur ar­ri­vée au pays », pré­cise Jus­tin Camp­bell. Ils ont donc ainsi ac­cès, par exemple, à la cou­ver­ture d'as­su­rance-ma­la­die de la pro­vince ainsi qu'aux al­lo­ca­tions fa­mi­liales.

L'aide fi­nan­cière gou­ver­ne­men­tale fé­dé­rale aux ré­fu­giés est tou­te­fois li­mi­tée à une pé­riode d'un an. Les ser­vices of­ferts par l'ANC, comme les cours d'an­glais, leur sont tou­te­fois en­core dis­po­nibles. À par­tir du 13e mois après leur ar­ri­vée, ils de­viennent soit au­to­nomes fi­nan­ciè­re­ment parce qu'ils se sont trou­vé un em­ploi ou ont créé une en­tre­prise, ou bien ils re­çoivent un sou­tien fi­nan­cier de la pro­vince, prin­ci­pa­le­ment sous forme d'aide so­ciale.

« La plu­part des im­mi­grants ré­cents sont des ré­fu­giés sy­riens. À peu près soixante-dix fa­milles sont ve­nues s'ins­tal­ler ici, de Saint-Jean à Gan­der, à Le­wi­sporte et à Cor­ner Brook », in­dique mon­sieur Camp­bell. « Leurs dé­fis étaient nom­breux. Plu­sieurs n'avaient au­cune ha­bi­le­té en langue an­glaise, n'étaient pas ha­bi­tués aux us et cou­tumes lo­cales et sur­tout n'étaient au­cu­ne­ment prêts à af­fron­ter l'hi­ver. »

« Néan­moins, avec bra­voure et avec l'aide de leurs com­mu­nau­tés d'ac­cueil par­tout sur l'île, ces ré­fu­giés ont lar­ge­ment re­le­vé ces dé­fis et plu­sieurs d'entre eux sont main­te­nant in­té­grés au monde du tra­vail, ce qui est presque in­croyable compte te­nu des trau­ma­tismes su­bis avant leur ar­ri­vée au pays », ob­serve ce re­pré­sen­tant de l'ANC.

Jus­tin Camp­bell sou­ligne que ces fa­milles sont re­con­nais­santes du fait que les Terre-Neu­viens se soient mon­trés très cha­leu­reux, ou­verts et at­ten­tion­nés à leur égard. « Le taux de ré­ten­tion de ces fa­milles est éle­vé et mal­gré les dif­fi­cul­tés une fois le trei­zième mois ve­nu, les gens veulent rester; ils veulent s'en­ra­ci­ner », note-t-il.

L'im­mi­gra­tion : mo­teur éco­no­mique

Bien que l'ar­ri­vée de nom­breux ré­fu­giés ait beau­coup re­te­nu l'at­ten­tion ces der­niers mois, une grande par­tie de l'im­mi­gra­tion de la pro­vince de­meure éco­no­mique, a te­nu à rap­pe­ler Jus­tin Camp­bell, en don­nant en exemple le grand nombre d'im­mi­grants en pro­ve­nance des Phi­lip­pines. Ces der­niers sont prin­ci­pa­le­ment éta­blis au La­bra­dor dans les villes de La­bra­dor Ci­ty et Hap­py Val­ley-Goose Bay.

« Cette ca­té­go­rie d'im­mi­grants gran­di­ra consi­dé­ra­ble­ment en nombre d'ici 20 ans, peut-être de 300% se­lon les es­ti­ma­tions de Sta­tis­tiques Ca­na­da », pré­cise mon­sieur Camp­bell. « Ces im­mi­grants vien­dront ai­der à com­bler la pé­nu­rie de maind'oeuvre dans tous les sec­teurs d'ac­ti­vi­té éco­no­mique cau­sée par le vieillis­se­ment pré­vu de la po­pu­la­tion et l'exode en qua­si-conti­nu des Terre-Neu­viens. »

Se­lon Jus­tin Camp­bell, les im­mi­grants ont tendance à em­me­ner avec eux un es­prit en­tre­pre­neu­rial in­com­pa­rable, pour ne pas dire in­dis­pen­sable. « Quit­ter son pays, sou­vent avec peu de moyens, pour al­ler s'ins­tal­ler dans un pays étran­ger, ça demande beau­coup d'in­gé­nio­si­té et de dé­brouillar­dise », dit-il.

Nou­veaux ve­nus fran­co­phones

Par­mi les ré­fu­giés de 2016, outre les fa­milles ori­gi­naires de Sy­rie, un bon nombre pro­viennent d'Afrique, par­ti­cu­liè­re­ment du Con­go. Par­mi eux, plu­sieurs sont fran­co­phones. L'ANC leur offre, bien en­ten­du, des ser­vices en an­glais et sur­tout d'ap­pren­tis­sage de la langue an­glaise, mais elle les di­rige aus­si vers des or­ga­nismes par­te­naires fran­co­phones comme le RIF et le RDÉE TNL.

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