De belles ren­contres en fran­çais au RIAC

Le Gaboteur - - FOCUS - Flo­rian Eu­zen

Dans les lo­caux du Re­fu­gee and Im­mi­grant Ad­vi­so­ry Coun­cil (RIAC), à Saint-Jean, un fa­meux soir de pot­luck, une ques­tion a sur­gi : « Pour­quoi il n’y a pas de lu­mières sur les au­to­routes de France ? ». Celle qui a lan­cé cette blague belge sur les Fran­çais est une Sud-Co­réenne!

Le scène se passe dans le Neal Buil­ding, un édi­fice his­to­rique si­tué au 50 Har­bour Drive où s'est ré­cem­ment ins­tal­lé le RIAC. C'est dans cet im­meuble re­con­nais­sable par sa tour en briques rouges res­sem­blant à un phare que j'ai vé­cu de belles ren­contres… en fran­çais.

Je fré­quen­tais le RIAC de­puis quelques se­maines lorsque j'ai en­ten­du cette blague. Cet or­ga­nisme a pour but d'of­frir des ser­vices et des in­for­ma­tions à tous les nou­veaux ar­ri­vants à Terre-Neuve-et-La­bra­dor, sans dis­tinc­tion.

L'un de ses ser­vices les plus connus est l'offre de le­çons d'an­glais. C'est ce ser­vice, dis­pen­sé gra­tui­te­ment, qui m'a per­mis de pra­ti­quer et d'échan­ger en an­glais pen­dant quelques heures de conver­sa­tion ani­mées par des bé­né­voles.

Le fran­çais, langue com­mune…

Bien que de très nom­breuses na­tio­na­li­tés soient pré­sentes aux ac­ti­vi­tés du RIAC, la re­pré­sen­ta­ti­vi­té des langues du monde y est pro­por­tion­nelle. Ainsi le fran­çais tout comme l'es­pa­gnol ou l'arabe sont par­mi les langues les plus par­lées des étu­diants. Pour cer­tains, il s'agit de leur langue ma­ter­nelle. Pour d'autres, comme Moon, la Sud-Co­réenne de cette his­toire, le fran­çais est leur langue se­conde ou une de leurs langues se­condes.

Au RIAC, c'est ce par­tage du fran­çais comme langue com­mune par des étu­diants ori­gi­naires du Con­go, de Bel­gique, de France, de Co­rée du Sud ou de la Co­lom­bie, par exemple, qui nous a lié d'ami­tié.

C'est donc dans ce lieu ma­gique que j'ai dé­cou­vert une si belle di­ver­si­té francophone, à Saint-Jean!

La connaissance du fran­çais par plu­sieurs étu­diants du RIAC est beau­coup moins éton­nante qu'il n'y pa­raît à pre­mière vue. Ainsi dans un ar­ticle pa­ru en mars 2014 dans le ma­ga­zine Forbes, le jour­na­liste Pas­cal-Em­ma­nuel Go­bry sou­li­gnait que le fran­çais se­ra la pre­mière langue par­lée par 750 mil­lions de personnes en 2050 dans 32 pays. Il semble dif­fi­cile, de nos jours, de te­nir une as­so­cia­tion comme le RIAC, no­tam­ment d'un point de vue fi­nan­cier. Après des mo­ments très dif­fi­ciles au cours des der­niers mois, cet or­ga­nisme com­mu­nau­taire, qui vit es­sen­tiel­le­ment de contri­bu­tions pri­vées et de le­vées de fonds ponc­tuelles au­près du pu­blic, voit main­te­nant l'ave­nir avec plus d'op­ti­misme.

Mon ex­pé­rience au 50 Har­bour Drive m'a fait rê­ver d'un par­te­na­riat entre l'As­so­cia­tion com­mu­nau­taire francophone de Saint-Jean et le RIAC. Car même si l'an­glais est la langue ma­jo­ri­taire dans cette pro­vince, le fran­çais fait par­tie des langues of­fi­cielles du pays et mé­ri­te­rait d'avoir toute sa place dans un tel lieu char­gé d'his­toire.

Et la blague ?

Pour fi­nir, cette blague, je vais vous la conter :

« A la dif­fé­rence de la Bel­gique, les Fran­çais n'ont pas de lu­mières sur leurs au­to­routes car ils se prennent dé­jà pour des lu­mières »… Une blague belge je vous di­sais… Pour en savoir plus sur le RIAC : www.riac.ca

Ses cours d’an­glais sont of­ferts les lun­dis et mer­cre­dis de 19 h à 21 h et les mardis de 13 h à 15 h et de 19 h à 21 h.

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