L'in­no­va­tion lo­cale pour com­bler les la­cunes du sys­tème

Quelque 300 personnes ont par­ti­ci­pé au Som­met sur l’édu­ca­tion 2017 te­nu dans les villes de Monc­ton, Ot­ta­wa et Ed­mon­ton du 4 au 7 mai. À la veille de la te­nue de cet évé­ne­ment, l’agence de presse de l’As­so­cia­tion de la presse francophone (APF) a fait le po

Le Gaboteur - - ÉDUCATION - Jean-Pierre Du­bé

L'évé­ne­ment vise à mo­der­ni­ser la stra­té­gie à long terme pour com­plé­ter le sys­tème d'édu­ca­tion en langue fran­çaise en mi­lieu lin­guis­tique mi­no­ri­taire. Lors du pre­mier Som­met, te­nu en 2005, les par­ti­ci­pants avaient fait le point sur l'en­sei­gne­ment de la ma­ter­nelle à la fin du se­con­daire. Au Som­met 2012, la pe­tite en­fance a été ajou­tée à l'évé­ne­ment. Cette an­née, l'édu­ca­tion post­se­con­daire est in­té­grée aux ré­flexions et confé­rences et est éga­le­ment trai­tée dans le nou­veau Plan stra­té­gique de l'édu­ca­tion en langue fran­çaise, lan­cé en 2016.

« Le plan est am­bi­tieux. On n'a pas de dif­fi­cul­té à ex­pli­quer nos prio­ri­tés. Mais quand on sort de l'école et qu'on va dans la com­mu­nau­té, c'est plus dif­fi­cile. C'est un som­met sur l'ap­pro­pria­tion », note Ro­ger Paul, le di­rec­teur gé­né­ral de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des conseils sco­laires fran­co­phones (FNCSF).

L'or­ga­nisme cha­peaute un co­mi­té tri­par­tite in­té­grant des or­ga­nismes com­mu­nau­taires ainsi que les mi­nis­tères de l'Édu­ca­tion et Pa­tri­moine ca­na­dien. Son plan se fonde sur quatre grandes prio­ri­tés : pe­tite en­fance, pé­da­go­gie/ap­pren­tis­sages, construc­tion iden­ti­taire et im­mi­gra­tion. « La nou­velle mou­ture du plan ajoute le prin­cipe du conti­nuum édu­ca­tif « du ber­ceau à la ber­çante », ex­plique Ro­ger Paul.

« Si on s'oc­cupe des deux ex­tré­mi­tés, ça nous donne une tout autre fa­çon de re­gar­der le conti­nuum, en par­tant des jeunes en­fants jus­qu'à l'offre post­se­con­daire. On ne doit pas né­gli­ger ceux qui veulent pour­suivre leur édu­ca­tion en fran­çais. Au­tre­ment, nos pa­rents et nos élèves vont nous aban­don­ner », pour­suit-il.

Un des ob­jec­tifs du Som­met 2017 était de voir comment une cin­quan­taine de mi­lieux né­go­cient les tran­si­tions du sys­tème.

Exemples com­mu­nau­taires

Par exemple, la Fé­dé­ra­tion des pa­rents fran­co­phones de l'Al­ber­ta (FPFA) in­ter­vient au point d'en­trée. « On est là où les conseils sco­laires ne sont pas en­core, entre la nais­sance et quatre ans », in­dique la di­rec­trice gé­né­rale Mi­reille Pé­lo­quin, qui se pré­pa­rait à ani­mer une dis­cus­sion sur l'ap­pui pa­ren­tal. « On sen­si­bi­lise les pa­rents dès que pos­sible pour fa­ci­li­ter l'en­trée des en­fants à l'école. On in­ter­vient dans le do­maine de la san­té fa­mi­liale, avec des foires de dé­pis­tage. C'est très im­por­tant de nos jours. Notre tra­vail est d'al­ler cher­cher les res­sources et de les of­frir en fran­çais. »

La FPFA a ob­te­nu des fonds pro­vin­ciaux et fé­dé­raux pour me­ner des pro­jets pi­lotes à l'ex­té­rieur d'Ed­mon­ton et de Cal­ga­ry, où elle co­or­donne deux centres d'ap­pui aux pa­rents. Au Som­met, Mi­reille Pé­lo­quin sou­hai­tait « savoir ce qui se fait ailleurs et comment re­joindre les ré­gions éloi­gnées. On a des dé­fis de dis­tance à cou­vrir et peu de po­pu­la­tion. » Pour sa part, le Col­lège de l'Ile, à l'Ile du Prince-Édouard, sou­tient la tran­si­tion au post­se­con­daire en of­frant une for­ma­tion pré­col­lé­giale axée sur l'em­ploi. Le pro­gramme Al­pha 1, 2, 3 ac­cueille de­puis jan­vier une im­mi­grante sans di­plôme en vue d'un poste dis­po­nible en pe­tite en­fance francophone, mais dif­fi­cile à com­bler.

Le Col­lège a éva­lué les ca­pa­ci­tés de la can­di­date et lui a pro­po­sé une for­ma­tion ap­pro­priée. « Nous avons créé un pont entre ses ca­pa­ci­tés et les exi­gences des cours col­lé­giaux, ex­plique la co­or­don­na­trice du dé­ve­lop­pe­ment des com­pé­tences, Alice Bé­ru­bé. Notre po­pu­la­tion im­mi­grante est sur­tout afri­caine et cer­taines ré­fu­giées ar­rivent par­fois sans pa­piers et sans sco­la­ri­té.

« C'est la po­pu­la­tion la plus dif­fi­cile à re­joindre parce qu'elle ne com­prend pas né­ces­sai­re­ment les in­for­ma­tions sur nos dé­pliants. Cette can­di­date vou­lait vrai­ment re­tour­ner à l'école. Elle est main­te­nant de­ve­nue une cour­roie de com­mu­ni­ca­tion avec d'autres membres de sa com­mu­nau­té. »

Alice Bé­ru­bé fait le lien avec le thème du Som­met, « Agir en­semble ». Il faut tout un vil­lage pour édu­quer un adulte, sou­tient-elle, pré­ci­sant que ce pro­gramme du Col­lège de l'Île ca­na­lise les ef­forts de cinq or­ga­nismes pro­vin­ciaux, plu­sieurs bé­né­voles et en­tre­prises.

Le Som­met s'est te­nu si­mul­ta­né­ment dans trois villes, soit à Monc­ton, à Ot­ta­wa et à Ed­mon­ton. Ses or­ga­ni­sa­teurs ont de plus per­mis aux par­ti­ci­pants de se joindre vir­tuel­le­ment afin d'aug­men­ter la par­ti­ci­pa­tion et de ré­duire les coûts de dé­pla­ce­ment.

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