Le fran­çais ici : état des lieux

Les don­nées sur la langue du Re­cen­se­ment 2016 dé­voi­lées par Sta­tis­tique Ca­na­da en août der­nier in­vitent à dres­ser un por­trait nuan­cé de l’état du fran­çais à Terre-Neuve-et-La­bra­dor. Se­lon l’angle d’exa­men, les chiffres ré­vèlent à la fois sta­bi­li­té, fra­gil

Le Gaboteur - - LA UNE - Ja­cinthe Trem­blay

Voyons d'abord la sta­bi­li­té. Le nombre de per­sonnes qui ont dé­cla­ré avoir le fran­çais comme langue ma­ter­nelle aux re­cen­se­ments de 2011 et 2016 est, à toutes fins pra­tiques, glo­ba­le­ment iden­tique, pas­sant de 3015 à 3020. Ces don­nées in­cluent les per­sonnes qui ont le fran­çais comme unique langue ma­ter­nelle et celles qui ont le fran­çais et d'autres langues comme pre­mière langue ap­prise et en­core com­prise - la dé­fi­ni­tion du concept de langue ma­ter­nelle de Sta­tis­tique Ca­na­da.

Tou­te­fois, cette sta­bi­li­té glo­bale com­porte des chan­ge­ments no­tables. Ain­si, le nombre de per­sonnes dont le fran­çais est l'unique langue ma­ter­nelle a lé­gè­re­ment di­mi­nué alors que ce­lui qui ont le fran­çais et autres langues a aug­men­té, pas­sant, par exemple, de 465 à 585 ré­pon­dants dans la ca­té­go­rie fran­çais et an­glais com­bi­nés. (voir Ta­bleau 1)

Ces don­nées contre­disent une cer­taine per­cep­tion d'une « ex­plo­sion » ré­cente du nombre de fran­co­phones dans la pro­vince. Dans les faits, l'aug­men­ta­tion si­gni­fi­ca­tive a eu lieu entre les re­cen­se­ments de 2006 et 2011, tel que le dé­montre l'exa­men des sta­tis­tiques du re­cen­se­ment de 2006. (voir éga­le­ment Ta­bleau 1)

À la mai­son

Qu'en est-il main­te­nant de l'usage du fran­çais à la mai­son? Sta­tis­tique Ca­na­da dis­tingue les ré­ponses en deux ca­té­go­ries : la langue la plus uti­li­sée à la mai­son et la langue par­lée ré­gu­liè­re­ment à la mai­son. (voir Ta­bleau 2)

Sous cet angle, les don­nées du Re­cen­se­ment de 2016 nous ap­prennent que l'usage du fran­çais comme langue le plus sou­vent par­lée à la mai­son a lé­gè­re­ment flé­chi au sein de la po­pu­la­tion de langue ma­ter­nelle fran­çaise. C'est à par­tir de ce cri­tère que les cher­cheurs me­surent le taux de ré­ten­tion com­plète d'une langue. En 2016, ce taux était de 47%.

Par contre, l'usage ré­gu­lier du fran­çais à la mai­son a consi­dé­ra­ble­ment grim­pé (de 2 850 en 2011 à 3 250 en 2016), dé­pas­sant même le nombre de ré­pon­dants de langue ma­ter­nelle fran­çaise! Dans un com­mu­ni­qué émis le 7 août der­nier, la Fé­dé­ra­tion des fran­co­phones de Terre-Neuve et du La­bra­dor s'est ré­joui de cette crois­sance si­gni­fi­ca­tive.

Com­ment ex­pli­quer cet en­goue­ment pour par­ler le fran­çais à la mai­son de gens n'ayant pas le fran­çais comme langue ma­ter­nelle? L'évo­lu­tion de la connais­sance des langues of­fi­cielles de­puis 10 ans dans la pro­vince nous en four­nit un in­dice.

Bi­lin­guisme en hausse

Lors du coup de sonde de 2016 de Sta­tis­tique Ca­na­da, 25 595 per­sonnes de Ter­reNeuve et du La­bra­dor ont dé­cla­ré être en me­sure de te­nir une conver­sa­tion en fran­çais et en an­glais. C'est 2 010 per­sonnes de plus qu'au Re­cen­se­ment de 2011. En uti­li­sant l'ou­til de re­cherche par groupes d'âge de Sta­tis­tique Ca­na­da, Le Ga­bo­teur a dé­cou­vert que par­mi ces gens bi­lingues, 80 % ont moins de 44 ans. In­dice, s'il en fal­lait un autre, de l'im­por­tance de l'im­mer­sion dans la pré­ser­va­tion et le dé­ve­lop­pe­ment du fait fran­çais dans la plus an­glo­phone des pro­vinces et ter­ri­toires du Ca­na­da.

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