Jar­dins qué­bé­cois À VI­SI­TER

Le Journal de Montreal - CASA - - CASA - AL­BERT MON­DOR Col­la­bo­ra­tion spéciale

JAR­DINS DE MÉ­TIS

Si­tués à la porte de la Gas­pé­sie, les Jar­dins de Mé­tis sont ré­pu­tés pour leur his­toire et leur grande beau­té. Ces jar­dins sont l’oeuvre d’El­sie Re­ford qui dé­bu­ta leur créa­tion du­rant les an­nées 1920. Quelques dé­cen­nies après le dé­cès de Mme Re­ford, en 1995, son ar­rière-pe­tit-fils Alexan­der Re­ford a fon­dé une or­ga­ni­sa­tion à but non lu­cra­tif qui a fait l’ac­qui­si­tion des Jar­dins de Mé­tis. Près d’un siècle plus tard, les jar­dins conti­nuent d’im­pres­sion­ner et de faire rê­ver les vi­si­teurs.

L’amé­na­ge­ment le plus re­pré­sen­ta­tif des Jar­dins de Mé­tis est sans contre­dit l’Al­lée royale, qui est consti­tuée d’un sen­tier de pierres long de 90 mètres bor­dé par deux plates-bandes réa­li­sées dans le plus pur style an­glais. Au tout dé­but de juillet c’est la flo­rai­son des pi­voines qui donne le ton à cet amé­na­ge­ment. La col­lec­tion d’El­sie Re­ford comp­tait à l’époque 42 es­pèces et culti­vars et on re­trouve au­jourd’hui dans les deux plates-bandes de l’Al­lée royale plus de 200 plants de pi­voines!

Les Jar­dins de Mé­tis com­prennent aus­si quelques autres amé­na­ge­ments qui ont été créés par El­sie Re­ford.

L’un de ceux-ci est une grande ro­caille dans la­quelle poussent des gé­ra­niums vi­vaces, des iris, des lis, des ro­siers ain­si que de nom­breuses plantes couvre-sol, telles que des cam­pa­nules et des oeillets. Au centre de cet amé­na­ge­ment, ap­pe­lé High Bank, coule un jo­li ruis­seau. Fi­na­le­ment, une par­tie boi­sée, om­bra­gée et fraîche, abrite di­verses plantes de sous-bois, dont cer­taines or­chi­dées in­di­gènes du Qué­bec ain­si qu’une im­pres­sion­nante col­lec­tion de pri­me­vères.

En ter­mi­nant, le Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de jar­dins se dé­roule chaque été de­puis main­te­nant plus de 20 ans sur le site même des Jar­dins de

Vi­si­ter un jar­din est une ex­pé­rience des plus agréables, riche en dé­cou­vertes, qui vous per­met­tra de vivre un peu de dé­pay­se­ment du­rant cet été où voya­ger dans notre belle pro­vince est de mise. Voi­ci donc la des­crip­tion de deux des plus beaux jar­dins du Qué­bec dont je vous sug­gère de faire la vi­site du­rant vos va­cances es­ti­vales.

Mé­tis. Le pu­blic peut y contem­pler plu­sieurs oeuvres pay­sa­gères, toutes plus sin­gu­lières et ori­gi­nales les unes que les autres, créées par des horticulte­urs, des de­si­gners et des ar­chi­tectes pay­sa­gers pro­ve­nant des quatre coins de la pla­nète.

Pour ob­te­nir plus d’in­for­ma­tions et ache­ter vos billets, vi­si­tez le site in­ter­net jar­dins­de­me­tis.com ou com­po­sez le (418) 775-2222. Les Jar­dins de Mé­tis sont si­tués au 200 route 132, à Grand-Mé­tis.

JAR­DINS DU GRAND-POR­TAGE

En 1979, char­més par la beau­té des pay­sages de la ré­gion de La­nau­dière, Diane Ma­ckay et Yves Ga­gnon dé­ci­dèrent d’ache­ter une ferme bor­dant la ri­vière Mas­ki­non­gé. Sur la terre de deux acres dont ils firent l’ac­qui­si­tion se dres­sait une vieille grange qu’ils trans­for­mèrent gra­duel­le­ment en une ha­bi­ta­tion ori­gi­nale et pit­to­resque, par­fai­te­ment in­té­grée au mi­lieu en­vi­ron­nant. Avec pas­sion et per­sé­vé­rance, au fil des ans, ils créèrent près de leur ré­si­dence de spec­ta­cu­laires jar­dins éco­lo­giques. Les Jar­dins du Grand-Por­tage sont au­jourd’hui com­po­sés d’une foi­son d’arbres ma­jes­tueux, d’ar­bustes frui­tiers, de lé­gumes ain­si que de plantes aro­ma­tiques et mé­di­ci­nales.

Puis­qu’il avait été pen­dant de nom­breuses dé­cen­nies en­tiè­re­ment voué à l’agricultur­e, le ter­rain qu’ils ve­naient d’ache­ter était com­plè­te­ment dé­nu­dé, sans arbres, for­te­ment ex­po­sé aux vents. Ils en­tre­prirent la plan­ta­tion de 20 000 arbres afin de créer des brise-vent. Ils plan­tèrent une grande va­rié­té d’es­pèces, dont des bou­leaux, des ca­ryers, des chênes, des épi­nettes, des érables, des frênes, des noyers et des pins.

UN PO­TA­GER BIO­LO­GIQUE

Dès la pre­mière an­née, ils créèrent éga­le­ment leur pre­mier po­ta­ger bio­lo­gique. Du­rant les cinq ou six an­nées qui sui­virent, ils culti­vèrent un acre de terre et leur pro­duc­tion de lé­gumes bios fut alors presque en­tiè­re­ment ven­due sous forme de pa­niers.

L’im­mense po­ta­ger des Jar­dins du Grand-Por­tage est di­vi­sé en plu­sieurs sec­tions, ce qui per­met de pra­ti­quer la ro­ta­tion des cultures. Ain­si, les vé­gé­taux gour­mands et exi­geants tels que les concombres, les courges, les me­lons et les to­mates sont culti­vés dans une sec­tion dif­fé­rente du po­ta­ger chaque an­née afin d’évi­ter l’ap­pau­vris­se­ment du sol. L’an­née sui­vant la cul­ture de ces plantes exi­geantes, la par­celle de terre est re­cou­verte d’un en­grais vert qui se­ra en­suite en­foui dans le sol afin de l’en­ri­chir.

Yves a un faible pour les culti­vars de to­mates an­ces­traux, tels que « Sa­vi­gnac », une va­rié­té qui a été dé­ve­lop­pée au mi­lieu du XXe siècle par le frère J. Ar­mand

Sa­vi­gnac, un clerc de Saint-Via­teur de Jo­liette. Il s’agit d’une va­rié­té très ro­buste et bien adap­tée au cli­mat qué­bé­cois qui pro­duit une abon­dance de gros fruits roses par­ti­cu­liè­re­ment suc­cu­lents. Pour sa part, Diane cultive de nom­breuses plantes mé­di­ci­nales et fleurs co­mes­tibles. Dans les Jar­dins du Grand-Por­tage, on re­trouve entre autres de la mé­lisse, de la ca­taire, du char­don-Ma­rie, de la consoude et de l’échi­na­cée.

LA CONTRI­BU­TION DES FLEURS

Aux Jar­dins du Grand-Por­tage, le ma­riage des fleurs aux plantes po­ta­gères n’est pas ef­fec­tué dans un but pu­re­ment es­thé­tique. Outre le fait que plu­sieurs de ces plantes à fleurs sont co­mes­tibles et qu’elles pos­sèdent des ver­tus mé­di­ci­nales, elles per­mettent en plus d’at­ti­rer de nom­breux in­sectes pol­li­ni­sa­teurs. La contri­bu­tion des in­sectes pol­li­ni­sa­teurs en hor­ti­cul­ture et en agricultur­e est consi­dé­rable. Le ren­de­ment de très nom­breuses cultures est di­rec­te­ment in­fluen­cé par la pré­sence de ces in­sectes. Plu­sieurs agri­cul­teurs louent d’ailleurs des ruches qu’ils ins­tallent près de leurs champs afin d’ob­te­nir de bonnes ré­coltes. Ain­si, les abricots, les amandes, les ce­rises, les concombres, les cour­gettes, les fraises, les me­lons, les pêches, les pas­tèques, les poires, les poi­vrons, les pommes, les prunes, les to­mates et les graines de tour­ne­sol sont pro­duits grâce à la pol­li­ni­sa­tion ef­fec­tuée par les in­sectes pol­li­ni­sa­teurs.

Du­rant la sai­son 2020, les Jar­dins du Grand-Por­tage sont ou­verts à par­tir du 11 juillet jus­qu’au 30 août. Du­rant l’été, les vi­sites libres ont lieu de 10 h à 17 h tous les jours (10 $ par per­sonne, gra­tuit pour les en­fants de 12 ans et moins). Pour in­for­ma­tions et ré­ser­va­tions : jar­dins­du­grand­por­tage.com ou com­po­sez le (450) 835-5813. Les Jar­dins du Grand-Por­tage sont si­tués au 800 che­min du Por­tage, à Saint-Di­dace.

PHO­TO COUR­TOI­SIE LOUISE TAN­GUAY

PHO­TO COUR­TOI­SIE MAR­TIN BOND

Jar­dins de Mé­tis

Les jar­dins de Mé­tis comptent une im­pres­sion­nante col­lec­tion de pri­me­vères.

Les fleurs contri­buent ac­ti­ve­ment à la pol­li­ni­sa­tion du po­ta­ger.

PHO­TO COUR­TOI­SIE JAR­DINS DE MÉ­TIS

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