La re­cette du suc­cès

Re­né An­ge­lil saute dans l’aven­ture de Star Aca­dé­mie avec l’éner­gie d’un dé­bu­tant. Sa re­cette du suc­cès ne s’im­prime pas. Elle se gagne par le tra­vail et l’achar­ne­ment.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Les can­di­dats doivent s’at­tendre à ap­prendre à la dure.

« La voix c’est à peine 20 % du tra­vail. L’autre 80 % re­pré­sente l’ef­fort, le cha­risme, la dé­ter­mi­na­tion. C’est un dur la­beur. Il faut qu’ils soient prêts à beau­coup de re­non­ce­ments. C’est très sé­rieux » af­firme l’im­pre­sa­rio ve­dette lors d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique.

Re­né An­ge­lil ne fait rien à moi­tié. Il en­tend bien « don­ner l’heure juste aux jeunes et les pla­cer face à eux-mêmes. »

« Après chaque show de Cé­line, je lui dis tou­jours les vraies af­faires et ce même en­core au­jourd’hui. Donc ils ne doivent pas s’at­tendre à ce que je sois beau et fin avec eux » confie le manager ve­dette.

Il sait trop bien que le ta­lent brut ne suf­fit pas, si tu veux sur­vivre dans la jungle du mi­lieu de la mu­sique, une in­dus­trie de plus en plus fra­gile.

« La voix ce n’est que le point de dé­part; la pas­sion c’est aus­si la clé pour réus­sir une car­rière. Ai­mer ce que tu fais chaque jour est un ca­deau de vie. Cé­line et moi nous avons ce bon­heur­là» dit-il.

SES DÉ­BUTS

Ils étaient trois per­sonnes au bout du fil pour convaincre Re­né An­ge­lil de dire oui à l’aven­ture de cette 4e édi­tion de Star Aca­dé­mie.

« Ju­lie Sny­der, Ste­phane La­porte et la di­rec­trice de la pro­gram­ma­tion France Lau­zière m’ont contac­té en pleine tour­née. Je leur ai de­man­dé quelques jours de ré­flexion. J’ai ac­cep­té parce que je crois fer­me­ment aux com­pé­tences de ces gens-là et moi, au dé­but avec les Ba­ron­nets, j’au­rais ai­mé avoir la chance de par­ler à un gé­rant d’une star ». Et Re­né se sou­vient. « Nous, on fai­sait les ca­ba­rets. Eux, ils ont une bonne équipe au­tour d’eux et par­ti­cipent à une émis­sion de­vant plus de deux mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs. C’est une chance in­ouïe, une vi­trine ex­cep­tion­nelle. »

Un chance dans un contexte éco­no­mique tel­le­ment plus dif­fi­cile pour les ar­tistes.

« À peine une di­zaine d’ar­tistes dans le monde peuvent se per­mettre des tour­nées comme Cé­line. In­ter­net a tout bous­cu­lé l’in­dus­trie, il se vend moins de disques; les grosses com­pa­gnies prennent moins de risques, l’éco­no­mie va mal; donc, il est fa­cile d’ima­gi­ner en­core plus la grande chance de ces jeunes-là. C’est une oc­ca­sion en or » ex­plique l’im­pré­sa­rio.

PRÉ­SENCE

Il en­tend être très pré­sent, mais comme il s’of­fri­ra des va­cances en fa­mille après cette tour­née érein­tante de 135 shows le 1er mars pro­chain, soir que Cé­line par­ti­cipe au gala de Star Aca­dé­mie; c’est donc par sa­tel­lite que le di­rec­teur de l’Aca­dé­mie li­vre­ra par la suite ses conseils. D’ailleurs, Re­né An­ge­lil sait une chose, si un jour il fait une autre tour­née elle s’éche­lon­ne­ra sur plus d’une an­née. « Ce fut très très exi­geant. Mais nous sommes fiers de notre réa­li­sa­tion. Cé­line fut ac­cueillie mer­veilleu­se­ment bien par­tout dans le monde. C’est fort im­pres­sion­nant. » Star Aca­dé­mie se­ra leur seul en­ga­ge­ment. Même le pro­jet de film

sur Ma­ria Callas avec la pro­duc­trice De­nise Ro­bert est re­mis à plus tard.

« On parle d’au moins un an et de­mi de re­pos c’est cer­tain ».

Et que di­ra-t-il aux can­di­dats qui ne se­ront pas choi­sis.

« Je lui rap­pel­le­rai qu’un jour au Ja­pon un cer­tain Bryan Adams a été ex­clu d’un grand concours et qu’ain­si, s’ils le veulent vrai­ment tout est en­core pos­sible. »

SES DÉ­CLA­RA­TIONS

Re­né An­ge­lil sait fort bien que ses ré­centes dé­cla­ra­tions au su­jet du Bye Bye ont eu l’ef­fet d’une bombe chez nous. Il ne re­grette ab­so­lu­ment rien. « Le pu­blic est to­ta­le­ment der­rière moi. À mes yeux un di­rec­teur de pro­gramme doit être un lea­der, c’est clair pour moi que dans ce cas-ci le tra­vail n’a pas été fait. On ne parle plus de libre ex­pres­sion, mais de libre dif­fa­ma­tion. Pour moi, c’est in­to­lé­rable ».

En­fin, quand l’im­pre­sa­rio ve­dette a dit oui à Star Aca­dé­mie, il a dit oui à la re­lève.

« Si seule­ment je peux leur trans­mettre un peu de ma pas­sion, j’au­rai at­teint mon but. » √ Le pre­mier gala de Star Aca­dé­mie demain soir à 19h30 à TVA.

PHOTO LE JOUR­NAL

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