Les pe­tits se­crets des Os­cars

HOL­LY­WOOD — Si on met de cô­té les films qui ont été sno­bés, il se cache der­rière les no­mi­na­tions pour un Os­car de nom­breuses pe­tites his­toires se­con­daires et fas­ci­nantes telles que...

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND -

LES OS­CARS ET LES NONNES

On fait beau­coup de cas de la quin­zième no­mi­na­tion de Me­ryl Streep comme meilleure ac­trice de l’an­née (dans Doute), un re­cord dif­fi­cile à battre. Mais la vraie his­toire, c’est que jouer le rôle d’une soeur re­li­gieuse peut créer des ha­bi­tudes, du moins en ce qui concerne les no­mi­na­tions pour un Os­car.

Il suf­fit de de­man­der à Ju­lie An­drews ( La mé­lo­die du bon­heur), In­grid Berg­man ( Les cloches de Sainte-Marie), Au­drey Hep­burn ( Au risque de se perdre), Anne Ban­croft ( Agnès de Dieu) et à toutes les autres ac­trices qui ont dé­cou­vert que rien n’at­tire plus un Os­car qu’un rôle de re­li­gieuse.

Au cours des 65 der­nières an­nées, une dou­zaine de per­for­mances dans ce genre de rôle ont dé­bou­ché sur une no­mi­na­tion pour un Os­car. La per­for­mance de Jennifer Jones dans Le chant de Ber­na­dette en 1943 lui a va­lu un Os­car. Su­san Sa­ran­don mé­ri­tait éga­le­ment des éloges pour son rôle de soeur He­len Pre­jean dans La der­nière marche.

UN CHAR­MANT AC­CENT BRI­TAN­NIQUE

Les Os­cars ne peuvent éga­le­ment ré­sis­ter à l’ac­cent bri­tan­nique. Lors­qu’il s’agit de ré­com­penses pour le meilleur film, l’in­to­na­tion de David Frost dans Frost/Nixon semble être la règle plu­tôt que l’ex­cep­tion. L’exa­men des ac­teurs en lice pour un Os­car au cours des dix der­nières an­nées est très ré­vé­la­teur.

À l’ex­cep­tion des édi­tions 2000 et 2006, l’ac­cent bri­tan­nique de la Reine était à l’hon­neur dans toutes les autres courses pour le meilleur film : Sa Ma­jes­té la Reine, Ex­pia­tion, Voyage au pays ima­gi­naire, The Hours, Le sei­gneur des anneaux, Gos­ford Park et Eli­za­beth.

Dans ce contexte, si le cham­pion en cape noire s’ex­pri­mait dans la langue na­tale gal­loise de Ch­ris­tian Bale, Le chevalier noir au­rait eu droit à plus de res­pect de la part des Os­cars.

WAR­NER BROS. : UN REN­DEZ-VOUS RA­TÉ

Le stu­dio War­ner Bros. tente de com­prendre ce qui s’est pas­sé. Alors que le stu­dio a fait cam­pagne pour faire triom­pher aux Os­cars Le chevalier noir et le film très en vue de Clint East­wood, Gran To­ri­no, ces deux longs-mé­trages ne re­çoivent pas les no­mi­na­tions es­comp­tées.

Mais ce n’est pas la seule dé­cep­tion. Sans vou­loir tour­ner le cou­teau dans la plaie, War­ner Bros. au­rait pu au moins se tar­guer d’avoir pro­duit un film à suc­cès comme Slum­dog Mil­lio­naire. À l’ori­gine, ce film avait été ac­quis par sa di­vi­sion de films spé­cia­li­sés, War­ner In­de­pendent Pictures. Quelque 5 mil­lions $ avaient été ver­sés pour ac­qué­rir les droits de distribution en Amé­rique. Sauf que cette di­vi­sion, qui s’est at­ti­ré des éloges en pro­dui­sant La Marche de l’em­pe­reur, avait de la dif­fi­cul­té à trou­ver un sui­vi à ce film qui se­rait ren­table.

À un cer­tain mo­ment don­né, War­ner Bros. avait flir­té avec l’idée de pro­duire Slum­dog Mil­lio­naire lui-même, mais puisque son ca­hier de nou­velles sor­ties de films était plein, il le don­na à Fox Sear­chlight.

Fox ac­cep­ta la for­mule 50/50, c’est-à-dire ab­sor­ber les coûts de com­mer­cia­li­sa­tion et de distribution et par­ta­ger les bé­né­fices. S’il avait été pos­sible de son­der le pouls de l’au­di­toire, War­ner Bros. au­rait pro­ba­ble­ment ré­agi dif­fé­rem­ment.

Me­ryl Streep est en­core une fois no­mi­née aux Os­cars. Frost/Nixon concourt dans la ca­té­go­rie du meilleur film. Le chevalier noir, avec le Jo­cker joué par Heath Led­ger.

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