CLIVE OWEN L’AN­TI-007

LOS ANGELES - Ve­dette de ci­né­ma à contre­coeur. Cette ap­pel­la­tion va à mer­veille à Clive Owen. Il ne re­grette pas d’avoir re­fu­sé le rôle de James Bond, un rôle qui se­ra confié par la suite à Da­niel Craig. Et, au­jourd’hui, Owen est l’ac­teur prin­ci­pal de L’e

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Sun Me­dia

RÉA­LISME

Owen, 46 ans, fait tour­ner la tête des femmes lors­qu’il est bien mis. Dans L’en­quête, tou­te­fois, il n’est pas ra­sé; il est éche­ve­lé et un brin fou. « Ce­la le rend tel­le­ment hu­main, avance Nao­mi Watts qui par­tage la ve­dette dans ce film. On peut s’iden­ti­fier da­van­tage au per­son­nage si ce­lui-ci n’est pas trop su­per­fi­ciel. » Et ,en plus, sa mas­cu­li­ni­té est in­tacte, ajoute-t-elle.

À l’oc­ca­sion de cette en­tre­vue, Clive est ha­billé de vê­te­ments noirs grif­fés Ar­ma­ni. C’est tout un contraste avec son look à l’écran.

« Il n’y a pas de va­ni­té ici, pré­cise Owen. Ma te­nue dans le film était im­por­tante parce que le per­son­nage que je joue n’a pas le temps de ré­flé­chir à son ap­pa­rence. »

Owen joue le rôle d’un en­quê­teur d’In­ter­pol ob­sé­dé et in­stable sur le plan émo­tif qui fait équipe avec Watts. Ils pour­chassent un in­fâme groupe de ban­quiers cor­rom­pus qui baigne dans une af­faire de tra­fic d’armes en com­pli­ci­té avec des ter­ro­ristes.

Le rôle de Clive Owen consiste à ajou­ter une bonne dose de réa­lisme à ce thril­ler pa­ra­no d’Hol­ly­wood. Comme preuve, Owen cite l’exemple d’une scène d’ac­tion, le joyau du film : une fu­sillade san­glante qui dé­truit le cé­lèbre mu­sée d’art Gug­gen­heim de New

UN AC­TEUR LIBRE

Né et éle­vé en Grande-Bretagne, où il a en­core de la fa­mille, Owen a pré­fé­ré dire non lors­qu’on lui a pro­po­sé de suc­cé­der à Pierce Bros­nan à titre de nou­veau James Bond. C’est clair, il n’a ja­mais sé­rieu­se­ment son­gé à in­car­ner l’agent 007.

« J’ai tou­jours vou­lu gar­der mes op­tions ou­vertes et va­riées au­tant que pos­sible », sou­ligne Clive Owen.

L’ac­teur, en ef­fet, a tou­jours vou­lu avoir la li­ber­té de choi­sir les rôles qu’il vou­lait. « Dès un très tendre âge, c’était mon truc. J’ai lais­sé tom­ber la té­lé aux heures de grande écoute (où il a fait ses dé­buts), parce que je crai­gnais de jouer in­dé­fi­ni­ment dans des émis­sions aux heures de grande écoute et de tou­jours jouer le même genre de rôle. »

Outre la sé­rie Bond, il a aus­si dit non à d’autres offres. « À di­vers mo­ments tout au long de ma car­rière, j’ai aus­si re­fu­sé des oc­ca­sions en or afin de pou­voir faire autre chose, rap­pelle Owen, sans en­trer dans les dé­tails. Je vou­lais tout sim­ple­ment gar­der mes op­tions ou­vertes. Je suis aus­si for­mé au théâtre. C’est plus amu­sant lorsque c’est va­rié. »

« Il faut vrai­ment en avoir en­vie si on veut sau­ter d’un film à un autre. D’abord, ce­la ne nous laisse pas suf­fi­sam­ment de temps pour bien se pré­pa­rer et deuxiè­me­ment, on de­vient fa­ti­gué et ça, ce n’est pas bon. »

« Le rythme que j’ai te­nu au cours des deux der­nières an­nées m’a per­mis d’avoir des pauses ac­cep­tables, de par­ler de pro­jets, de me pré­pa­rer et d’être dans la bonne zone. » York qui, par après, se­ra ju­ché de corps.

« Oui, je pour­rais jouer le gars cool, dit-il… Mais à mon avis, qui­conque se­rait pris dans une telle si­tua­tion se­rait pa­ra­ly­sé par la peur. Je veux plon­ger les gens dans l’hor­reur de cette scène. Je veux que les gens res­sentent ce qu’on res­sen­ti­rait s’ils étaient plon­gés dans cette si­tua­tion ex­plo­sive et in­croya­ble­ment vio­lente. »

Mis­sion accomplie. C’est tout un contraste par rap­port à ce que 007 au­rait fait dans ce même contexte, même avec la sub­stance que Craig amène au rôle. Bond est suave et ses films sont as­tu­cieux. Owen ap­porte autre chose.

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