Échec amou­reux

Film écrit et réa­li­sé par Sté­phane Ka­zan­di­jan: Avec Alexan­dra La­my, Sté­phane Rousseau, Bé­ré­nice Be­jo. Main­te­nant à l’af­fiche.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Pierre O. Nadeau Le Jour­nal de Qué­bec

Le titre an­non­çait pour­tant quelque chose de pro­met­teur dans le trai­te­ment du jeu com­plexe des re­la­tions hommes-femmes dans une ap­proche contem­po­raine. L’idée était pro­pice à une dé­marche in­no­va­trice; mais il n’en est rien — ou presque — et le spec­ta­teur reste sur son faim. Car voi­là un film qui ne brille pas par son au­dace! Même les ama­teurs de co­mé­dies ro­man­tiques à l’eau de rose y trouvent dif­fi­ci­le­ment leur compte dans cet abra­ca­da­brant chas­sé-croi­sé d’in­trigues amou­reuses, qui n’ar­rive même pas à tou­cher un coeur sen­sible.

C’est une his­toire de rêves, de re­trou­vailles, de rup­tures et de ren­contres. On se re­trouve en pré­sence de trois couples, qui es­saient, cha­cun à sa fa­çon, d’at­teindre le bon­heur à deux. Sté­phane Rousseau in­carne un homme d’af­faires beau et riche, qui joue au prince char­mant au­près de celle qu’il convoite. Pen­dant ce temps, la toute aus­si sé­dui­sante El­sa, in­car­née par l’Ar­gen­tine Bé­ré­nice Be­jo, exas­pé­rée par une suc­ces­sion de ren­contres non concluantes, trou­ve­ra fi­na­le­ment l’homme par­fait en un... gai qui suc­com­be­ra fi­na­le­ment à ce charme ir­ré­sis­tible. Au même mo­ment, une autre femme dans la tren­taine ne sait pas ce qui l’at­tend lorsque, de­vant l’im­puis­sance de son nou­vel amou­reux, elle de­man­de­ra à son ex de par­ti­ci­per au pro­ces­sus de pro­créa­tion...

CIBLE RA­TÉE

Tout ce mé­li-mé­lo dans ce mi­cro­cosme pa­ri­sien au­rait dû fi­na­le­ment en­gen­drer un re­je­ton amu­sant, mais ce n’est pas le cas. Le réa­li­sa­teur a vou­lu tour­ner en dé­ri­sion le flot de cli­chés qui dé­ferle de­puis quelques an­nées sur le ci­né­ma fran­çais, mais rate sa cible en s’en­li­sant lui-même dans cet uni­vers du kitsch et de la fa­ci­li­té d’une miel­leuse co­mé­die ro­man­tique. Le mou­ve­ment dé­jà terne et lent se­ra fon­ciè­re­ment ra­len­ti par des in­ter­ven­tions... chan­tées qui viennent anéan­tir l’in­té­rêt du spec­ta­teur bien in­ten­tion­né. Des chan­sons na­vrantes, col­por­tant des textes car­ré­ment in­si­gni­fiants, sont in­ter­pré­tées de fa­çon peu convain­cante par Sté­phane Rousseau et Alexan­dra La­my. Le Qué­bé­cois, à la gueule d’un jeune Alain De­lon, af­fu­blé d’un ac­cent fran­çais poin­tu, nous a pour­tant dé­jà dé­mon­tré qu’il pou­vait chan­ter mieux que ça...

On le voit même ga­lo­per sur un beau che­val blanc dans une scène to­ta­le­ment far­fe­lue. En­fin, le réa­li­sa­teur a échoué dans sa ten­ta­tive de re­le­ver son dis­cours de l’en­ca­dre­ment « film dans le film », une idée in­té­res­sante mal ex­ploi­tée.

PHOTOS COUR­TOI­SIE

1. Sté­phane Rousseau se trans­forme en prince char­mant au­près d’Alexan­dra La­my, qui lui sert la ré­plique par­lée et chan­tée. 2. Le réa­li­sa­teur rate sa cible en s’en­li­sant lui-même dans cet uni­vers du kitsch et de la fa­ci­li­té d’une miel­leuse co­mé­die ro­man­tique. 3. Un film cou­su d’émo­tion qui n’ar­rive pour­tant pas à nous tou­cher..

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