Des hommes au poil

De­puis l’An­ti­qui­té, la barbe est sy­no­nyme de ma­tu­ri­té et de sa­gesse tan­dis que la mous­tache est sym­bole de vi­ri­li­té. Après la pé­riode de l’épilation to­tale, voi­ci que le poil fait un re­tour re­mar­qué.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND -

Signe de vi­ri­li­té, les hommes portent fiè­re­ment mous­taches et barbes, mais il ne s’agit plus sim­ple­ment de lais­ser pous­ser les poils, il faut les tra­vailler… leur don­ner du style !

Le dan­dy mo­derne prend soin de son al­lure et de ses poils, les taillant chaque jour au mil­li­mètre près. En ef­fet, la mous­tache 2009 doit être fine et pré­cise pour dé­fi­nir le sou­rire. Pen­sez plu­tôt John Gal­lia­no. Et que dire de la barbe de trois jours… elle est ex­trê­me­ment sexy. Pen­sez George Cloo­ney, Jude Law et John­ny Depp. Il ne faut pas lais­ser la na­ture suivre son cours, il faut la tailler.

VIVE LE MÂLE

L’homme mé­tro­sexuel et l’über­sexuel sont bel et bien morts, vive la tes­to­sté­rone, les muscles et le poil. À l’écran, les nou­veaux hommes sont mâles. Hol­ly­wood les pro­duit en sé­rie : Ch­ris­tian Bale dans Le Chevalier noir, Da­niel Craig dans Quan­tum of Solace, Mark Wal­berg dans Max Payne, Ben Stiller dans Ton­nerre sous les tro­piques, Ja­vier Bar­dem dans Vi­cky Cris­ti­na Bar­ce­lo­na, Leo­nar­do Di Ca­prio et Rus­sel Crowe dans Gla­dia­teur.

En pé­riode de crise, on veut être ras­su­ré, exit les éphèbes im­berbes qui font place aux hé­ros vi­rils. L’ère du re­gen­de­ring est ar­ri­vée : on re­dé­fi­nit les genres, les hommes res­semblent à des hommes et les femmes à des femmes. Un re­tour aux va­leurs tra­di­tion­nelles pour af­fron­ter les in­quié­tudes éco­no­miques. Une ten­dance qui prend de l’am­pleur aux États-Unis. Les hommes d’af­faires qui perdent leur em­ploi en pro­fitent pour aban­don­ner le ra­soir quelque temps et pro­fi­ter de cette pé­riode de li­ber­té. Al Gore avait fait de même en 2000 lors­qu’il a per­du la pré­si­den­tielle amé­ri­caine. Il ar­bo­rait une barbe en route vers son Prix No­bel de la paix.

La barbe et la mous­tache sont au­jourd’hui consi­dé­rées comme des ac­ces­soires mas­cu­lins, que l’on porte et que l’on change au gré de nos en­vies. Des atouts de sé­duc­tion et de dis­tinc­tion.

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