MA­CABRES RE­TROU­VAILLES

Si Pa­trick Huard re­trouve Syl­vie Bou­cher, sa Nan­cy de Taxi 0-22, dans Ca­davres, der­nier long mé­trage d’Erik Ca­nuel, aus­si bien le dire tout de suite, l’uni­vers est to­ta­le­ment dif­fé­rent, mais alors là TO­TA­LE­MENT!

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - De­nise Mar­tel Le Jour­nal de Qué­bec

« L’uni­vers du film est glauque et sale. La dif­fé­rence est as­sez éton­nante. Ca­davres ne se com­pare à rien d’autre. Ceux qui l’ont vu jus­qu’à main­te­nant n’ar­rêtent pas de cher­cher des films com­pa­rables. On est ren­dus à sept ou huit, mais il n’y a rien qui fait. Ce­la dit, il y a quelque chose de par­ti­cu­lier dans l’es­thé­tique du film : le dé­cor est af­freux,

De toute fa­çon, le film, qui pren­dra l’af­fiche en salles le 20 fé­vrier, ne se com­pare à au­cun autre film tour­né au Qué­bec à notre connais­sance et est dif­fi­ci­le­ment com­pa­rable à quelque autre film que ce soit... Quant à Syl­vie Bou­cher, pré­ci­sons qu’elle in­carne cette fois la mère et non la blonde de Raymond (Huard). Elle ne fait pas vieux os si on peut dire.

L’his­toire se passe un soir d’Hal­lo­ween, alors que So­lange (Syl­vie Bou­cher) meurt brus­que­ment. Un peu désem­pa­ré, Raymond ap­pelle sa soeur An­gèle (Ju­lie Le Bre­ton) qu’il n’a pas vue de­puis dix ans. Contre toute at­tente, elle le re­joint et, im­pré­gnée du rôle de com­mis­saire qu’elle joue dans une sé­rie té­lé de pa­co­tille, elle tente de com­prendre ce qui s’est pas­sé. Son re­tour ne laisse per­sonne in­dif­fé­rent, à com­men­cer par son frère qui se voit cu­rieu­se­ment for­cé d’en­ter­rer les ca­davres qui lui tombent des­sus au sous-sol.

« C’était ef­fec­ti­ve­ment as­sez dif­fé­rent de se re­trou­ver sur le pla­teau de Ca­davres, on a tel­le­ment ri avec ça. C’était un peu weird », lance Pa­trick Huard à l’autre bout du fil, dans un bis­tro mon­tréa­lais où se dé­roule une ronde d’en­tre­vues.

GLAUQUE ET SALE

mais les images sont vrai­ment belles », in­siste le co­mé­dien.

En ce qui le concerne, Pa­trick Huard re­con­naît n’avoir eu au­cun pro­blème avec la mai­son et son uni­vers sor­dide. « C’était fa­cile pour moi, parce que c’était co­hé­rent avec mon per­son­nage qui n’est pas très propre sur sa per­sonne... Ce qui m’éton­nait le plus, par contre, c’étaient les autres per­son­nages. Ils sont tel­le­ment ty­pés, ça frôle la BD. Tu te dis que ça se peut pas! »

THÈMES TA­BOUS

Tout est en de­mi-tons, à che­val entre deux af­faires. Ça rend le film drô­le­ment in­té­res­sant. Il faut dire que Ca­davres joue dans des thèmes ta­bous, ça fait par­tie du ma­laise », pour­suit l’ac­teur. Il ajoute du même souffle que ce n’était pas né­ces­sai­re­ment évident au dé­part de s’im­mis­cer dans la peau de Raymond.

« Tout se passe à l’in­té­rieur, ce n’est pas un ex­tra­ver­ti. Il n’a pas non plus l’éner­gie phy­sique que j’ai l’ha­bi­tude d’avoir. On a tous un cô­té plus sombre, dé­cro­cheur. Raymond est sar­cas­tique et désa­bu­sé. C’est un état constant du per­son­nage. La vie passe au­tour de lui, ça ne l’in­té­resse pas. Il n’a pas le goût d’em­bar­quer. Il vire une grosse brosse le 1er du mois et, après, il at­tend que le temps passe.

« Mal­gré tout, c’est un gars in­tel­li­gent, mais il ne faut pas que ça pa­raisse. Il est ca­pable de ma­ni­pu­ler. D’ailleurs, avec le po­li­cier (Ch­ris­tian Bé­gin), il ne se gêne pas pour l’en­fi­roua­per, il le trouve co­lon. Il ne veut pas que rien dé­passe, il ne veut pas de trouble. Par contre, pour la scène de la fin (que nous ne dé­voi­le­rons pas), je l’ai jouée comme un pe­tit gars de 12 ans, to­ta­le­ment im­ma­ture... » ajoute Huard. qui, dans mon en­vi­ron­ne­ment, je pour­rais tom­ber en amour et que ça ne soit vrai­ment pas pos­sible, pour ten­ter d’ima­gi­ner les émo­tions qui jailli­raient en moi... Je me suis tel­le­ment at­ta­ché au per­son­nage, que quand je pense à la fin du film, les larmes me montent aux yeux. Je trouve ça pa­thé­tique, bou­le­ver­sant», confie Pa­trick Huard.

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