DES CON­FES­SIONS DÉ­CE­VANTES

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Sun Me­dia

Même si chaque per­sonne en Amé­rique du Nord n’était pas morte d’in­quié­tude à l’heure ac­tuelle à pro­pos de sa sé­cu­ri­té d’em­ploi et de ses re­ve­nus, Con­fes­sions d’une accro du shop­ping se­rait un film ab­surde.

L’in­trigue de ces Con­fes­sions semble se dé­rou­ler dans un New-York où vivent des per­son­nages de co­mé­die de si­tua­tion, où tout le monde a un grand ap­par­te­ment et des pa­trons ado­rables, qui créent des em­plois comme chro­ni­queur, sim­ple­ment parce qu’ils aiment votre cran. La bonne sur­prise de ce film, c’est que Is­la Fi­sher, dont les dons de co­mique na­tu­relle n’avaient pas été ap­pré­ciés à leur juste va­leur jus­qu’à main­te­nant, est une ex­perte lorsque vient le temps d’évo­luer dans un monde ab­surde.

Avec un aplomb in­cons­cient, Fi­sher se ré­clame de cet ar­ché­type hol­ly­woo­dien, connu sous le nom de l’écer­ve­lée. Elle se trans­forme en une sorte de bou­let de dé­mo­li­tion dans une co­mé­die fré­né­tique qui cache gé­né­ra­le­ment bien ses im­per­fec­tions en nous te­nant à bout de souffle.

Lorsque nous fai­sons connais­sance avec le per­son­nage prin­ci­pal du film, Re­bec­ca Bloom­wood, celle-ci est dans un pé­trin dont elle seule a le se­cret. Elle a une dette de 16 000 $ sur sa carte de crédit et elle est pour­sui­vie par un agent de re­cou­vre­ment (Ro­bert Stan­ton) qui a l’achar­ne­ment d’un pit­bull.

La so­lu­tion à tous les pro­blèmes de Re­bec­ca est de se trou­ver, par la simple force de sa vo­lon­té, un em­ploi de rêve dans un ma­ga­zine de mode sem­blable au Vogue, et di­ri­gé par une édi­trice fran­çaise jouée par Kris­ten Scott Tho­mas.

Bien en­ten­du, Re­bec­ca se fait vo­ler son em­ploi de rêve dans cette im­pro- bable co­mé­die ro­man­tique et elle abou­tit là où elle n’est iro­ni­que­ment pas du tout qua­li­fiée, c’est-à-dire en train de don­ner des conseils fi­nan­ciers per­son­nels dans une chro­nique pour un ma­ga­zine d’af­faires pu­blié dans le même édi­fice. Tout ce­la grâce au char­mant éditeur Luke (Hugh Dan­cy), qui in­ter­prête mal l’en­thou­siasme conta­gieux de Re­bec­ca.

MO­MENTS DRÔLES

C’est ain­si que Con­fes­sions de­vient une co­mé­die. Re­bec­ca, qui échappe à l’agent de re­cou­vre­ment, fait preuve d’une igno­rance ab­so­lue à pro­pos de tout ce qui concerne le monde des af­faires et qui fait preuve d’hy­po­cri­sie alors qu’elle de­vient une cé­lé­bri­té mé­dia­tique.

Quelques mo­ments du film sont vrai­ment drôles : lorsque Fi­sher est lais­sée à elle-même, que ce soit en dan­sant le tan­go avec Luke lors d’un voyage d’af­faires ou lors d’une vente qui tourne à l’émeute.

PHOTO LE JOUR­NAL

Is­la Fi­sher in­carne à la per­fec­tion Re­bec­ca Bloom­wood.

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