His­toire de fa­mille

c’est un pro­jet vrai­ment spé­cial ins­pi­ré d’une his­toire que je ra­con­tais à mes deux gar­çons quand ils étaient tout pe­tits. Alexis a au­jourd’hui 32 ans et Re­naud, 28 », dit Yves Beau­che­min, de pas­sage à Qué­bec, cette se­maine, pour la sor­tie de son nou­veau

Le Journal de Montreal - Weekend - - LIVRES - De­nise Mar­tel

« Ça fai­sait long­temps qu’Alexis me di­sait que je de­vrais écrire Re­nard bleu, mais je ne sa­vais trop. Ça fait par­tie du folk­lore fa­mi­lial de­puis 25 ans...

« Après la pu­bli­ca­tion de Charles le té­mé­raire — quelque 1 500 pages en trois tomes — j’avais le goût d’écrire quelque chose de plus lé­ger. Je me suis dé­ci­dé à en par­ler à mon éditeur. Je pen­sais à une sé­rie Re­nard bleu pour en­fants, mais l’en­thou­siasme n’y était pas tout à fait. Il man­quait un pe­tit quelque chose », dit le sym­pa­thique au­teur.

« Mon éditeur avait aus­si des ré­serves sur le ro­man jeu­nesse et, à ma grande sur­prise, il m’a pro­po­sé d’en faire un ro­man grand pu­blic. “ Tu l’écris pour toi, pour ton plai­sir... “, m’a-t-il dit. Là, j’avais un dé­fi, parce que je n’avais ja­mais fait ça. C’est comme ça que de pe­tits épi­sodes de 10 à 15 mi­nutes ra­con­tés à l’époque, Re­nard bleu est de­ve­nu un ro­man grand pu­blic de 376 pages, bien an­cré dans notre monde d’au­jourd’hui?», dit Yves Beau­che­min.

Du coup, il pré­cise que l’his­toire, qui dé­bute en 2001, a bien sûr beau­coup évo- lué. « La base re­pose tou­jours sur la fan­tai­sie et l’ima­gi­naire, mais l’ap­proche est réa­liste. D’ailleurs, les per­son­nages dans le livre existent ou ont dé­jà exis­té. Par exemple, Mme Des­jar­dins était notre voi­sine au cha­let que nous avons loué pen­dant trois ans à En­tre­lacs, dans La­nau­dière, là où dé­marre l’in­trigue. »

INI­TIA­TIQUE

Bien que la trame du ro­man soit fan­tas­tique — ce n’est pas tous les jours après tout qu’on voit des ani­maux par­ler et se com­por­ter comme des hu­mains — Yves Beau­che­min sou­tient que Re­nard bleu est un ro­man ini­tia­tique. « On y parle de sé­gré­ga­tion, de re­cherches scien­ti­fiques, d’ap­pren­tis­sage... Re­nard bleu se pro­mène dans la so­cié­té et fait connais­sance, entre autres, avec le monde des af­faires, les com­mer­çants...

« Cer­tains évé­ne­ments l’amè­ne­ront à Mon­tréal, à Qué­bec, où il ira au mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion, rue de la Che­vro­tière, et même ren­con­trer le pre­mier mi­nistre, un blond fri­sé... Il se ren­dra aus­si à King­ston, aux États-Unis », ajoute l’au­teur avec un sou­rire au coin des lèvres.

Avant de se lan­cer dans l’aven­ture, l’écri­vain af­firme avoir lu ou re­lu plu­sieurs ro­mans fan­tas­tiques, comme Har- ry Pot­ter, L’île aux tré­sors, Alice au pays des mer­veilles pour se rendre compte que tous ces ou­vrages com­portent plu­sieurs ni­veaux de lec­ture.

« À par­tir de là, je me suis dit : bon main­te­nant, il faut que tu fasse du Beau­che­min. J’ai beau­coup tra­vaillé en col­la­bo­ra­tion avec mon éditeur et il m’a fal­lu l’équi­valent de deux ans à temps com­plet pour écrire Re­nard bleu. Il faut dire que je suis très exi­geant quand j’écris. Mon but est la flui­di­té dans les phrases, la clar­té, sans oublier l’émo­tion.

« Il faut que j’aie du plai­sir à écrire et que ce plai­sir soit par­ta­gé avec le lec­teur par la suite », dit en ter­mi­nant l’au­teur.

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