RÉ­MY GIRARD RE­TOUR AUX SOURCES

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

Ré­my Girard est re­tour­né aux sources dans sa ré­gion pour Le bon­heur de Pierre. Et, il a pro­fi­té de cha­cune des mi­nutes de ce tour­nage.

Quant à sa ren­contre avec Pierre Ri­chard, le monstre sa­cré du ci­né­ma fran­çais. Il avoue que les deux se sont beau­coup amu­sés.

« Lui, il aime le froid plus que moi », confie Ré­my Girard, qui rap­pelle le peu de tour­nage de film d’hi­ver chez nous.

« Ro­bert Ménard avec qui j’avais tour­né Amou­reux fou a fait un tra­vail for­mi­dable. Il a su créer par­fai­te­ment un es­prit de gang. Ce fut un tour­nage rem­pli de cha­leur ». La co­mé­die, Ré­my Girard avoue trou­ver ce­la fort dif­fi­cile. « Faire rire est d’une grande com­plexi­té. Pierre Ri­chard est un grand co­mique et sa cé­lé­bri­té ne fait pas obs­tacle à sa gen­tillesse. Nous avons fait un team pour faire la meilleure co­mé­die pos­sible. À 75 ans, avoir un tel dy­na­misme, une telle joie de vivre, je veux dé­fi­ni­ti­ve­ment être comme lui à son âge » di­ra sur un ton ad­mi­ra­tif l’ac­teur le plus pro­li­fique du Qué­bec.

Car à ne pas en dou­ter, Ré­my Girard tourne et tourne en­core. Et il en re­de­mande, car c’est sur un pla­teau de tour­nage qu’il est le plus heu­reux.

Il tour­ne­ra bien­tôt avec Denis Ville­neuve, l’adap­ta­tion de la pièce In­cen­dies de la pièce de Wa­j­di Moua­wad. Et il at­tend l’ac­cord de fi­nan­ce­ment pour une sé­rie à CBC la B-team sur les agents se­crets ca­na­diens.

Le bon­heur de Pierre a été tour­né grâce à une col­la­bo­ra­tion du sec­teur pri­vé et à l’au­dace des pro­duc­teurs Guy Bon­nier et Claude Bo­nin.

Ré­my Girard sort alors de ses gonds. Il n’en re­vient pas de l’at­ti­tude du gou­ver­ne­ment Har­per.

« Le fé­dé­ral est épou­van­table en terme de culture. Des villes comme Paris, New York, Berlin sont de vé­ri­tables mé­tro­poles cultu­relles. Pas nous. On ne fait pas de culture en construi­sant des es­pla­nades. Nous sommes un pays qui traite mal ses ar­tistes. La culture de­vrait être la fier­té d’un peuple. Les gens com­prennent mal le mes­sage des ar­tistes. On ne quête pas l’ar­gent ; la culture rap­porte à l’État. On le re­donne. »

Et Ré­my Girard s’em­presse d’ajou­ter « ce qui est ras­su­rant dans les gou­ver­ne­ments c’est qu’ils sont éphé­mères. »

SA­VOU­RER LA VIE

Même s’il est en co­lère contre les dé­ci­deurs d’Ottawa, l’ac­teur ve­dette ne vou­drait pas chan­ger de place pour tout l’or du monde. L’homme est heu­reux. « Ma dé­pres­sion ne dure que 5 mi­nutes le ma­tin. À 59 ans, je sa­voure chaque mo­ment avec ma blonde, mon fils et mon grand bon­heur dans mon tra­vail. Je suis un chan­ceux. »

Pierre Ri­chard et Ré­my Girard ont bel et bien ap­pri­voi­sé le bon­heur. Il a ado­ré jouer ce sale type, le maire Mi­chel Dolbec. « Il est tel­le­ment xé­no­phobe qu’il en est drôle. » En­fin, tout comme Pierre Ri­chard, il n’est pas ques­tion de re­traite pour Ré­my Girard.

« Je fais un mé­tier que j’adore et les jeunes ci­néastes veulent tour­ner avec moi. Ce mé­tier est un ca­deau » conclut-il.

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