Les mal-ai­més des Os­cars

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - Sun Me­dia

Hol­ly­wood res­semble à une grande école et les Os­cars sont l’équi­valent d’un bal de fin d’an­née. C’est la soi­rée du prince et de la prin­cesse. Des li­mou­sines aus­si. Des ques­tions éga­le­ment : qui au­ra le meilleur af­ter-par­ty ?

Les jeunes ac­teurs à la mode sont les plus beaux et les plus po­pu­laires, mais comme dans n’im­porte quelle école, il y a aus­si de la place pour les ath­lètes, les nerds, les ar­tistes, les émo­tifs, les gars or­di­naires et les me­neuses de claques. Et les souffre-dou­leurs.

Chaque an­née aux Os­cars, quel­qu’un est pu­ni. Il y a tou­jours des af­fronts et des er­reurs sur la liste des no­mi­nés, mais il y a aus­si des gens qui sont mis en no­mi­na­tion et qui sont en­suite os­tra­ci­sés pour quelque mé­fait, réel ou ima­gi­naire.

Ed­die Mur­phy, par exemple, a été bou­dé par les Os­cars il y a deux ans lorsque la sta­tuette du meilleur ac­teur de se­cond rôle pour le film Dream­girls avait sem­blé être une cer­ti­tude. Il a rem­por­té un Gol­den Globe et plu- sieurs autres ré­com­penses pour son in­ter­pré­ta­tion du chan­teur James « Thun­der » Ear­ly dans ce film, et il n’y avait au­cune rai­son de pen­ser qu’il ne ga­gne­rait pas aus­si un prix de l’Aca­dé­mie. Mais dès que Nor­bit a pris l’af­fiche dans les ci­né­mas, la cause d’Ed­dy Mur­phy a sem­blé per­due. Plu­sieurs ont pré­dit que la co­mé­die ra­ciste et sexiste of­fus­que­rait les élec­teurs de l’Aca­dé­mie, ou leur rap­pel­le­rait peut-être que Mur­phy avait eu des dé­mê­lés avec les prix de l’Aca­dé­mie – en ac­cu­sant la soi­rée de 1988 de ra­ciste. C’était vrai, mais qui veut en­tendre la vé­ri­té ?

Il y a d’autres exemples de per­sonnes ban­nies des Os­cars. Mar­tin Scor­cese a ain­si at­ten­du une éter­ni­té avant de rem­por­ter un Os­car, peut-être parce qu’il ne fai­sait pas par­tie des classes di­ri­geantes de la côte ouest. Ju­lianne Moore n’a ja­mais ga­gné un Os­car, même si elle a du ta­lent à re­vendre et a ob­te­nu quatre no­mi­na­tions. Elle est bien sûr in­tel­li­gente et a son franc-par­ler au plan po­li­tique, ce qui consti­tue un ana­thème à Hol­ly­wood. Une in­tel­li­gence moyenne et un franc-par­ler po­li­tique sont une com­bi­nai­son ac­cep­table tou­te­fois, comme l’a dé­mon­tré Sean Penn. C’est l’in­tel­li­gence qui est mal vue.

ROURKE RE­JE­TÉ

Cette an­née, le bouc émis­saire des Os­cars semble être Mi­ckey Rourke, dont le re­tour dans Le Lut­teur en a fait le can­di­dat idéal pour toutes les ré­com­penses en­vi­sa­geables. Il se dé­brouillait bien en étoile montante mo­deste et re­con­nais­sante en­vers Le Lut­teur, mais les choses ont chan­gé au cours des der­nières se­maines. Comme les concours de po­pu­la­ri­té à l’école, la course aux Os­cars re­quiert le même genre de ba­tailles pour la meilleure po­si­tion, de com­mé­rages ja­loux et de conflits in­ternes, et le suc­cès de Rourke semble mon­ter au nez de cer­tains. On rap­porte qu’il se que­relle avec Sean Penn et qu’il em­bête sa co­ve­dette, Evan Ra­chel Wood.

Pour­quoi toutes ces his­toires ar­rivent-elles jus­qu’à nos oreilles ? Peut-être que ce re­né­gat ex­clu ne peut rem­por­ter une vic­toire à l’école se­con­daire Hol­ly­wood, un en­droit où des types comme Tom Hanks et Brad Pitt sont au contraire des chefs de bande. J’ima­gine qu’on va en sa­voir da­van­tage ce soir.

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