UN CHEF-D’OEUVRE HORS DU CADRE

« C’est du ci­né­ma-vé­ri­té an­tiHol­ly­wood. Y a pas de ve­dettes, y a pas d’ar­ti­fices, mais c’est pro­fon­dé­ment hu­main. C’est cru, c’est dur, mais c’est vrai! Y a pas de re­cette hol­ly­woo­dienne », ex­plique Claude Cha­bot, dis­tri­bu­teur au Qué­bec du Pouilleux mil­li

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - Pierre O. Nadeau

VA­LEURS

Ce­lui-ci se dit bou­le­ver­sé au­tant par le suc­cès phé­no­mé­nal que par son scé­na­rio « tout à fait gé­nial, qui m’a pro­fon­dé­ment tou­ché ». « J’ai ra­re­ment vu un scé­na­rio aus­si bien fi­ce­lé » ajoute l’homme de ci­né­ma, per­sua­dé que le Pouilleux mil­lion­naire dé­cro­che­ra l’Os­car du meilleur film, « même si la concur­rence est forte ». Ce fai­sant, dit-il, les re­cettes ac­cu­mu­lées de près de 80 mil­lions de dol­lars pour­raient dou­bler. Cinq mois après sa sor­tie, le film conti­nue d’ac­cu­mu­ler des re­cettes de 10 mil­lions par se­maine au box-of­fice.

Mais au-de­là de toute cette ques­tion fi­nan­cière, Claude Cha­bot se ré­jouit du suc­cès du Pouilleux mil­lion­naire, du fait qu’il vé­hi­cule des va­leurs hu­maines qui échappent à l’ha­bi­tuel ca­rac­tère ar­ti­fi­ciel du ci­né­ma d’Hol­ly­wood, « qui conti­nue de croire que le suc­cès d’un film passe par l’in­con­tour­nable pré­sence de ve­dettes ».

« Et voi­là que dé­barque une pro­duc­tion in­dienne, sans tête d’af­fiche, sur la­quelle la com­pa­gnie War­ner ne vou­lait même pas mi­ser parce qu’on ju­geait que le film ne ré­pon­dait pas aux normes du ci­né­ma com­mer­cial. » Notre spé­cia­liste du ci­né­ma évoque aus­si la bou­le­ver­sante his­toire d’amour du film, qui se dé­marque du miel­leux dis­cours de films comme Ti­ta­nic. « Le film a coû­té 15 mil­lions à pro­duire; s’il avait été fait à Hol­ly­wood, il au­rait coû­té 75 mil­lions, no­tam­ment à cause des ca­chets ré­cla­més par les têtes d’af­fiche ».

SCÈNES JUS­TI­FIÉES

Les scènes de vio­lence, aus­si dures soient-elles, trouvent leur jus­ti­fi­ca­tion dans une réa­li­té à la­quelle le Nor­dA­mé­ri­cain n’est pas fa­mi­lier. « La vio­lence dans le film n’a rien de gra­tuit », ajoute Claude Cha­bot en fai­sant un rap­pro­che­ment, plus près de nous, avec le « trai­te­ment réus­si » du film Po­ly­tech­nique.

Claude Cha­bot nous ap­prend que le ci­né­ma in­dien est de­ve­nu une en­tre­prise de grande en­ver­gure, qui pro­duit 550 films par an­née. « C’est le double de ce qui se fait à Hol­ly­wood », in­siste notre homme de ci­né­ma, qui pré­sente main­te­nant Le Pouilleux mil­lion­naire dans une cin­quan­taine de salles au Qué­bec.

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