SE MOUILLER POUR JOUER

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - De­nise Mar­tel Jour­nal de Qué­bec

« Jouer dans Ca­davres, c’est une mise à nue tant au plan émo­tif que phy­sique. C’est comme plon­ger dans une ri­vière gla­cée en jan­vier, ça fait mal et ça fait du bien en même temps. C’est très sti­mu­lant », as­sure Ju­lie Le Bre­ton, l’in­ter­prète d’An­gèle dans le der­nier film d’Érik Ca­nuel, sor­ti en salles hier.

De pas­sage à Qué­bec cette se­maine pour la pre­mière de Ca­davres, la co­mé­dienne avoue être tom­bée des nues quand elle a lu le scé­na­rio. « J’étais contente, parce que c’était quelque chose de nou­veau et de tel­le­ment dif­fé­rent de tout ce que l’on voit et lit. Je ne pen­sais ja­mais qu’un film comme ça se­rait fi­nan­cé ici... C’est le genre de su­jet que l’on voit sou­vent dans les courts mé­trages et qui né­ces­site une grande li­ber­té. »

« C’est un film très au­da­cieux, très am­bi­tieux et c’était su­per ins­pi­rant pour les ac­teurs. J’étais ex­trê­me­ment contente qu’on m’offre ce rôle-là, parce qu’un per­son­nage comme An­gèle, ça ne passe qu’une fois dans une car­rière d’ac­trice », ajoute Ju­lie Le Bre­ton en ra­con­tant avoir pré­pa­ré sa pre­mière au­di­tion sur vi­déo avec la col­la­bo­ra­tion d’amis réa­li­sa­teurs et co­mé­diens parce qu’elle ne pou­vait être pré­sente à l’au­di­tion.

« Il faut croire que ça a plu à Érik Ca­nuel, puis­qu’il m’a ap­pe­lée pour la deuxième au­di­tion, pour voir si la chi­mie fonc­tion­nait avec Pa­trick Huard. Il m’a de­man­dé de m’aban­don­ner to­ta­le­ment, avec une grande im­pu­deur, tant phy­sique qu’émo­tive. Il a vu que j’avais cette ou­ver­ture-là », pré­cise la co­mé­dienne, qui y a vu un très beau dé­fi à re­le­ver.

JEU VIS­CÉ­RAL

« J’ai es­sayé de com­prendre les mo­ti­va­tions du per­son­nage. Père ab­sent, mère dis­jonc­tée, re­la­tion trouble avec son frère... An­gèle, c’est une en­fant de trois ans dans un corps de femme. Je me suis dit qu’il fal­lait y al­ler d’ins­tinct, de fa­çon vis­cé­rale, parce qu’on ne peut pas tout ra­tio­na­li­ser. Ce n’était pas évident, parce qu’il fal­lait oublier un peu tout ce qu’on avait ap­pris. Il fal­lait être ou­vert et souple, parce qu’on n’avait pas les re­pères ha­bi­tuels.

« Il fal­lait su­bli­mer le laid, le rendre in­té­res­sant à re­gar­der. Le film fait rire de si­tua­tions dont on ne de­vrait pas et sus­cite des émo­tions contraires à celle qu’on de­vrait res­sen­tir dans des si­tua­tions sem­blables », si­gnale la co­mé­dienne. Réa­li­sé avec un bud­get de 4,7 mil­lions, elle ajoute que cha­cune des 29 jour­nées de tour­nage du film était très char­gée, mais très sti­mu­lante.

« Le per­son­nage d’An­gèle m’a beau­coup plus rem­plie que vi­dée. Je m’y suis at­ta­chée et il m’a ha­bi­tée de fa­çon saine parce que très li­bé­ra­teur. Il va tel­le­ment dans les ex­trêmes que ses ex­cès m’ont li­bé­rée de contraintes que je m’étais im­po­sées dans le mé­tier », ana­lyse la co­mé­dienne, qui en était à sa pre­mière ex­pé­rience de tour­nage avec Érik Ca­nuel.

« C’est un réa­li­sa­teur qui te donne des ailes. Il te di­rige beau­coup, mais il te laisse créer et il a une éner­gie in­croyable. Quant à Pa­trick, quand il entre quelque part, c’est une lu­mière. Il est très cha­ris­ma­tique et il a tel­le­ment d’ex­pé­rience... C’était nour­ris­sant », ter­mine l’ac­trice, qui ne peut par­ler, pour le mo­ment, de ses pro­jets puis­qu’ils sont tous en at­tente de fi­nan­ce­ment.

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