UNE CO­MÉ­DIE SANS AU­CUNE SA­VEUR

Une co­mé­die d’Ilan Du­ran Co­hen. Avec Ma­ri­na Foïs et Lo­rant Deutsch.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - De­nise Mar­tel Le Jour­nal de Qué­bec

À vi­ser trop large, on risque de ra­ter la cible. C’est à peu près ce qui ar­rive avec Le Plai­sir de chan­ter, une pré­ten­due co­mé­die d’es­pion­nage qui ra­tisse tel­le­ment grand qu’elle fi­nit par être sans sa­veur.

Heu­reu­se­ment, il y a le chant pour adou­cir les moeurs et mettre un peu de cou­leur dans le film co­écrit et réa­li­sé par Ilan Du­ran Co­hen ( LaCon­fu­siondes genres), mais on est loin, très très loin de la sa­vou­reuse pa­ro­die d’es­pion­nage que nous avait don­né OSS117 avec Jean Dujardin.

Mu­riel (Ma­ri­na Foïs) et Philippe (Lo­rant Deutsch) sont deux agents se­crets char­gés de re­trou­ver une clé USB qu’un ar­ti­san du ter­ro­risme nu­cléaire au­rait confiée à sa femme Constance (Jeanne Ba­li­bar) avant d’être as­sas­si­né.

La meilleure fa­çon d’en­trer en contact avec la veuve est de s’ins­crire aux cours de chant qu’elle suit, comme pour prou­ver à son dé­funt ma­ri qu’elle a de la voix... Évi­dem­ment, ils ne sont pas les seuls sur la piste.

PAS CRÉ­DIBLE

D’ac­cord, il ne faut sur­tout pas prendre le film au pre­mier de­gré et il est vrai que cer­tains dia­logues ne sont pas mal trou­vés, mais le grand pro­blème de ce film en est un de cré­di­bi­li­té. On n’ar­rive ja­mais à em­bar­quer tout sim­ple­ment parce que cer­tains per­son­nages et cer­taines si­tua­tions ne sont pas du tout vrai­sem­blables.

C’est le cas en par­ti­cu­lier de Mu­riel, ab­so­lu­ment pas cré­dible comme agent se­cret et en­core moins comme chef d’équipe. Ob­sé­dée par son âge et l’idée d’avoir un en­fant, elle couche avec son par­te­naire par dé­pit et, en fait, avec tout ce qui bouge, met­tant sou­vent sa mis­sion de cô­té, mais ja­mais sa ca­ra­pace dé­ta­chée de tout.

Quant à la veuve, elle ne semble pas du tout éplo­rée, mais plu­tôt être d’une naï­ve­té aber­rante, comme si elle vi­vait hors du temps. Pour­tant, elle n’est pas aus­si nu­nuche qu’elle veut bien le lais­ser croire quand vient le temps de se dé­bar­ras­ser d’un corps gê­nant avec, en plus, l’aide de Philippe.

Les per­son­nages du film semblent er­rer sans but et sans convic­tions et les cours de chant prennent pra­ti­que­ment des al­lures de thé­ra­pie de groupe. On a beau faire dans l’iro­nie, il faut qu’il y ait un mi­ni­mum de rythme et de co­hé­rence. Cu­rieux mé­lange de genres, LeP­lai­sir­de­chan­ter pa­raît sans âme, long et mo­no­tone pour ne pas dire mo­no­chrome et un tan­ti­net pré­ten­tieux.

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