Le pre­mier âge des Os­cars

Les tout pre­miers Academy Awards (la soi­rée de re­mise des Os­cars) n’ont du­ré que dix mi­nutes. À l’époque, 250 per­sonnes étaient réunies pour une soi­rée pri­vée dans une salle de danse du vé­né­rable Roo­se­velt Ho­tel sur Hol­ly­wood Bou­le­vard.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - Sun Me­dia

Même si plu­sieurs films

uniques et ar­tis­tiques ont rem­por­té

l’Os­car du meilleur film,

plu­sieurs autres n’ont même pas été consi­dé­rés.

L’art et le com­merce se sont tou­jours op­po­sés à Hol­ly­wood.

C’était il y a 80 ans, le 16 mai 1929. Les noms des ga­gnants ont été sur toutes les lèvres pen­dant trois mois. Et ce ne fut pas la sur­prise du siècle quand le film Wings de William Well­man a rem­por­té le prix du meilleur film, bat­tant The Ra­cket et Sept à la mai­son. À l’ori­gine, le prix s’ap­pe­lait « film le plus ex­cep­tion­nel ».

Il exis­tait aus­si la ca­té­go­rie du film le plus unique et ar­tis­tique. Dans cette ca­té­go­rie, le chef-d’oeuvre d’amour et de tra­hi­son de F.W. Mur­nau, L’Au­rore, avait triom­phé de La Foule et de Chang.

Le prix du film le plus unique et ar­tis­tique a été éli­mi­né - ce qui est dom­mage - quand la cé­ré­mo­nie est de­ve­nue pu­blique en 1930. On a com­men­cé à la dif­fu­ser à la ra­dio.

Même si plu­sieurs films uniques et ar­tis­tiques ont rem­por­té l’Os­car du meilleur film au cours des dé­cen­nies sui­vantes, plu­sieurs autres n’ont même pas été consi­dé­rés. L’art et le com­merce se sont tou­jours op­po­sés à Hol­ly­wood. L’in­tro­duc­tion d’un prix pour le film le plus ar­tis­tique, peu im­porte comment vous vou­lez ap­pe­ler ça, au­rait ai­dé à équi­li­brer les choses. En 1941, le ga­gnant du meilleur film au­rait pu être Ci­ti­zen Kane – sou­vent consi­dé­ré comme le meilleur film de l’his­toire du ci­né­ma amé­ri­cain –, mais c’est Qu’elle était verte ma val­lée de John Ford qui a ga­gné.

OS­CARS EN DVD

Grâce au cof­fret Mur­nau, Bor­zage and Fox main­te­nant en vente, vous avez la chance d’ex­plo­rer le mi­lieu créa­tif qui a me­né à L’Au­rore et à son suc­cès re­la­tif dans la pre­mière an­née des Os­cars.

Ce cof­fret in­clut une pa­no­plie de films muets et de vieux films avec bande so­nore réa­li­sés par deux géants de l’ère de la tran­si­tion vers les films so­nores, Mur­nau et Frank Bor­zage. Trois des titres – L’Au­rore, Sept à la mai­son et L’Ange de la rue – ont par­ta­gé entre eux cinq Os­cars (plus trois men­tions ho­no­rables) lors de la toute pre­mière cé­ré­mo­nie.

Mur­nau est re­pré­sen­té par deux films : L’Au­rore (1927) et L’In­truse (1930). Un autre de ses films (qui a été per­du de­puis), Les Quatre Diables, a été re­créé à l’écrit dans un des deux livres du cof­fret.

Mur­nau, mort tra­gi­que­ment en 1931 dans un ac­ci­dent d’au­to, a fait sa marque en Al­le­magne avec Nos­fe­ra­tu et il a trans­po­sé son ex­pres­sion­nisme à Hol­ly­wood sous la tu­telle de William Fox (dont on a conser­vé le nom dans 20th Cen­tu­ry Fox).

Par­mi les pro­té­gés de Fox, les réa­li­sa­teurs de la nou­velle gé­né­ra­tion – in­cluant John Ford, Raoul Walsh et Howard Hawks – ar­rê­taient fré­quem­ment leur pro­duc­tion de films pour ob­ser­ver Mur­nau à l’oeuvre. Iro­ni­que­ment, Ford a si bien su in­cor­po­rer le flair ar­tis­tique de Mur­nau qu’il a réa­li­sé le film qui a bat­tu Ci­ti­zen Kane.

Bor­zage, un autre pro­té­gé de Mur­nau, mé­rite aus­si d’être men­tion­né. Il est re­pré­sen­té par dix films, dont L’Au­rore et L’Ange de la rue, deux des films qui ont pro­cu­ré à Ja­net Gay­nor son pre­mier Os­car de la meilleure ac­trice.

Comme les pro­duc­teurs, les ac­teurs sont re­nom­més pour l’am­pleur de leur tra­vail, et ce tra­vail est ré­com­pen­sé dans Mur­nau, Bor­zage and Fox. C’est de l’his­toire vi­vante pour les fans des Os­cars.

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