Ré­cit com­plexe pour his­toire simple

Xa­vier Tres­vaux signe avec Les go­gols son pre­mier ro­man. Une his­toire simple à la struc­ture plu­tôt dé­cou­sue.

Le Journal de Montreal - Weekend - - LIVRES -

Il y a de ces ro­mans fluides et bien construits dans les­quels on plonge dès les pre­mières pages et il y a ceux où l’on doit pa­tien­ter jus­qu’à la page 100 avant de se lais­ser en­traî­ner dans l’his­toire. Mais il y a aus­si les ro­mans fas­ti­dieux, dif­fi­ciles d’ac­cès, dif­fi­ciles à lire. Des livres où l’on se perd par­fois et dans les­quels on ne sait trop où l’au­teur veut nous ame­ner. Cer­tains lec­teurs per­sistent et ar­rivent à les ter­mi­ner alors que d’autres re­ferment le livre après une cen­taine de pages sans plus ja­mais l’ou­vrir. Les go­gols, pre­mier ro­man de Xa­vier Tres­vaux, fait mal­heu­reu­se­ment par­tie de cette der­nière ca­té­go­rie.

L’his­toire des go­gols n’a pour­tant rien de bien com­pli­qué. On suit le nar­ra­teur, Stanislas Ber­thier. Un être dif­fi­cile à cer­ner, convain­cu que ses gènes sont pro­gram­més pour lui faire ra­ter sa vie.

« À 2 ans, j’avais fait le tour du men­songe, le tour de mon ADN, pas le tour des ca­tas­trophes. Mon mes­sie était et se­rait une catastrophe. »

Né à Ver­sailles dans une fa­mille bour­geoise, il est un en­fant re­belle et de­vient un ado­les­cent guet­té par la fo­lie. Il adhère alors à des idées d’ex­trême droite avant de re­tour­ner com­plè­te­ment sa veste et de de­ve­nir com­mu­niste. Après avoir dé­cou­vert la drogue et l’al- cool à l’uni­ver­si­té de Nantes, Stanislas se trouve un tra­vail de veilleur de nuit à l’Hô­tel de France à Paris où il cô­toie des tra­vailleurs im­mi­grés avant de se re­trou­ver der­rière les bar­reaux en 2005, à l’âge de 35 ans.

PAS DE LO­GIQUE

L’his­toire est simple certes, mais c’est plu­tôt dans la fa­çon de la ra­con­ter que l’au­teur la rend com­plexe et confuse. C’est de­puis sa pri­son que le nar­ra­teur, Stanislas Ber­thier, dé­ploie la trame de son des­tin. Il nous ra­conte tan­tôt des épi­sodes de son ado­les­cence, tan­tôt des sou­ve­nirs d’en­fance ou des mo­ments pas­sés à l’Hô­tel de France. Par­mi ses dif­fé­rents sou­ve­nirs se greffent des évé­ne­ments im­por­tants des der­nières an­nées : la « guerre » entre Chi­rac et Sar­ko­zy, les in­cen­dies de squats à Paris, l’ou­ra­gan Ka­tri­na à la Nou­velle-Or­léans, etc. Les sou­ve­nirs et les évé­ne­ments se che­vauchent sans lo­gique ap­pa­rente. L’au­teur passe du « Je » au « Il » sans que l’on ne sache trop pour­quoi. Et au­cun cha­pitre ne nous per­met de nous re­pla­cer dans le temps ou dans l’his­toire. Le livre est écrit d’une traite sans que l’on puisse re­prendre notre souffle. En somme, Les go­gols manque dé­fi­ni­ti­ve­ment de clar­té pour le com­mun des lec­teurs.

Xa­vier Tres­vaux, au­teur du ro­man Les go­gols aux édi­tions Gal­li­mard. Le livre se­ra dis­po­nible au Qué­bec à la mi-mars.

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