RES­TER SOI-MÊME

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - Agence QMI

Il a été re­fu­sé deux fois au plus im­por­tant concours de chan­son fran­co­phone au Qué­bec, mais il a ac­cep­té de cha­peau­ter l’évé­ne­ment cette an­née. Ren­contre avec Da­niel Bou­cher, un homme qui croit en la pro­pul­sion de la re­lève mu­si­cale et au rayon­ne­ment de la fran­co­pho­nie.

Q. DA­NIEL, QU’EST-CE QUE ÇA TE FAIT D’AVOIR ÉTÉ CHOI­SI POUR RE­PRÉ­SEN­TER LE FES­TI­VAL?

Je prends ça comme un hon­neur et une res­pon­sa­bi­li­té, parce que je suis pas­sé par cette étape-là, moi aus­si, il n’y a pas si long­temps. Là, on com­mence à me de­man­der de don­ner un coup de main à ceux qui veulent que ça de­vienne leur vie. J’ai eu ce coup de main à la Pe­tite-Val­lée, il y a 10 ans. Là, c’est à mon tour… à Gran­by.

Q. MAIS C’EST PAS GRAN­BY QUI T’A FAIT CONNAÎTRE…

Je me suis pré­sen­té deux fois au Fes­ti­val de la chan­son de Gran­by et j’ai été re­fu­sé. J’ai ja­mais tra­ver­sé les au­di­tions. La deuxième fois, le juge m’a dit : « Écoute Da­niel, tes textes sont com­plè­te­ment dé­pas­sés. » Il m’a re­gar­dé dans les yeux et il m’a dit : « On ne chante plus comme ça au­jourd’hui. » Alors, ce que je veux dire à ceux qui veulent que ça de­vienne leur vie, c’est : « De­viens toi-même le plus pos­sible, parce que c’est la seule fa­çon de du­rer dans ce mé­tier-là. »

Q. TON DOUBLE RE­FUS NE T’A POUR­TANT PAS EM­PÊ­CHÉ DE TE RENDRE OÙ TU ES…

Ce que j’ai vé­cu à Gran­by, ç’a été une épreuve. J’ai trou­vé ça dur, mais j’ai fait: « OK, il y en a qui vont ai­mer ça, d’autres, non. Est-ce que c’est vrai­ment ça que tu veux faire? » J’ai conti­nué. C’est im­por­tant d’être soi-même, parce que c’est la seule fa­çon d’être dif­fé­rent des autres. Gran­by, ç’a été une re­mise en ques­tion, mais aus­si la dé­ci­sion de conti­nuer. C’est co­mique d’en être le porte-pa­role au­jourd’hui.

Q. QU’EST-CE QUI FAIT QU’ON CONTI­NUE À CROIRE EN CE QU’ON FAIT, À PER­SÉ­VÉ­RER?

C’est dif­fi­cile, mais c’est le fait de se dire : « Bon, il y a une per­sonne qui m’a dit ça. Est-ce que je vais ar­rê­ter à cause de cette per­sonne-là? Non. » Quand tu t’ins­cris à Gran­by, tu es en­ca­dré par des pro­fes­sion­nels. Tu as des for­ma­tions, des com­men­taires sur ton tra­vail et, à tra­vers tout ça, tu apprends à de­ve­nir toi-même et c’est en étant toi-même le plus pos­sible que tu vas réus­sir ton mé­tier. La plus grosse étape, c’est de se trou­ver. Après, tout se place.

Q. SE­LON TOI, QU’EST-CE QUE GRAN­BY PEUT OF­FRIR DE PLUS IM­POR­TANT AUX JEUNES DE LA RE­LÈVE MU­SI­CALE FRAN­CO­PHONE?

Ce que tu peux al­ler cher­cher à Gran­by, c’est de l’ex­pé­rience de scène dans des condi­tions pro­fes­sion­nelles et ça, ce n’est pas don­né à tout le monde. C’est im­por­tant. Ça compte aus­si. Il y a beau­coup de monde qui sortent des disques, mais quand ar­rive le temps de mon­ter le show, ils ne sont pas à l’aise.

Q. TON RÔLE COMME PORTE-PA­ROLE DU FES­TI­VAL SE LI­MITE À QUOI?

Ça va être d’être pré­sent, d’être une oreille. Je vais es­sayer d’écou­ter ce qu’ils ont à dire, de leur par­ler de ce que je vis, parce que per­sonne ne vit ce mé­tier-là de la même fa­çon. Je vais aus­si es­sayer de ré­pondre à leurs ques­tions du mieux que je peux, avec le peu que j’ai vé­cu, parce que j’ai quand même seule­ment dix ans de car­rière. √ Da­niel pré­pare pré­sen­te­ment son pro­chain spec­tacle, qui au­ra lieu au Club So­da les 22, 24 et 25 avril pro­chain.

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Da­niel Bou­cher: se trou­ver comme ar­tiste et per­sé­vé­rer.

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