fa­bu­leux Le des­tin d’Al­fa Ro­co­co

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Mi­chelle Cou­dé-Lord

Ils se sou­viennent que, juste avant le lan­ce­ment de leur pre­mier al­bum, Le­ver l’ancre, David se cher­chait un em­ploi dans les cui­sines de res­tau­rants au cas où leur mu­sique se­rait mal re­çue et ne don­ne­rait pas les ré­sul­tats sou­hai­tés.

« Nous avons tout mis dans cet al­bum, mais vrai­ment tout mit nos sous. Il fal­lait que ça marche », sou­ligne sur un ton dy­na­mique David Bus­sières, mu­si­cien de for­ma­tion.

Il ar­rive d’une belle tour­née de spectacles en Gas­pé­sie, en plein hi­ver, et les fans étaient aus­si au ren­dez-vous.

« Nous avions un peu peur de nous re­trou­ver seuls. Mais non, les gens étaient là et ce fut tout un beau par­ty. Que de belles ren­contres! », ra­conte le chan­teur, en­core sur­pris, mais com­bien heu­reux du suc­cès d’Al­fa Ro­co­co.

L’al­bum Le­ver l’ancre a été ven­du à plus de 26000 exem­plaires. Ils ont été les dé­cou­vertes de l’Adisq. Il y a quelques jours, ils ont ou­vert le Fes­ti­val en lu­mière, fai­sant

Al­fa Ro­co­co, David Bus­sières et Jus­tine La­berge sa­vourent chaque se­conde de leur nou­veau suc­cès. Car ils ne savent que trop bien que la route est longue avant d’y ar­ri­ver.

le­ver le par­ty dans le Vieux-Port, en plein hi­ver.

Ils peuvent rêver à l’Eu­rope: des pro­jets se confirment et David doit se pin­cer chaque jour en pen­sant qu’il peut ga­gner sa vie en fai­sant de la mu­sique, ce qu’il aime le plus au monde.

« J’ai 32 ans, je ne pen­sais plus ce­la pos­sible. J’ai une maî­trise en mu­sique, je peux tou­jours en­sei­gner, mais le vrai bon­heur pour moi c’est d’être sur scène avec Jus­tine et de faire vi­brer les gens à ma mu­sique. J’ai vrai­ment réa­li­sé mon rêve », me lance David, en sou­hai­tant le même bon­heur à tous les mu­si­ciens.

PER­SÉ­VÉ­RANCE

Un mot ha­bite Al­fa Ro­co­co: per­sé­vé­rance. « Au dé­but, plein de gens ne croyaient pas en nous. Il a fal­lu y croire vrai­ment, car il y avait plu­sieurs scep­tiques dans la salle », ra­conte David.

Les ra­dios se sont mises à y croire… et sou­dai­ne­ment, le so­leil s’est le­vé pour Al­fa Ro­co­co.

LA PUB

Il y a quelques mois, ils ont même ven­du une de leurs tounes pour une pub de Telus. Cer­tains purs et durs pour­raient se sur­prendre du geste d’Al­fa Ro­co­co.

« Les ventes de disques sont en chute libre, et il faut aus­si vivre. Cette pub nous li­bère de pro­blèmes fi­nan­ciers et nous aide donc à mieux créer. Et par cette pu­bli­ci­té, un plus grand nombre de gens peut connaître notre mu­sique et, sur­tout, s’y in­té­res­ser », ex­plique l’ar­tiste, convain­cu et convain­cant.

Mais at­ten­tion, il n’au­rait pas of­fert sa mu­sique au monde de la pub à n’im­porte quel prix ou à n’im­porte quelle condi­tion. « Il fal­lait que le mes­sage soit po­si­tif. » Al­fa Ro­co­co conti­nu d’al­ler à la ren­contre de ses fans tout en co­gi­tant son pro­chain al­bum, qu’il es­père li­vrer dans l’an­née 2010.

La pres­sion est grande. Car le suc­cès est là, qui les ha­bite main­te­nant.

« C’est une belle mo­ti­va­tion, car main­te­nant nous sa­vons que des gens sont là, prêts à nous re­dé­cou­vrir et nous écou­ter. Nous nous sen­tons pri­vi­lé­giés », ra­conte dans un fran­çais im­pec­cable David Bus­sières.

PRE­MIÈRE FAN

David et Jus­tine, qui vivent en couple, ne re­grettent pas un seul ins­tant de ne ja­mais avoir aban­don­né leur rêve.

« Je ne di­rai pas qu’il n’y a pas eu de mo­ments de dé­cou­ra­ge­ment... Je me sou­viens du soir où je suis sor­ti du stu­dio d’en­re­gis­tre­ment, l’al­bum dans les mains : j’étais à la fois heu­reux, mais aus­si in­quiet de notre ave­nir. J’ai alors sor­ti mon CV et com­men­cé à frap­per aux portes des res­tau­rants pour vivre. Au­jourd’hui, le pa­ri en valait la peine. Je vis de la mu­sique avec ma blonde, dans mon ap­par­te­ment, et je fais le tour du Qué­bec, car des gens veulent nous en­tendre. C’est le vrai bon­heur. Ne lâ­chez pas, les jeunes mu­si­ciens », clame haut et fort David Bus­sières.

Et quand elle le peut, leur pre­mière fan, qui était là à les ac­cla­mer dès leur dé­but dif­fi­cile, vient à nou­veau les ap­plau­dir à tout rompre, fière de leur réus­site.

Juste pour vous dire qu’elle s’ap­pelle Pas­cale Bus­sières et qu’elle est ac­trice. Et que oui, elle sait vivre avec le suc­cès.

« Elle est for­mi­dable pour nous. Elle a tou­jours cru en notre mu­sique et nos pro­jets. Elle est une belle ins­pi­ra­tion », conclut David Bus­sières, si fier de sa cé­lèbre soeur. √ Al­fa Ro­co­co a en­core plu­sieurs spectacles à of­frir dans cette tour­née. Le pro­chain au­ra lieu le 6 mars au Centre d’Art de SaintEus­tache. D’autres dates fi­gurent sur leur site al­fa­ro­co­co.com

PHOTO D’ARCHIVES

La soeur de David, la co­mé­dienne Pas­cale Bus­sières.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.