Ci­néaste unique, ap­pré­cia­tion gé­né­ra­li­sée

L’un rêve d’un grand syn­di­cat pour dé­fendre les droits des mi­neurs, l’autre est à la solde de la com­pa­gnie pour cal­mer les troupes. Fa­rouches op­po­sants dans Je me sou­viens, Pierre-Luc Brillant et David Bou­tin ont au moins une chose en com­mun : une ad­mi­rat

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA - 1 De­nise Mar­tel 4

« Je n’avais pas à cher­cher bien loin pour in­ter­pré­ter Ro­bert Sin­cenne. D’abord, c’était très bien écrit et mon per­son­nage, c’est For­cier lui-même... », ra­conte Pier­reLuc Brillant, de pas­sage à Qué­bec cette se­maine pour par­ler du nou­veau film d’André For­cier qui sort en salle ven­dre­di pro­chain.

Le co­mé­dien, qu’on a vu entre autres dans C.R.A.Z.Y. et Bor­der­line n’a pas eu à pas­ser d’au­di­tion. « For­cier m’a ré­veillé en m’ap­pe­lant un ma­tin: “Pierre-Luc, tu veux-tu jouer dans mon film?” J’ai dit: “C’est qui?” Il s’est nom­mé et m’a dit qu’il m’en­voyait le scé­na­rio. J’au­rais ac­cep­té avant même de le lire. C’était For­cier! Un réa­li­sa­teur que je consi­dère aus­si im­por­tant que Per­reault et Groulx. Il a mar­qué le ci­né­ma qué­bé­cois. De plus, avec Je me sou­viens, je trouve que For­cier fait un re­tour en force. Je ne pou­vais pas re­fu­ser ça!

« Même que je consi­dé­rais que c’était un hon­neur de tour­ner avec lui et je pense que c’était le cas d’à peu près tout le monde dans la distribution. Une chose est sûre, il n’y a per­sonne qui fait ça pour l’ar­gent », ajoute le co­mé­dien avec un sou­rire élo­quent.

« La forme du film est in­té­res­sante. Il n’y a pas vrai­ment de per­son­nage prin­ci­pal, mais trois pôles me­nés par trois per­son­nages. Le mien, ce­lui de Cé­line Bon­nier et Roy Du­puis. On n’a pas le temps de s’en­nuyer, il y a tel­le­ment de si­tua­tions, c’est in­tri­gant. Il y a une suite de ca­tas­trophes qui sont constam­ment désa­mor­cées par le cy­nisme de For­cier.

De plus, c’est un su­jet qui n’a à peu près pas été trai­té dans le ci­né­ma qué­bé­cois. Pour­tant, c’est le syn­di­ca­lisme qui a mis fin au Du­ples­sisme, qui a per­mis aux Qué­bé­cois de se sor­tir de la sou­mis­sion, de la noir­ceur et de l’igno­rance», lance l’ac­teur, ajou­tant que, cu­rieu­se­ment, au­jourd’hui, on tombe dans l’an­ti­syn­di­ca­lisme, l’an­tiin­tel­lo...

12 ANS PLUS TARD

De son cô­té, David Bou­tin pré­cise que c’était un peu des re­trou­vailles, 12 ans plus tard, puis­qu’il a eu la chance de jouer dans La Com­tesse de Bâ­ton Rouge. « Quand je suis sor­ti de l’école, je me di­sais que s’il y avait un réa­li­sa­teur avec qui j’ai­me­rais tra­vailler, c’était For­cier, et ça a été ma pre­mière au­di­tion», ra­conte le co­mé­dien sur un ton en­joué.

« C’est le fun de tra­vailler avec un réa­li­sa­teur qui a une griffe, un style bien à lui. For­cier, t’aimes ou t’aimes pas. Moi, j’aime sa fo­lie et je trou­vais ça le fun de par­ti­ci­per à ça. Mon per­son­nage n’est pas là long­temps, mais c’est ce qu’on peut ap­pe­ler un res­sort dra­ma­tique. Il a un im­pact sur tout le reste du film...

« De plus, comme c’était tour­né à Val-d’Or, on a eu la chance de des­cendre dans les mines. On a fait un peu les tou­ristes», ajoute le co­mé­dien qu’on re­trou­ve­ra au pe­tit écran en sep­tembre, dans la té­lé­sé­rie Le gent­le­man, qui se­ra pré­sen­tée à TVA.

PHOTOS STE­VEN LE­BLANC ET COUR­TOI­SIE

Les co­mé­diens ont tous une liste vir­tuelle des réa­li­sa­teurs avec qui ils ai­me­raient tra­vailler un jour... Unique en son genre, André For­cier était sur celles de Pierre-Luc Brillant et de Ju­lie du Page, tan­dis que David Bou­tin en était à son deuxième film avec le ci­néaste. Cé­line Bon­nier joue la veuve de Bom­bar­dier. Mi­chel Ba­rette in­carne Mau­rice Du­ples­sis. Roy Du­puis André For­cier, un ci­néaste ap­pré­cié de ses ac­teurs.

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