Un pe­tit bon­heur de plus

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINEMA -

Crai­gnant d’être un peu trop iden­ti­fiée à Va­lé­rie Nan­tel, son per­son­nage de Lance et compte qu’elle qua­li­fie de plus gros que na­ture, Ju­lie du Page se croise les doigts et es­père que le ci­né­ma va gé­né­rer des choses.

En ef­fet, après Tran­sit, un sus­pense sor­ti il y a quelques se­maines, la co­mé­dienne re­vient dans Je me sou­viens, le nou­veau long mé­trage d’André For­cier, avec un per­son­nage to­ta­le­ment dif­fé­rent.

« Mar­gue­rite, c’est une fille dé­lu­rée, très ru­sée et as­sez avant-gar­diste. Sur le tour­nage avec For­cier, on se di­sait qu’elle n’était pro­ba­ble­ment pas de Val-d'Or», ra­conte la co­mé­dienne en en­tre­vue. « Ce n’est pas une peste, mais une femme avec des vrais sen­ti­ments, une cause à dé­fendre, une réelle mi­li­tante.

Quand elle ap­prend que l’homme qu’elle aime l’a trom­pée, elle est to­ta­le­ment désen­chan­tée. C’est comme si elle ve­nait de re­ce­voir une gifle en plein vi­sage. Pour elle, la ven­geance est pré­pon­dé­rante. D’ailleurs, dans le film, tout le monde a une his­toire de ven­geance qui s’ar­ti­cule de fa­çon dif­fé­rente», sou­tien Ju­lie du Page.

« C’est ce que j’ap­pelle un film cho­ral, avec plu­sieurs pe­tits pre­miers rôles, mais pas un seul per­son­nage qui draine tout. Même chose pour Mar­gue­rite, qui a plu­sieurs fa­cettes à son vi­sage... Elle est plus contem­po­raine que son époque.»

Si elle adore jouer et créer des per­son­nages, la co­mé­dienne avoue que tour­ner dans un film d’époque, c’est un pe­tit bon­heur de plus. Pré­ci­sons que l’his­toire au coeur de Je me sou­viens se dé­roule en Abi­ti­bi, à la fin des an­nées 40 et dans les an­nées 50, sous le règne de Du­ples­sis et la main­mise du cler­gé.

« C’est sti­mu­lant de se glis­ser dans une époque qu’on n’a pas connue et qu’on ne peut évi­dem­ment pas re­vivre. Les dé­cors, les cos­tumes, dé­cou­vrir la men­ta­li­té de l’époque... Même la ges­tuelle n’est pas la même, c’est vrai­ment un plai­sir de dé­cou­vrir quelque chose qu’on ne connaît pas.

« Mais ce qui m’a char­mée au dé­part, c’est André For­cier lui-même. C’est notre Fel­li­ni qué­bé­cois. J’aime sa si­gna­ture lou­foque. C’est un vrai au­teur, il est dans sa bulle et j’avais en­vie d’en faire par­tie. Il y a quelque chose d’ab­surde qui me plaît beau­coup dans le ci­né­ma de For­cier, mais au bout de tout ça, il y a tou­jours une fi­na­li­té qui a du sens.»

De­nise Mar­tel

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