STAR­MA­NIA VER­SION LY­RIQUE RMANIA

Ilya30ans, Star­ma­nia­cas­sait­la­ba­raque, en opé­ran­tu­ne­fu­sion­ré­vo­lu­tion­nai­reen­tre­le­ro­cket l'opé­ra. Ce­to­pé­ra-ro­cka­lan­céu­ne­pa­no­plie­de­hits — Lebluesdubusinessman, Le­mon­deests­tone, Les uns­con­tre­le­sautres, Na­zi­land— qui­tour­nen­ten­core un­peu­par­tou­tau­jourd'hui.

Le Journal de Montreal - Weekend - - THEATRE - Be­noît Au­bin

Qu'ad­vien­drait-il de tous ces tubes qui ta­pissent le chef-d'oeuvre de Luc Pla­mon­don et de Mi­chel Ber­ger, si on en re­ti­rait les gui­tares, la basse, la bat­te­rie et le syn­thé­ti­seur ? Les mé­lo­manes de Qué­bec, et les tou­ristes qui étaient là en mai der­nier, savent dé­jà la ré­ponse : on au­rait le pre­mier vrai grand opé­ra po­pu­laire du Qué­bec. « Une oeuvre de haute cou­ture mu­si­cale, taillée sur me­sure pour les ar­tistes et le pu­blic d'ici », ex­plique Marie-Jo­sée Lord.

Mme Lord est une so­pra­no, plus fa­mi­lière avec les per­son­nages de Puc­ci­ni qu'avec les John­ny Rock­fort, Stel­la Spot­light et autres Zig­gy qui peuplent Star­ma­nia. Elle joue Marie-Jeanne et chante Mo­no­po­lis dans la ver­sion que l'Or­chestre mé­tro­po­li­tain et le choeur de l'Opé­ra de Mon­tréal pré­sentent dès le 14 mars.

À ses cô­tés, on trouve le té­nor Marc Her­vieux (le bu­si­ness­man), la so­pra­no Lyne Fortin (Stel­la), et le ba­ry­ton Étienne Du­puis (John­ny) entre autres, dans cette distribution en­tiè­re­ment qué­bé­coise.

Ce Star­ma­nia se­ra bel et bien de l'opé­ra, et rien de moins, as­sure Mme Lord. « Ma for­ma­tion est en art ly­rique. Si ça s'était éloi- gné de l'opé­ra, j'au­rais re­fu­sé de le faire. »

Les Mon­tréa­lais qui vien­dront écou­ter Star­ma­nia à l'opé­ra pour­ront mieux com­prendre l'ex­pé­rience des Mi­la­nais qui vont à la Sca­la écou­ter une oeuvre de Ver­di, se­lon elle.

« Pour eux, l'opé­ra n'est pas exo­tique ni étran­ger. Les gens connaissent dé­jà les airs et les pa­roles de Star­ma­nia. Le li­bret­tiste est un des nôtres. Les chan­teurs ont tous le même ac­cent qué­bé­cois. Le pu­blic pour­ra abor­der cet opé­ra dans de meilleures dis­po­si­tions. Ça aide à dé­mo­cra­ti­ser l'opé­ra. »

BOU­CLER LA BOUCLE

Luc Pla­mon­don est à Mon­tréal pour su­per­vi­ser cette nou­velle mu­ta­tion de son oeuvre. « Gé­né­ra­le­ment, quand des or­chestres sym­pho­niques jouent de la mu­sique po­pu­laire, le ré­sul­tat est ca­tas­tro­phique », dit-il. C’est que « le mé­lange des rythmes du rock et du son sym­pho­nique ne marche ja­mais. Mais si on dé­pouille Star­ma­nia de son ha­billage rock, on dé­couvre des mé­lo­dies qui sont très ly­riques. »

Star­ma­nia va bou­cler une grande boucle. Trente ans après avoir se­coué les puces de l'opé­ra avec son at­ti­tude de ro­cker et ses gui­tares élec­triques, Star­ma­nia dé­couvre qu'elle peut, sans fard ni ar­ti­fices, s’in­vi­ter par­mi le beau monde de l'art ly­rique.

Marc Her­vieux in­carne le bu­si­ness­man, Lyne Fortin joue Stel­la.

Pour Marie-Jo­sé Lord, ce Star­ma­nia est « une oeuvre de haute cou­ture mu­si­cale ».

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