LUC PLA­MON­DON CRÉE EN­FIN SON OPÉ­RA

Un peu comme son cé­lèbre bu­si­ness­man qui au­rait vou­lu être un ar­tiste, Luc Pla­mon­don jure qu'il vou­lait écrire « un vrai opé­ra » avec Star­ma­nia. Mais, pas moyen. Les « hits » se sont suc­cé­dé, et le rock a pris le des­sus. De­puis 30 ans, Star­ma­nia était un

Le Journal de Montreal - Weekend - - THEATRE - Be­noit Au­bin Jour­nal de Mon­tréal

Pla­mon­don est à Mon­tréal ces jours-ci pour su­per­vi­ser la ver­sion opé­ra de Star­ma­nia.

« Mi­chel Ber­ger et moi étions dé­jà des ma­chines à faire des hits à l'époque, lui avec France Gall, moi avec Diane Du­fresne, ex­plique Luc Pla­mon­don. La der­nière chose qu'on vou­lait faire avec Star­ma­nia, c'était pro­duire des hits puisque c'est ce qu'on fai­sait à lon­gueur d’an­née ! »

Au mi­lieu des an­nées 70, « c'était un geste très con­tes­ta­taire, très ro­ckeur d'im­po­ser une bat­te­rie, des gui­tares élec­triques à l'opé­ra », ajoute Luc Pla­mon­don.

PAS DE BAT­TE­RIE

Trente ans plus tard, s'est-il donc as­sa­gi au point de faire de l'opé­ra à pa­pa, tou­jours avec Zig­gy Star­dust, mais plus de bat­te­rie ? Pas du tout !

« Ro­cker, c'est pen­ser li­bre­ment, c'est agir et vivre à contre-cou­rant. C'est par­fai­te­ment ro­ckeur de faire de l'opé­ra en 2008 », dit-il, peut-être un peu vexé.

Il ne s'en vante pas, mais Luc Pla­mon­don a dû faire des conces­sions et re­tra­vailler son oeuvre, pour la trans­for­mer en « vrai » opé­ra. Les met­teurs en scène, Le­mieux et Pi­lon, ont exi­gé qu'il ré­écrive des pas­sages, pour « cla­ri­fier » le ré­cit.

Pla­mon­don au­rait vrai­ment ai­mé conser­ver au moins le pia­no pour ac­com­pa­gner. L'ar­ran­geur et chef d'or­chestre, Mi­chel Le­clerc, n'a pas cé­dé. Pas de pia­no à l'opé­ra. Il y au­ra 65 mu­si­ciens, un choeur, mais de pia­no, point.

« J'ai dû faire un pas en di­rec­tion de l'opé­ra, dit Pla­mon­don. Mais les chan­teurs ont fait un grand pas vers Star­ma­nia, et vers le pu­blic. »

Après les re­pré­sen­ta­tions à Qué­bec, les com­men­taires les plus fré­quents furent : « On ou­blie qu'on est à l'opé­ra. On écoute les pa­roles pour la pre­mière fois. »

Pour un pa­ro­lier, il n'y a pas de plus belle ac­co­lade.

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