Un monde re­vu et cor­ri­gé

LOS ANGELES – J.J. Abrams n’a ja­mais été un trek­ker. Il l’a ré­pé­té si sou­vent que c’est presque de­ve­nu un au­to­ma­tisme.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Sun Me­dia

C’est ce sta­tut de néo­phyte qui donne espoir que Star Trek sau­ra plaire en­core une fois à une com­mu­nau­té plus éten­due que celle des zé­lés ca­pables de conju­guer des verbes en klin­gon.

Quand le stu­dio Pa­ra­mount l’a pres­sen­ti avec cette idée de « ré­in­ven­ter » les ori­gines de Kirk, Spock, McCoy et com­pa­gnie, « je me suis dit que ce se­rait cool de créer une ver­sion de Star Trek que j’au­rais en­vie d’al­ler voir. »

« J’ai im­mé­dia­te­ment té­lé­pho­né à Alex (Kurtz­man) et à Bob (Or­ci), ra­conte Abrams en fai­sant ré­fé­rence à ses col­lègues scé­na­ristes des sé­ries té­lé­vi­sées Alias et Fringe (qui s’adonnent à être de vrais trek­kers), mais ils avaient dé­jà dis­cu­té avec Pa­ra­mount à pro­pos de Star Trek et ils étaient dé­jà en phase d’éla­bo­ra­tion du pro­jet. »

COURSE À OBS­TACLES

On a fait face à deux obs­tacles ma­jeurs. Le pre­mier, c’est que dans cette lutte sans mer­ci entre Star Wars et Star Trek dans la culture pop, Star Trek est per­çu comme vieillot. Ch­ris Pine, le nou­veau ca­pi­taine Kirk, est d’ac­cord. « Étant de la gé­né­ra­tion Star Wars, ces films ont tou­jours été mes pré­fé­rés, pour les ef­fets spé­ciaux. Le monde de Gene Rod­den­ber­ry (créa­teur de Star Trek) était une al­lé­go­rie ser­vant à ex­plo­rer de grands thèmes de so­cié­té. Je ne m’en étais ja­mais aper­çu dans mon en­fance. »

Le deuxième obs­tacle, c’est qu’après cinq sé­ries té­lé­vi­sées et dix films, nous sa­vons dé­jà tout ce qui ar­rive à tous ceux qui « vivent » entre le XXIe et le XXIIIe siècle – ce qui ruine en quelque sorte l’in­trigue si nous re­com­men­çons avec une poi­gnée de jeunes dans la ving­taine à bord de l’USS En­ter­prise NCC-1701, qui de­vront faire face à la me­nace du mé­chant Ro­mu­lien Ne­ro (joué par Eric Ba­na).

Pour ne pas trop ré­vé­ler les mo­ments clés de l’in­trigue, nous nous conten­te­rons de vous dire que l’équi­page subira des in­ter­fé­rences ma­jeures ve­nues du fu­tur. Le ré­sul­tat? Le des­tin de quelques-uns de ces jeunes of­fi­ciers de Star­fleet a chan­gé – et de fa­çon ca­ta­clys­mique pour cer­tains. Tout ce qui s’est pro­duit dans les sé­ries té­lé­vi­sées, films ou livres de Star Trek jus­qu’ici est dé­sor­mais sans im­por­tance. C’est une bonne nou­velle pour les scé­na­ristes qui sou­hai­te­raient – tout comme les ac­teurs – créer deux autres films dans ce monde de Star Trek re­vu et cor­ri­gé.

RE­TOUR AUX SOURCES

« Nous connais­sons tous le des­tin de cer­tains per­son­nages (ayant re­gar­dé les vieilles émis­sions), af­firme Abrams. Nous sa­vons que cer­tains d’entre eux meurent alors que d’autres sur­vivent. Alors, comment est-ce pos­sible de mettre ces per­son­nages en pé­ril dans de telles cir­cons­tances?

« Nous avons donc re­créé Kirk et Spock, nous ra­con­tons l’his­toire de leur ren­contre afin de per­mettre aux gens comme vous et moi d’ap­prendre à ai­mer ces per­son­nages.

« J’ai tout sim­ple­ment lu le script et je me suis dit: “ Je vais être vrai­ment trop ja­loux de ce­lui ou celle qui va réa­li­ser ce film. Je vais me rendre sur le pla­teau de tour­nage et je risque d’en mou­rir.” En d’autres mots, ma dé­ci­sion (de réa­li­ser Star Trek) était plus émo­tion­nelle qu’in­tel­lec­tuelle. »

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