On n’est pas plus ma­tures

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION -

Si j’avais écrit ce com­men­taire tout de suite après le Gala Ar­tis, j’au­rais dit que nos chro­ni­queurs de té­lé­vi­sion sont de­ve­nus plus ma­tures, ces­sant de je­ter le doute sur les ré­sul­tats des Gé­meaux, des Ju­tras et des tro­phées Ar­tis.

Le len­de­main du gala Ar­tis, ani­mé sa­ge­ment par les Grandes Gueules, les chro­ni­queurs sem­blaient plu­tôt sa­tis­faits de ce qu’ils avaient vu à la té­lé­vi­sion, mais ce n’était que par­tie re­mise.

Dès mar­di ma­tin, le chro­ni­queur de La Presse et ce­lui du So­leil écri­vaient qu’à toutes fins utiles, les « dés étaient pi­pés » et que les pauvres ar­tistes se pro­dui­sant à Ra­dio-Ca­na­da n’avaient plus au­cune chance ou à peu près de dé­po­ser un Ar­tis sur le man­teau de leur che­mi­née. Que vou­lez­vous, on vote dé­sor­mais dans les Tim Hor­tons, un lieu « in­ter­dit » à la clien­tèle ra­dio­ca­na­dienne, et sur in­ter­net, un lieu plus neutre soit, mais qui n’au­ra at­ti­ré, cette an­née, que 46 % des vo­tants.

Le pro­blème, écrit le chro­ni­queur du So­leil, « c’est qu’avant, les quo­ti­diens pu­bliaient presque tous le bul­le­tin de vote du Mé­tros­tar... Mais de­puis que TVA ap­par­tient à Que­be­cor, seuls les quo­ti- di­ens et ma­ga­zines de l’em­pire pu­blient dé­sor­mais le bul­le­tin ».

Pour que ce chro­ni­queur soit mieux ren­sei­gné, je l’in­forme donc que les bul­le­tins de vote pour ce gala, que j’ai ins­ti­tué en 1986 à TQS avec Ma­de­leine Ca­reau, étaient tout d’abord pu­bliés uni­que­ment dans le Jour­nal de Mon­tréal et le Jour­nal de Qué­bec, com­man­di­taires avec Mé­tro, qui dis­tri­buait aus­si des bul­le­tins de vote dans ses épi­ce­ries.

CONCOURS DE PO­PU­LA­RI­TÉ

Un gala es­sen­tiel­le­ment axé sur les choix du pu­blic est ni plus ni moins qu’un concours de po­pu­la­ri­té. Dans pa­reil concours, c’est évident qu’un ar­tiste a beau­coup plus de chances de ga­gner un tro­phée s’il se pro­duit sur une chaîne ayant deux fois plus de spec­ta­teurs que sa plus proche concur­rente.

Le gala des Gé­meaux, lui, s’en re­met plu­tôt aux votes des gens du mé­tier et dans ce cas, c’est tou­jours les ar­tistes et les ar­ti­sans de Ra­dio-Ca­na­da qui en sortent grands ga­gnants.

La vé­ri­té, c’est qu’il n’y a et n’y au­ra ja­mais de mise en no­mi­na­tion par­faite, pas plus qu’il n’y au­ra de vo­ta­tion par­faite.

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