Un coup de foudre oné­reux

Un violon sur le toit est tout ce qu’il y a de plus clas­sique comme co­mé­die mu­si­cale. Qu’est-ce qui ex­plique qu’on monte cette pièce cet été au Ri­deau Vert ? Un coup de foudre de De­nise Fi­lia­trault, voi­là tout.

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Be­noît Au­bin

« Un violon sur le toit n’est pas une oeuvre sur­an­née, c’est un clas­sique en émer­gence, as­sure la di­rec­trice ar­tis­tique du Ri­deau Vert. C’est une oeuvre que j’ai tou­jours ai­mée. Une oeuvre ba­sée sur la fa­mille et la tra­di­tion, qui de­meurent des pré­oc­cu­pa­tions d’ac­tua­li­té. »

Avant d’ajou­ter : « L’his­toire est belle; les per­son­nages de cette pe­tite com­mu­nau­té juive qui voi­sine les Russes, il y a des dis­putes, on les re­jette, c’est très tou­chant. »

« Mais, en plus, et sur­tout, la mu­sique est très belle. C’est comme dans My fair la­dy; toutes les chan­sons sont ma­gni­fiques. »

Quand on de­mande à De­nise Fi­lia­trault d’ex­pli­quer la phi­lo­so­phie qui la guide dans ses choix ar­tis­tiques, elle ré­pond : « Les coups de coeur, et rien d’autre. J’ai dé­jà choi­si des pièces en es­pé­rant plaire au Con­seil des arts, mais plus main­te­nant. Si je n’ai pas le bé­guin pour une pièce, je ne la monte pas. »

De­nise Fi­lia­trault n’est pas exac­te­ment une spé­cia­liste des co­lonnes de chiffres, mais elle sait que des pro­duc­tions de cette en­ver­gure sont une es­pèce me­na­cée, au Qué­bec, du moins. « Ça coûte trop cher ! »

COÛTS AS­SAS­SINS

Pro­duire une pièce de théâtre où les co­mé­diens doivent aus­si chan­ter, et dan­ser, com­plique ex­tra­or­di­nai­re­ment les choses. « On ne fait pas qu’ap­prendre un texte comme au théâtre. Il faut aus­si tra­vailler les voix, les airs, les choeurs, les danses, les ar­ran­ge­ments; c’est beau­coup plus de monde, et beau­coup plus d’ou­vrage. »

Et sur­tout, les coûts sont as­sas­sins. Ou­bliez les mu­si­ciens dans la fosse; la mu­sique est en­re­gis­trée. Les chan­ge­ments de dé­cors sont mi­ni­maux. Dix-huit co­mé­diens se par­tagent les 25 rôles. Même comme ça, « on ne pou­vait payer une telle pro­duc­tion avec un théâtre de 426 places. Il nous fal­lait un par­te­naire ».

Le Fes­ti­val Juste pour rire est ce par­te­naire. Après un mois au Ri­deau Vert (c’est dé­jà com­plet), la pro­duc­tion dé­mé­na­ge­ra à la salle Pierre Mer­cure à par­tir du 26 juin.

Mais on sait dé­jà qu’elle ne pour­ra pas par­tir en tour­née en pro­vince après ça. Trop cher... Un violon sur le toit, Théâtre du Ri­deau Vert, du 12 mai au 13 juin (com­plet).

Salle Pierre Mer­cure du 26 juin au 18 juillet.

PHOTOS THIER­RY AVRIL

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