Au­cune nos­tal­gie

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE -

Au­jourd’hui, même les grands théâtres n’ont plus les moyens d’en­ga­ger des mu­si­ciens.

Quand De­nise Fi­lia­trault en était à ses dé­buts, dans la Mon­tréal des an­nées folles, chaque bar­botte, bar, club, ca­ba­ret ou res­tau­rant avait ses propres mu­si­ciens. Mais ne lui par­lez pas d’un âge d’or.

« J’ai haï ça, pour tuer », dit-elle au su­jet de la scène ar­tis­tique du dé­but des an­nées 50, que plu­sieurs dé­crivent au­jourd’hui avec nos­tal­gie. « J’ai fait du ca­ba­ret parce qu’il n’y avait rien d’autre. »

À cette époque, Mon­tréal était cé­lé­brée, dans tout l’est du con­tinent, comme une ville ou­verte, plus chaude que New York. Jean Dra­peau, avec son bras droit, Pax Plante, a fait le mé­nage avant de de­ve­nir maire, au mi­lieu des an­nées 50.

« Cette époque ne fait rêver que les gens qui ne l’ont pas connue, as­sure Mme Fi­lia­trault. La plu­part des mu­si­ciens ne sa­vaient même pas lire une par­ti­tion. »

IN­IN­TÉ­RES­SANT

« Avant l’ou­ver­ture de la Place des Arts au dé­but des an­nées 60, il n’y avait pas de théâtres de mu­sic-hall comme en France. Il n’y avait que des ca­ba­rets. C’était ab­so­lu­ment in­in­té­res­sant », dit l’ar­tiste, qui cé­lè­bre­ra bien­tôt ses 78 ans.

« Les gens bu­vaient, gueu­laient, par­laient fort, on tra­vaillait toute la nuit, pous­sant quelques chan­sons entre un stand-up co­mic et un ma­gi­cien. C’était l’hor­reur. »

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