Lon­gueuil vert

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME - Alain Demers Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Con­trai­re­ment à la croyance po­pu­laire, la pré­sence de la faune n’a rien à voir avec l’éloi­gne­ment. En fait, la plus grande va­rié­té d’ani­maux se trouve le long de la plaine du Saint-Laurent. Bien sou­vent, il est même plus fa­cile d’ob­ser­ver des bêtes près de la ville. C’est le cas au parc ré­gio­nal de Lon­gueuil.

Quand nous sommes ar­ri­vés aux trois pe­tits lacs, si­tués der­rière le cha­let d’ac­cueil, cinq ber­naches du Ca­na­da pa­tau­geaient pai­si­ble­ment mal­gré la pré­sence de plu­sieurs fa­milles au­tour d’elles. De toute évi­dence, elles étaient habituées à la pré­sence hu­maine, au point de ne même plus s’en pré­oc­cu­per.

BER­NACHES

Elles étaient si peu fa­rouches qu’elles se nour­ris­saient de plantes aqua­tiques, à deux pas des vi­si­teurs. Nous avons même pu as­sis­ter à une prise de bec entre deux mâles, vi­si­ble­ment in­té­res­sés par la même fe­melle. Une ber­nache se lis­sait les plumes. Une autre s’est en­dor­mie, la tête sous l’aile.

De telles ob­ser­va­tions sont très rares, même dans des sec­teurs ré­pu­tés pour l’ob­ser­va­tion des oi­seaux mi­gra­teurs comme le lac Saint-Pierre ou le parc na­tio­nal de Plai­sance. Dans leur ha­bi­tat na­tu­rel, on di­rait que les ber­naches as­so­cient les hu­mains à des pré­da­teurs, de sorte qu’elles s’en­volent si on es­saie de les ap­pro­cher.

Le prin­temps, une dou­zaine de ber­naches font une halte aux pe­tits lacs ar­ti­fi­ciels. On a la chance de re­gar­der ces oi­seaux de près comme nulle part ailleurs. D’ailleurs les ber­naches ré­si­dentes, comme les ap­pellent les bio­lo­gistes de la faune, ne forment pas for­cé­ment de grosses bandes.

Con­trai­re­ment à des mil­liers de leurs congé­nères qui pour­suivent leur route vers la baie James pour al­ler se re­pro­duire, elles s’ar­rêtent ici et là le long du SaintLaurent pour ni­cher. Quant aux ber­naches du parc, il est dif­fi­cile de pré­voir com­bien de temps elles vont res­ter. Il semble que plu­sieurs d’entre elles passent l’été au ter­rain de golf, à quelques coups d’ailes de là.

PE­TIT MA­RAIS

Après avoir lon­gue­ment épié les ber­naches, nous avons quit­té la par­tie ur­baine du parc, tout en ga­zon, pour nous rendre au ma­rais. Plu­sieurs pho­to­graphes étaient sur le bel­vé­dère, prêts à poin­ter leur longue len­tille sur un ca­rouge à épau­lettes ou sur des ca­nards en pa­riade.

Le chant des rai­nettes ani­mait les lieux. Une tor­tue peinte se fai­sait chauf­fer au so­leil sur une branche flot­tante. Pas mal, tout de même, pour un ma­rais res­tau­ré en mi­lieu ha­bi­té.

CHE­MIN DU LAC

Nous sommes al­lés sur le Che­min du Lac, si­tué tout près. Nous y avons croi­sé d’autres mar­cheurs, des pa­ti­neurs et des cy­clistes. Cette voie as­phal­tée tra­verse le parc d’est en ouest, entre champs et fo­rêt. Il n’est pas rare d’y aper­ce­voir des che­vreuils, sur­tout en fin de jour­née.

Nous sommes re­ve­nus par des sen­tiers. Plus nous ap­pro­chions du cha­let d’ac­cueil, plus les fa­milles étaient nom­breuses. Des pa­rents se pro­me­naient avec leur bambin en pous­sette ou avec leurs en­fants en vé­lo.

Comme le parc est plus grand que ce­lui du Mont-Royal et qu’il y a moins de monde, l’es­pace ne manque pas.

PHOTO D’ARCHIVES

Les ber­naches du Ca­na­da qui font une halte dans le parc sont habituées à la pré­sence hu­maine, au point de ne même plus s’en pré­oc­cu­per.

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