L’in­dus­trie tou­ris­tique mexi­caine en qua­ran­taine

MEXICO | (Dow Jones) L’épi­dé­mie de grippe por­cine au Mexique est dé­jà en train de cau­ser des maux de tête à l’in­dus­trie tou­ris­tique mexi­caine, bien qu’il soit trop tôt pour en me­su­rer l’éten­due.

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

Au Mexique, quelque 150 per­sonnes ré­si­dant à Mexico et dans la ré­gion en­vi­ron­nante sont dé­cé­dées des suites de la grippe por­cine au cours des deux der­nières se­maines. Les au­to­ri­tés mexi­caines et amé­ri­caines ont dé­cré­té l’état d’ur­gence.

« De toute évi­dence, cette si­tua­tion au­ra des ré­per­cus­sions, il n’y a au­cun doute », a pré­ci­sé un éco­no­miste de la Ci­ti­group, M. Ser­gio Lu­na, lors d’une en­tre­vue.

Se­lon lui, deux fac­teurs dé­ter­mi­ne­ront l’am­pleur de l’im­pact de la grippe por­cine sur l’in­dus­trie tou­ris­tique: la du­rée de l’épi­dé­mie et le genre de po­li­tiques qui se­ront dé­cré­tées pour contrer les im­pres­sions né­ga­tives des tou­ristes.

« Nous avons vu qu’il a été pos­sible de re­le­ver des dé­fis dans des en­droits si­nis­trés tels que Can­cun dé­truit par le pas­sage d’ou­ra­gans, a ra­jou­té M. Lu­na. Il a été pos­sible d’at­ti­rer des tou­ristes en créant des cam­pagnes pu­bli­ci­taires ci­blées, en an­non­çant, par exemple que Can­cun est loin de Mexico et en of­frant de bons prix. »

IN­DUS­TRIE VI­TALE

Au Mexique, le tou­risme est l’une des prin­ci­pales sources de de­vise étran­gère. Il gé­nère 13,29 mil­liards $ par an­née.

Pour le pré­sident de la Con­fé­dé­ra­tion nationale du tou­risme, M. Mi­guel Tor­ru­co, il est à pré­voir, certes, qu’il y au­ra moins de ré­ser­va­tions de chambres d’hô­tel, une ré­duc­tion des ser­vices des agences tou­ris­tiques et de vols vers le Mexique. « Mais il est trop tôt pour avan­cer des chiffres pré­cis », a-t-il fait sa­voir par voie de com­mu­ni- qué.

Même son de cloche du cô­té de l’ex­ploi­tant de l’aé­ro­port de Can­cun, Ae­ro­por­tua­rio del Su­reste (ASR). Se­lon le pre­mier res­pon­sable des fi­nances, M. Adol­fo Cas­tro, la pro­gres­sion de la grippe por­cine tou­che­ra « ma­ni­fes­te­ment » le tra­fic pas­sa­ger.

BAISSE DES RÉ­SER­VA­TIONS

Dans la ca­pi­tale, les hô­tels au­tour de l’ave­nue Re­for­ma ont dé­jà consta­té une baisse au ni­veau des ré­ser­va­tions et une hausse des an­nu­la­tions. Plu­sieurs grands hô­tels de Mexico ont tou­te­fois in­di­qué qu’ils sup­pri­me­raient les frais d’an­nu­la­tion de leurs clients qui avaient pré­vu lo­ger dans leurs ins­tal­la­tions.

La grande ré­gion mé­tro­po­li­taine de Mexico, qui compte en­vi­ron 20 mil­lions d’ha­bi­tants, est jus­qu’ici l’épi­centre des décès liés à la grippe por­cine.

À Can­cun, jus­qu’ici, l’in­dus­trie tou­ris­tique se tire as­sez bien d’af­faires, mal­gré tout. Se­lon le co­pro­prié­taire de l’agence de voyages Can­cu­nal­lin­clu­sive.com, M. Mark Broo­ker, cette ré­gion n’a pas en­core res­sen­ti les re­bon­dis­se­ments de la crise. Se­lon lui, il n’a re­çu au­cune de­mande d’an­nu­la­tion au su­jet des 150 ré­ser­va­tions aux centres de vil­lé­gia­ture près de Can­cun qu’il gère.

L’épi­dé­mie de grippe por­cine vient s’ajou­ter au pro­blème crois­sant de drogues au Mexique, a-t-il fait re­mar­quer. Jus­qu’à lun­di, c’était la pre­mière in­quié­tude des tou­ristes.

PHOTO REUTERS

La grippe por­cine fait fuir les tou­ristes qui ont com­men­cé à dé­ser­ter les plages gé­né­ra­le­ment bon­dées d’Aca­pul­co.

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