LE CHE­MIN DE CROIX de Ron Howard

Face à une op­po­si­tion non né­go­ciable du Va­ti­can de fil­mer à l’in­té­rieur de ses murs, les pro­duc­teurs d’Anges et dé­mons ont usé de ruse pour réus­sir à re­créer les lieux saints et, ul­ti­me­ment, sur­pas­ser les 750 mil­lions de dol­lars de re­ve­nus aux gui­chets gé

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - Cé­dric Bé­lan­ger

La place Saint-Pierre, les im­meubles pa­paux, les églises San­ta Ma­ria des Po­po­lo et San­ta Ma­ria del Vit­to­ria : tous ces bâ­ti­ments qui font par­tie in­té­grante de l’in­trigue du ro­man de Dan Brown sont de­ve­nus des for­te­resses im­pé­né­trables pour les troupes du réa­li­sa­teur Ron Howard. Tou­jours in­ca­pable de di­gé­rer que le cé­lèbre ro­man­cier ait ma­rié Jé­sus à Marie-Ma­de­leine et lui ait ima­gi­né une des­cen­dance, dans le Code Da Vin­ci, le Va­ti­can leur en a in­ter­dit l’ac­cès.

Im­pé­né­trables ? Pas tout à fait, et ce, grâce à l’es­prit re­tors de l’équipe d’Anges et dé­mons.

L’in­gé­nieuse as­tuce pour re­créer les dé­cors des lieux in­ter­dits a été ré­vé­lée dans la presse eu­ro­péenne. Des di­zaines de ca­me­ra­men de l’équipe de tour­nage se sont dé­gui­sés en tou­ristes et, en se mê­lant in­co­gni­to aux vi­si­teurs, ont pu prendre plus de 250 000 photos et des di­zaines d’heures de film qui ont per­mis de fa­bri­quer de fi­dèles ré­pliques. À la barbe des au­to­ri­tés re­li­gieuses.

« L’in­ter­dic­tion de fil­mer nous avait mis en face de sé­rieuses dif­fi­cul­tés, a ex­pli­qué Ryan Cook, di­rec­teur des ef­fets spé­ciaux, au ma­ga­zine Ciak. Nous n’avions pu ef­fec­tuer les re­cherches ico­no­gra­phiques né­ces­saires pour re­cons­truire le dé­cor en stu­dio. Pen­dant plu­sieurs se­maines, nous avons donc en­voyé une équipe char­gée d’ac­cu­mu­ler les in­for­ma­tions, au mi­lieu de groupes de tou­ristes. »

LES CRI­TIQUES LE PRÉ­FÈRENT

Autre dé­fi pour Anges et dé­mons, pos­si­ble­ment en­core plus ti­ta­nesque ce­lui-là : ral­lier à sa cause les cri­tiques de ci­né­ma qui avaient cloué au pi­lo­ri le Code Da Vin­ci, en 2006.

Bien sûr, Ron Howard, Tom Hanks et com­pa­gnie vous di­ront que, mal­gré tout, le film a plu à un large pu­blic; en guise de preuves : les fa­bu­leuses re­cettes ré­col­tées au gui­chet. N’em­pêche, on ne dé­pense pas plus d’une cen­taine de mil­lions de dol­lars dans la pro­duc­tion d’une oeuvre pour que les cri­tiques l’ex­pé­dient en en­fer.

Mais dé­jà, les pre­miers com­men­taires en pro­ve­nance d’Eu­rope, où le film a été pro­je­té en pri­meur la se­maine der­nière, font état d’un scé­na­rio mieux ra­mas­sé, d’hal­lu­ci­nantes re­cons­ti­tu­tions des lieux saints, d’un thril­ler ef­fi­cace. Les cri­tiques ne sont quand même pas di­thy­ram­biques, per­sonne ne s’at­tend à un os­car d’un tel long mé­trage, mais on semble loin de la cru­ci­fixion du Code Da Vin­ci.

Et comme pour ras­su­rer le Va­ti­can, les jour­na­listes qui ont vi­sion­né le film ont sou­li­gné que rien dans le scé­na­rio ne re­pré­sen­tait une at­taque contre l’Église ca­tho­lique, qui n’au­rait donc au­cune rai­son de s’en faire avec cette his­toire tour­nant au­tour de l’en­lè­ve­ment de quatre car­di­naux pres­sen­tis pour suc­cé­der au dé­funt pape.

De toute fa­çon, comme le sou­li­gnait Tom Hanks au New York Dai­ly News, « il n’y a au­cune rai­son de faire ce grand to­hu-bo­hu pour ce qui est es­sen­tiel­le­ment un po­lar ».

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