Le Qué­bec s’em­pare des écrans de Cannes

La pro­jec­tion de cinq films Made In Qué­bec dans le cadre des sé­lec­tions de la Quin­zaine des réa­li­sa­teurs et d’Écrans ju­niors per­met­tra à de nom­breux Qué­bé­cois de re­ce­voir leur bap­tême du Fes­ti­val de Cannes.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger

Les Po­ly­tech­nique (Denis Ville­neuve), J’ai tué ma mère (Xa­vier Do­lan) et Car­casses (Denis Cô­té), dans la Quin­zaine, ain­si que Un été sans point ni coup sûr (Fran­cis Le­clerc) et C’est pas moi, je le jure (Philippe Fa­lar­deau), pour Écrans ju­niors, se­ront tous de la par­tie.

Du lot, on note la pré­sence de l’ac­teur­réa­li­sa­teur Xa­vier Do­lan, âgé d’à peine vingt ans. Le fils de Ma­nuel Ta­dros dé­bar­que­ra sur la Côte d’Azur son pre­mier long-mé­trage sous le bras. Sur­pris d’y être à un si jeune âge? « Je ne sais pas trop quoi en pen­ser, c’est un peu sur­réa­liste. C’est vrai­ment ex­ci­tant même si je ne peux pas dire que je bon­dis par­tout. Je suis plu­tôt ner­veux, mais c’est un bon stress », confie ce­lui qui avoue avoir tou­jours rê­vé de se re­trou­ver à Cannes.

« C’était presque un rêve im­pos­sible, mais je m’y ac­cro­chais. Je sais que c’est naïf, mais j’y croyais et c’est la force de ce rêve qui m’a pro­pul­sé là-bas. Je n’ai pas fait le film pour al­ler à Cannes, mais c’était un ob­jec­tif. »

« Je sais qui sont les ci­néastes qui vont à Cannes, pour­suit-il, j’ai une ob­ses­sion pour le fes­ti­val, je le connais sur le bout de mes doigts. Mais en­core là, je n’ar­rive pas à réa­li­ser que le mot Fes­ti­val de Cannes passe du stade “mé­dia­tique, vir­tuel, té­lé­vi­suel, ci­né­ma­to­gra­phique” au stade “écrit dans mon agen­da.” »

TOUT MI­SER SUR CANNES

Co-pro­duc­trice et ac­trice dans Po­ly­tech­nique, aus­si en lice pour la Quin­zaine, Ka­rine Va­nasse avoue avoir aus­si long­temps rê­vé de se re­trou­ver à Cannes pour y voir pro­je­ter un de ses films.

« Je me suis re­trou­vée à Cannes, à 15 ans, en voyage avec mon cou­sin, comme tou­ristes. C’était un peu après le fes­ti­val et le ta­pis rouge était en­core là. J’ai une photo de moi sur le ta­pis rouge et je me di­sais que la pro­chaine fois que j’al­lais y ve­nir, ça se­rait avec un film », dit-elle.

In­ci­dem­ment, un re­fus au­rait pu coû­ter cher aux pro­duc­teurs de Po­ly­tech­nique, qui avaient dé­ci­dé de tout mi­ser leurs billes sur le fes­ti­val can­nois.

« D’autres fes­ti­vals avaient ac­cep­té le film, mais on les a re­fu­sés parce que nous n’avions pas en­core eu la ré­ponse de Cannes. Si on ac­cep­tait les autres, nous n’au­rions plus été éli­gibles pour Cannes. Dans nos têtes, on y croyait vrai­ment sauf que si nous n’avions pas été ac­cep­tés, il y a quand même des mor­ceaux as­sez in­té­res­sants qu’on avait lais­sé par­tir en se di­sant que ça valait la peine de jouer le coup. »

HEU­REUX HA­SARD

Par une dé­li­cieuse tour­nure du des­tin, Ka­rine Va­nasse et Xa­vier Do­lan se re­trou­ve­ront en­semble à Cannes, cinq ans après une conver­sa­tion qu’ils avaient eue pour dis­cu­ter de leurs pro­jets alors en ges­ta­tion.

« Xa­vier et moi fai­sions du dou­blage en­semble, ra­conte Ka­rine Va­nasse. On a em­bar­qué dans ma voi­ture après, j’avais 20 ans, lui en­vi­ron 15. J’al­lais avoir ma ren­contre avec Maxime pour lui pré­sen­ter Po­ly­tech­nique. Lui, il m’avait ra­con­té qu’il com­men­çait à écrire un scé­na­rio et j’ai été éton­née de ça. On a vé­cu un pe­tit mo­ment en­semble où nos idées res­pec­tives ve­naient juste de ger­mer. Alors, on trouve ça trip­pant de se re­trou­ver là en­semble. Moi, ça me fait ca­po­ter. »

PHOTOS COUR­TOI­SIE

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