QUELQUES FAUSSES NOTES

Un film de De­rick Mar­ti­ni. Avec Alec Bald­win, Jill Hen­nes­sy, Ro­ry Cul­kin, Kie­ran Cul­kin, Emma Ro­berts, Ti­mo­thy Hut­ton, Cynthia Nixon.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun Sun Me­dia

Lymelife est une his­toire sur le pas­sage à l’âge adulte qui se dé­roule dans une ban­lieue de Long Is­land à la fin des an­nées 1970.

Une émis­sion de ra­dio si­tue l’ac­tion du film : tout le monde dans le quar­tier est in­quiet au su­jet de la ma­la­die de Lyme; une ma­la­die po­ten­tiel­le­ment in­va­li­dante trans­mise par les tiques des cer­vi­dés. L’his­toire est ra­con­tée du point de vue de Scott (Ro­ry Cul­kin), un étu­diant mai­gri­chon qui a le bé­guin pour sa voi­sine Adrian­na (Emma Ro­berts).

Scott est in­ti­mi­dé à l’école; une si­tua­tion que son frère aî­né (Kei­ran Cul­kin) es­père ré­soudre en al­lant à la mai­son de l’agres­seur pour ré­gler la ques­tion. Le grand frère est sur le point de s’en­vo­ler pour ser­vir sous les dra­peaux dans les Ma­louines et il y a ici des non-dits sur des ques­tions qui re­lèvent de la fa­mille.

Ma­man et pa­pa, joués par Jill Hen­nes­sy et Alec Bald­win, ont leurs propres pro­blèmes, mais ils gardent espoir de gar­der ces pro­blèmes loin des en­fants.

Lymelife se dé­roule juste avant le dé­but de l’ère de Ro­nald Rea­gan aux États-Unis et les ten­sions fa­mi­liales re­flètent les chan­ge­ments po­li­tiques et so­ciaux qui s’an­noncent. Le per­son­nage d’Alec Bald­win, par exemple, est un pro­mo­teur qui construit de grosses mai­sons dans le quar­tier. Il en construit une pour sa fa­mille, mais sa femme ne l’aime pas car elle est trop grande, trop im­per­son­nelle, trop éloi­gnée des ser­vices de proxi­mi­té, ce qui n’était pas le cas avec leur an­cienne mai­son dans le quar­tier Queens.

Pa­pa pro­met à ses fils que l’im­mo­bi­lier en fe­ront tous des mil­lion­naires en un an. Il est aus­si res­pon­sable d’un chan­ge­ment com­plet dans la mo­ra­li­té qui avait court dans la mai­son. Scott et son frère n’aiment pas ça du tout.

BONNES PER­FOR­MANCES

La fi­nale de Lymelife est peu vrai­sem­blable, mais l’his­toire est ra­con­tée par le biais de per­son­nages tel­le­ment ex­pres­sifs (et par des per­for­mances d’ac­teurs tel­le­ment bonnes) que l’on peut par­don­ner la ner­veuse et ex­ces­sive fi­nale.

Il y a quelques fausses notes (une im­pro­bable conver­sa­tion à pro­pos du livre The Cat­cher In The Rye et cer­tains dia­logues d’Emma Ro­bert par exemple), mais tous les ac­teurs sont in­tenses et cré­dibles, et Bald­win est ter­ri­ble­ment bon.

De la mu­sique en pas­sant par les vê­te­ments et le mo­bi­lier, chaque dé­tail contri­bue à sai­sir non seule­ment l’al­lure, mais aus­si l’am­biance de l’époque.

Lorsque le film a été pré­sen­té pour la pre­mière fois au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de To­ron­to, il a rem­por­té le prix Fi­pres­ci, qui est dé­cer­né par la cri­tique in­ter­na­tio­nale.

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