Mé­tis­sage des cultures

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Be­noit Au­bin Le Jour­nal de Mon­tréal

ll y a un an, le Qué­bec se consom­mait dans un débat sur son iden­ti­té, et comment la pro­té­ger. Des pré­oc­cu­pa­tions qui semblent à des an­nées-lu­mière des in­té­rêts des jeunes créa­teurs d’au­jourd’hui.

Trois des quatre grandes pièces qui se­ront mon­tées au théâtre De­nise-Pel­le­tier la sai­son pro­chaine ex­plorent ces thèmes du mé­lange des langues, du mé­tis­sage des cultures (pré­oc­cu­pa­tion tra­di­tion­nelle du monde cultu­rel qué­bé­cois). Ce qui est nou­veau, c’est l’ap­proche, et l’at­ti­tude.

Le mé­tis­sage cultu­rel n’est pas per­çu comme une me­nace, mais comme une op­por­tu­ni­té. L’idée ne semble pas tant être de s’en pro­té­ger que de le conqué­rir et d’en pro­fi­ter.

« L’ad­di­tion des cultures nous en­ri­chit, c’est ce qui est in­té­res­sant, as­sure Hugo Bé­lan­ger, met­teur en scène. Plus on ad­di­tionne les cultures, plus on s’en­ri­chit de pos­si­bi­li­tés. »

Son adap­ta­tion de Tu­ran­dot de­vient une ex­plo­ra­tion de la ren­contre entre l’Oc­ci­dent et la Chine. Il a in­ven­té un théâtre chi­nois, le « ki­bu­ka », une langue et une pho­né­tique d’Asie qui n’existent pas.

Dans son adap­ta­tion de Vingt mille lieues sous les mers, Jean-Guy Le­gult a re­cru­té des co­mé­diens an­glo­phones pour jouer les sol­dats amé­ri­cains, et de « vrais » his­pa­no­phones pour jouer les pirates es­pa­gnols. « Les dif­fé­rentes langues, les ac­cents nous per­mettent de voya­ger, d’al­ler voir ailleurs, et pas de tout ra­me­ner au Qué­bec de l’ins­tant. »

PAS­SER À AUTRE CHOSE

Lip­synch de Ro­bert Le­page est une pièce-fleuve jouée en plu­sieurs langues, par une distribution cos­mo­po­lite.

« Il y a eu un temps où c’était né­ces­saire de par­ler de la langue, de la culture d’ici, dit-il. Je pense qu’avec le temps, ça a don­né une as­su­rance, qui nous a per­mis de pas­ser à autre chose. Les nou­velles gé­né­ra­tions d’ar­tistes ont beau­coup plus d’as­su­rance et d’ou­ver­ture. »

C’est re­la­ti­ve­ment nou­veau qu’on mette en scène des co­mé­diens avec des ac­cents in­ha­bi­tuels, as­sure le di­rec­teur ar­tis­tique du théâtre, Pierre Rousseau.

La Prin­cesse de Tu­ran­dot.

PHOTO GRA­CIEU­SE­TÉ THÉÂTRE DE­NISE- PEL­LE­TIER

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