PE­TITES HIS­TOIRES DE CI­NÉ­MA

Des pro­duc­teurs qui se battent, des réa­li­sa­teurs qui doutent, des scé­na­ristes qui sou­haitent être ins­pi­rés, des ac­teurs qui dé­fendent les ré­sul­tats ; chaque film a sa pe­tite his­toire, son com­bat en cou­lisses.

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - Mi­chelle Cou­dé-Lord Le Jour­nal de Mon­tréal

La pro­duc­trice Ca­ro­line Hé­roux qui pré­sen­te­ra le 17 juin pro­chain, la suite du film A vos marques Par­ty se se­ra bat­tue fé­ro­ce­ment pour ame­ner son his­toire sur grand écran.

Son pro­jet de 3 M$ fut re­fu­sé plu­sieurs fois par les ins­ti­tu­tions, voi­là qu’elle l’a fi­nan­cé via le pri­vé et grâce à l’aide de son par­te­naire Su­per Ecran. Elle a même mis son ar­gent de scé­na­riste sur la table.

Elle te­nait à ce film at­ten­du par les jeunes. « J’étais dé­çue de ne pas avoir d’ap­puis mais contente d’avoir at­teint mon but. Sauf que je ne le re­fe­rais pas, sû­re­ment pas dans le contexte ac­tuel. J’ai don­né, di­sons. J’en­tends dé­jà cer­taines cri­tiques no­ter que la marque clean and clear, pro­duit contre l’ac­né est pré­sent à l’écran… et bien c’est le prix à payer pour ra­con­ter cette his­toire au ci­né­ma car c’est un des im­por­tants com­man­di­taires », ex­plique Ca­ro­line Hé­roux, une ba­tailleuse.

LA RÉA­LI­SA­TRICE

Forte de sa pre­mière réa­li­sa­tion avec le film Les pieds dans le vide, Mariloup Wolfe en­tend dé­jà les cri­tiques qui l’ac­cu­se­ront d’être un im­pos­teur et d’oser tou­cher à la réa­li­sa­tion.

« Les scep­tiques se­ront confon­dus, dit-elle et je leur rap­pel­le­rai que j’ai une for­ma­tion de réa­li­sa­trice ayant étu­dié à l’Uni­ver­si­té Con­cor­dia en réa­li­sa­tion. Je suis tel­le­ment ar­ri­vée pré­pa­rée sur le pla­teau de tour­nage que les ac­teurs n’en re­ve­naient pas. Je crois vrai­ment que j’ai ma place », as­sure la jeune ac­trice-réa­li­sa­trice fort dé­ter­mi­née.

LA CO­MÉ­DIE

De Père en flic est une co­mé­die qui fait ré­flé­chir sur les re­la­tions père-fils.

« Ce n’est pas la grosse tarte à la crème et le rire gras. Nous n’en sommes plus là en co­mé­die au Qué­bec, ex­plique Mi­chel Cô­té qui sent en­core que ce genre de film est re­gar­dé de haut par cer­tains.

« Même si tout le monde ad­met et sait que faire rire est un des plus grands dé­fis au ci­né­ma, la co­mé­die n’est pas tou­jours prise au sé­rieux. On est ra­re­ment pri­mé dans la ca­té­go­rie meilleur film. Crui­sing Bar 2 fut ai­mé du pu­blic mais ra­mas­sé par la cri­tique. Ce n’était sans doute

pas par­fait mais sû­re­ment pas un na­vet. De Père en flic est vrai­ment un bon film, je le crois sin­cè­re­ment. Émile Gau­dreault est d’une grande in­tel­li­gence. Je dé­fen­drai tou­jours ce genre de film car je sais à quel point il y a du tra­vail der­rière ce rire-là », ajoute l’ac­teur ve­dette.

L’IDÉE QUI VIENT

Le réa­li­sa­teur et scé­na­riste Ken Scott ra­conte comment il a eu l’idée du scé­na­rio de son film Les doigts croches (ex­pres­sion qui si­gni­fie vo­ler).

« Lorsque j’écri­vais le scé­na­rio de La grande Sé­duc­tion, j’avais ins­tal­lé mes quar­tiers dans un pe­tit ca­fé de la rue Mont-Royal. Or, à chaque jour, quatre ex-nar­co­tiques ve­naient à la table pas loin de moi et ra­con­taient leurs mau­vais coups mais sur­tout je sen­tais dans leurs pro­pos leurs dé­si­rs de chan­ger de vie. Il y avait tel­le­ment d’émo­tions sou­vent dans leurs pro­pos. Quelques an­nées plus tard, voi­là que ça me donne ce scé­na­rio de film où quatre ban­dits se­ront for­cés de chan­ger. Comme quoi, sou­vent les bonnes his­toires sont tout près de nous », nous confie un Ken Scott tou­jours à l’écoute.

C’est ain­si que chaque film a sa pe­tite his­toire.

PHOTO D’ARCHIVES

Ca­ro­line Hé­roux et Ch­ris­tian La­rouche, pro­duc­teurs du film À vos marques, par­ty 2

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